Charles Bukowski 1920-1994
Par sanieptia le lundi 23 avril 2007, 10:38 - Charles Bukowski - Lien permanent
Correspondance 1958-1994
BUKOWSKI NE SUPPORTE PAS PLUS LA TELE QUE LEAUTAUD LA TSF
Page 66 :
« A John William Corrington
18 octobre 1963
« (…) Il se peut que je sois amené à me tirer d’ici. La seule raison pour
laquelle je suis ici depuis si longtemps est que j’ai été forcé de vivre en
appartement ou en studio, et que pendant toutes ces années jamais il n’y avait
eu de locataire avec une télé bruyante. Maintenant c’est fait. Le type du bas
est mort d’une attaque cardiaque et quelqu’un d’autre a emménagé. Et ce
nouveau-là fait beugler sa télé à travers mon plancher ! Moi je n’ai pas
de télé et cela m’est égal que les autres en aient une tant qu’ils ne me
forcent pas à l’écouter. Les disputes en amoureux et/ou les dégelées je peux
les écouter sans répugnance, mais ces jeux-concours, ces bulletins d’infos, ces
COMEDIES ? qui puent et qui passent à travers mon plancher c’est comme si
l’on me giflait l’âme avec une serpillière sale. La masse me donne des nausées
non pas parce qu’elle est fondamentalement stupide, mais parce qu’elle fait
entrer sa stupidité dans ma vie. Ces gens parlent sans cesse de choses vagues
comme « libertés » ou des trucs lus dans les journaux comme
« droits civiques », ça sonne rudement bien et ils ont l’impression de
dire quelque chose d’intéressant. Mais ce pseudo-vocabulaire est tout bonnement
informe. La chose dont nous avons le plus besoin est LE DROIT A L’INTIMITE ET
LA LIBERTE DE POUVOIR SE PREMUNIR CONTRE LE BRUIT DES AUTRES. Difficile pour un
pauvre bougre de parvenir à ce niveau-là. »
C’est comme si l’on me giflait l’âme avec une serpillière sale.
J’aime beaucoup l’expression !