Marcel Gauchet
Par sanieptia le jeudi 12 avril 2007, 12:19 - philosophie et religion - Lien permanent
Philosophie Magazine N° 7
Entretien avec Marcel Gauchet
Ce doit être le titre qui m’a attiré : « Le politique permet à la société de tenir ensemble ». Et aussi le fait que je n’avais pas réussi à lire le dossier pour lequel j’avais acheté le magazine : « Sexe et Morale, une nouvelle approche », parce que j’ai trouvé que ceux qui l’avaient écrit étaient illisibles.
HOMME - ANIMAL
Page 57 :
PAS D’EXISTENCE NATURELLE !
« la fonction du politique est de produire l’existence des sociétés
humaines, car, à la différence des sociétés animales, elles n’ont pas
d’existence naturelle. Les termites ou les castors ne délibèrent pas que je
sache, de leur organisation collective. Le propre des sociétés humaines est de
s’autoproduire au travers du politique. Le politique assure aux sociétés une
prise sur elles-mêmes. »
Une existence surnaturelle alors ?
Quant au termites et aux castors, ce n’est pas parce que lui ne le sait pas que
ces derniers ne délibèrent pas…
Et, est-ce que l’homme délibère vraiment ? Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup
de bla-bla dans tout cela, pour masquer, ou donner une image acceptable de
beaucoup de luttes triviales, animales…
NOUVELLE « RELIGION »
Page 58 :
« Je n’entends pas réduire la religion à sa fonction politique. Elle a une
autre histoire. Nous assistons en Europe à l’extinction du rôle de la religion
dans l’organisation collective. Il est clair que cela ne met pas le point final
à son histoire. Il reste à écrire une histoire anthropologique de la religion
qui l’envisage non plus du point de vue de son rôle dans la cité, mais du point
de vue de l’enracinement anthropologique des croyances religieuses. L’homme est
l’animal susceptible de religion. Je ne crois pas qu’il soit religieux par
essence. Son essence comporte la possibilité de la religion. Cette possibilité
a massivement dominé son histoire. Mais elle n’est pas une contrainte
inflexible. Elle peut laisser place à autre chose. Cela veut dire, dans l’autre
sens, que ce quelque chose aura néanmoins à voir avec le religieux. Quand
l’homme cesse d’être religieux, il reste le même. Ce qui passait par la
religion emprunte d’autre modes d’expression. C’est cette métamorphose
déconcertante que nous sommes en train de vivre. L’anthropologie de la
possibilité religieuse reste le meilleur chemin pour comprendre l’humanité
contemporaine apparemment la plus éloignée de cet ordre de préoccupations. Même
au milieu du matérialisme et de l’hédonisme les plus débridés, il y a autre
chose qui travaille. »
L’existence des sociétés humaines… à la différence des sociétés
animales…
L’homme est l’animal susceptible de religion…
Alors Marcel ! L’homme, animal ou pas ? Il faut choisir !
Elle peut laisser place à autre chose…
Et ce quelque chose aura néanmoins à voir avec le religieux…
Nous sommes d’accord. Tout à fait d’accord.
Nouvelle « religion » il y aura.
Bientôt.
C’est cette métamorphose déconcertante que nous sommes en train de vivre…
Ce qui passait par la religion emprunte d’autre modes d’expression…
Je comprends maintenant pourquoi Albert Jacquard et Hubert Reeves parlent comme
des curés.
Même au milieu du matérialisme et de l’hédonisme les plus débridés, il y a
autre chose qui travaille…
Encore un qui a mal lu Michel Onfray…
Ou qui l’a lu par l’intermédiaire d’un filtre négatif et déformant.
Heureusement, Michel et moi, on travaille…