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Par sanieptia le lundi 9 avril 2007, 18:46 - Journal - Lien permanent
Dimanche 8 avril 2007
Journée extra courte hier.
Je me suis levé à 15h30. Le temps de déjeuner, d’aller au café relater mes
aventures libertines, il était déjà l’heure d’aller au spectacle. Le fil
sous la neige, Compagnie Les Colporteurs/Antoine Rigot.
Je ne pensais pas que le cirque, et en particulier l’art de marcher sur un fil,
pouvait à ce point être de l’art. J’étais littéralement bluffé, scotché sur mon
siège. Et je ne fus pas le seul vue la façon dont les spectateurs se sont levés
à la fin pour remercier.
Ce qui nous a touché je crois, au-delà du niveau hallucinant des artistes,
c’est le côté « histoire vraie ». Le créateur de ce spectacle, Antoine
Rigot, a fait une mauvaise chute il y a six ans. Chute qui a failli le laisser
dans une chaise roulante. Il marche depuis – on le voit sur scène – mais
péniblement, beaucoup trop péniblement pour pouvoir un jour remonter sur un
fil. C’est donc par l’intermédiaire de ses spectacles qu’il continue de
pratiquer le fil.
C’est malheureux de penser ça, me disais-je pendant le spectacle, mais ce
malheur ne serait pas arrivé que peut-être ce spectacle n’aurait pas vu le
jour. En tout cas pas avec une telle intensité.
En résumé, si vous voulez avoir une idée de ce qu’est l’art (chose
mystérieuse…), si vous voulez tenter de faire vibrer le plus profond de votre
être, vous pouvez aller voir Le fil sous la neige d’Antoine Rigot,
Compagnie Les Colporteurs.
Maintenant, je vais aller vite fait faire passer ma littérature d’hier de ce
carnet à l’ordinateur, parce qu’après, la journée est consacrée aux travaux. Ce
qui ne m’enchante pas. Mais il faut bien faire malgré tout ce qui doit être
fait.
Nous nous sommes encore engueulés avec Emilie, après le spectacle, pour une
bêtise. Elle est vraiment susceptible, maladivement susceptible. J’avais
l’impression d’être avec une folle. Je ne lui en veux pas. Je sais que de mon
côté je ne suis pas très net non plus. Mais là, ça dépassait les bornes.
Aujourd’hui, malgré la haine et le dégoût qu’elle m’inspire (les mots sont un
peu forts, je m’en rends compte, mais c’est un peu ça), je me dis que plutôt
que de lui faire la gueule, de coincer, je vais essayer de transformer
ces mauvais sentiments en une pratique sexuelle innovante, qui sera sensée nous
donner du plaisir tout en dissipant, psychanalytiquement, cette mauvaise
énergie. C’est une commande que je viens de me faire à mon esprit ici au café,
et qui risque de m’occuper une partie de la journée.
Vous dirai si c’est une idée loufoque de plus ou si cela a porté ses
fruits.