Philosophie Magazine N° 7

Entretien avec Marcel Gauchet

Ce doit être le titre qui m’a attiré : « Le politique permet à la société de tenir ensemble ». Et aussi le fait que je n’avais pas réussi à lire le dossier pour lequel j’avais acheté le magazine : « Sexe et Morale, une nouvelle approche », parce que j’ai trouvé que ceux qui l’avaient écrit étaient illisibles.

HOMME - ANIMAL
Page 57 :
PAS D’EXISTENCE NATURELLE !
« la fonction du politique est de produire l’existence des sociétés humaines, car, à la différence des sociétés animales, elles n’ont pas d’existence naturelle. Les termites ou les castors ne délibèrent pas que je sache, de leur organisation collective. Le propre des sociétés humaines est de s’autoproduire au travers du politique. Le politique assure aux sociétés une prise sur elles-mêmes. »

Une existence surnaturelle alors ?
Quant au termites et aux castors, ce n’est pas parce que lui ne le sait pas que ces derniers ne délibèrent pas…
Et, est-ce que l’homme délibère vraiment ? Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de bla-bla dans tout cela, pour masquer, ou donner une image acceptable de beaucoup de luttes triviales, animales

NOUVELLE « RELIGION »
Page 58 :
« Je n’entends pas réduire la religion à sa fonction politique. Elle a une autre histoire. Nous assistons en Europe à l’extinction du rôle de la religion dans l’organisation collective. Il est clair que cela ne met pas le point final à son histoire. Il reste à écrire une histoire anthropologique de la religion qui l’envisage non plus du point de vue de son rôle dans la cité, mais du point de vue de l’enracinement anthropologique des croyances religieuses. L’homme est l’animal susceptible de religion. Je ne crois pas qu’il soit religieux par essence. Son essence comporte la possibilité de la religion. Cette possibilité a massivement dominé son histoire. Mais elle n’est pas une contrainte inflexible. Elle peut laisser place à autre chose. Cela veut dire, dans l’autre sens, que ce quelque chose aura néanmoins à voir avec le religieux. Quand l’homme cesse d’être religieux, il reste le même. Ce qui passait par la religion emprunte d’autre modes d’expression. C’est cette métamorphose déconcertante que nous sommes en train de vivre. L’anthropologie de la possibilité religieuse reste le meilleur chemin pour comprendre l’humanité contemporaine apparemment la plus éloignée de cet ordre de préoccupations. Même au milieu du matérialisme et de l’hédonisme les plus débridés, il y a autre chose qui travaille. »

L’existence des sociétés humaines… à la différence des sociétés animales…
L’homme est l’animal susceptible de religion…
Alors Marcel ! L’homme, animal ou pas ? Il faut choisir !

Elle peut laisser place à autre chose…
Et ce quelque chose aura néanmoins à voir avec le religieux…
Nous sommes d’accord. Tout à fait d’accord.
Nouvelle « religion » il y aura.
Bientôt.
C’est cette métamorphose déconcertante que nous sommes en train de vivre…

Ce qui passait par la religion emprunte d’autre modes d’expression…
Je comprends maintenant pourquoi Albert Jacquard et Hubert Reeves parlent comme des curés.

Même au milieu du matérialisme et de l’hédonisme les plus débridés, il y a autre chose qui travaille…
Encore un qui a mal lu Michel Onfray…
Ou qui l’a lu par l’intermédiaire d’un filtre négatif et déformant.
Heureusement, Michel et moi, on travaille…