Cioran 1911-1995
Par sanieptia le dimanche 11 février 2007, 13:23 - Cioran - Lien permanent
CAHIERS 1957-1972
REFLEXION
Page 452 :
25 décembre 1966
« Dès que j’aborde un problème, je débouche sur l’insoluble. Si je cessais
de m’interroger, ne serait-ce pas là un moyen de progresser enfin ? »
Mais oui !
NAUFRAGE
26 décembre 1966
« Ma vie – quel naufrage de l’intérieur, par mes déficiences, par ma
propre faute ! J’ai créé moi-même les conditions idéales pour la
gâcher, j’ai élaboré ma déchéance. »
Je suis parfaitement d’accord avec son analyse. Cependant, si l’on considère la qualité de l’œuvre qu’il nous laisse, peut-on parler de naufrage ? Un naufrage utile.
SUCCES
« Une carte de vœux, signature illisible, venue de Bucarest, où il est
question de mes « succès », de l’ « honneur » que je fais à mon
pays, où on m’assure que j’y suis « aimé et admiré » - me plonge dans
la perplexité et la gêne : si ces gens savaient quel pauvre type ils
« aiment et admirent » ! A moins que toutes ces effusions ne soient
qu’emballement et hyperbole balkaniques – ce qui me semble le plus
vraisemblable. »
Commentaires
Oui, ts ceux que l'on trouve géniaux, célèbres ou intimes, doivent se dire souvent cela : de pauvres types.
C'est ce côté "pauvre type" qui les poursuit qui les rend exceptionnels. Ici réside le talent : dans l'anfractuosité.