Vendredi 9 février 2007

19h15. Petite bière de fin de semaine, au café. Ai déjà pris ma douche, suis prêt pour le week-end. Je ne vais pas rester longtemps ici. Le magasin de fleurs ferme à 19h30 et j’ai décidé d’offrir une belle rose jaune à Emilie pour me faire pardonner mon sale caractère de cette semaine. Elle n’était pas très bien non plus. Moins par moins égale moins. Nous nous sommes aimés malgré tout (pas physiquement) et nous nous aimons encore.
Je crois que mon supérieur (celui dont j’ai dit tant de bien lors d’un séjour à Tunis, celui que j’aime et respecte beaucoup) me met à l’épreuve. C’est pour ça que je stresse et que je fatigue un peu en ce moment. Mais si je réussis l’épreuve (et je crois que je vais la réussir – elle se termine dans trois semaines) je risque d’avoir une belle vieillesse professionnelle. De 45 ou 50 ans à 60 ou 65 ans, je risque de m’amuser, de prendre de l’assurance et d’élargir mon champs d’action. (La fleur est achetée. Deuxième bière.) En attendant, je peine un peu, je souffre, mais c’est de bonne guerre, c’est la vie comme on dit.
Le second avantage de cette épreuve, moins hypothétique, est qu’elle m’oblige à sortir de ma coquille. Ma coquille que j’affectionne mais qui me rend malheureux aussi. Je suis obligé « d’assurer », d’être présent, visible, je suis obligé de m’exprimer, de faire face à d’autres individus pas toujours bien intentionnés ou, tout simplement, défendant leurs propres intérêts. Et je n’ai pas l’habitude de ça. Et je suis fier quand je me débrouille pas trop mal dans ma tâche. Cela compense largement le déplaisir. J’aime progresser, j’aime apprendre. A 42 ans, la vie décide de me faire sortir de ma coquille ? Pourquoi pas. Je suis partant.

Samedi 10 février 2007

Emilie est rentrée tard hier. Elle avait une « bouffe professionnelle ». Elle n’avait pas l’air contente. Je lui demande si ma rose lui a plu, lui explique pourquoi je l’ai achetée. Elle me répond qu’offrir une rose jaune à quelqu’un signifie qu’on l’a trompé. Je lui réponds que je ne le savais pas, que je ne l’ai pas trompée, que j’ai seulement trouvé ce jaune plus beau et plus original que le rouge ou le rose. Il est synonyme de vie pour moi, de soleil. Mais si Emilie dit vrai – je me demande aujourd’hui – comment font les fleuristes pour en vendre ?
Après ce petit moment de plaisir au café, il est tant de reprendre les travaux dans le studio. Les finitions, enduit fin dans la salle de bain et enduit plus grossier dans l’entrée. Plus tard dans l’après-midi, nous irons à une conférence, et plus tard encore nous irons fêter l’anniversaire d’un ami d’Emilie. Pas le temps de côtoyer des hommes nus dans un sauna, d’aller danser avec des femmes à moitié nues dans une boite libertine. Mon humeur s’en ressent. Et le week-end prochain risque d’être intéressant.

Dimanche 11 février 2007

Soirée tout à fait ordinaire hier. L’ami avait trente ans. Il avait l’air heureux, sérieux, équilibré comme s’il en avait cinquante. Il y a des gens comme ça. Nous ne nous sommes pas vraiment amusés, mais nous sommes rentrés à 03h00. Les femmes étaient jolies, tout à fait regardables. Ce fut un bon point dans la soirée. J’ai trouvé un solitaire, un timide comme moi pour discuter un peu.
Ce matin, encore bien peu de temps pour les courses, la lessive, pour publier quelques lignes sur mon blog. Cet après-midi j’étrenne les patins à glace que j’ai acheté mercredi. Mon fils était malade ce jour-là et je n’ai pu les essayer.