Contre-histoire de la philosophie
Par sanieptia le lundi 25 septembre 2006, 10:17 - Michel Onfray - Lien permanent
1 - LES SAGESSES ANTIQUES
ANAXARQUE
Page 83 :
« De la même manière qu’Hipparque le pythagoricien tient des propos
vaguement inspirés du matérialisme de Démocrite, Anaxarque, surnommé le
Bienheureux, se trouve classé dans les disciples du philosophe d’Abdère bien
qu’on en fasse également un sophiste, un cynique, un pyrrhonien… »
ANAXARQUE ET ALEXANDRE ET LES GYMNOSOPHISTES
Page 84 :
« Il a vraisemblablement été le disciple de Démocrite – encore un
présocratique d’occasion ! De même il a accompagné Alexandre dans sa
conquête de l’Asie et a rencontré, lui-aussi – mais qui écrira un jour
l’histoire de ces philosophes inconnus ? -, les gymnosophistes indiens
auprès de qui il a pris des leçons. »
FACE AU TYRAN DE CHYPRE
« Au même qui lui cherche des noises et menace de lui couper la langue, il
se la tranche avec les dents et la lui crache au visage. Même si l’on prête
également l’anecdote à Zénon d’Elée, retenons que l’histoire fait d’Anaxarque
un homme que le pouvoir n’effraie pas, que les puissants n’impressionnent pas,
qui ne craint pas l’autorité et qui, autonome, jouit de sa liberté comme du
bien le plus précieux »
INDIVIDUALITE SOLAIRE
Page 86 :
« Posons donc que l’hédonisme d’Anaxarque, comme de nombreux eudémonismes
grecs – ceux d’Apollodore de Cyzique, de Nausiphane de Théos ou Diotime de Tyr
par exemple, mais sur lesquels rien ne subsiste sinon un souffle, une phrase,
un souvenir… -, faisait résider le souverain bien dans l’impassibilité, la
capacité de ne pas se laisser affecter par le monde, ses petitesses et ses
mesquineries. Très probablement, la joie philosophique consiste à vivre
au-dessus des contingences habituelles, à côté des préoccupations du plus grand
nombre, dans un autre endroit que sur la scène triviale du quotidien de l’homme
de la rue. Plaisir d’être et d’exister comme une individualité solaire, libre,
indépendante, autonome, inaccessible aux violences venues d’ailleurs : un
tyran, le corps, le désir, le social, la nature ou la famille. Le plaisir
définit dès lors la jouissance de soi comme une souveraineté réalisée, conquise
et radieuse. »