1 - LES SAGESSES ANTIQUES

DEMOCRITE

UNE VIE SIMPLE
Page 61 :
« Son goût le portait plutôt à la vie solitaire et méditative. Au fond de son jardin, il avait aménagé une petite cabane dans laquelle il s’enfermait pour réfléchir et écrire ses ouvrages. Parfois on le voyait également marcher dans les cimetières, lieu par excellence propice aux méditations métaphysiques ! La discrétion lui tenait à cœur : on prétend en effet qu’il s’était rendu à Athènes pour assister à un happening de Socrate – pour un présocratique, on mesure la performance… - sur l’agora sans se faire reconnaître, repartant comme il était arrivé, dans l’anonymat le plus complet malgré son immense réputation.
En effet, la lecture publique de son Grand système du monde avait valu un succès considérable au penseur matérialiste. (…) L’admiration des citoyen grecs lui amenait es sommes d’argent importantes, et des statues à son effigie furent même érigées dans les rues de la cité. »

DEMOCRITE ET PROTAGORAS
Page 63 :
« On prétend également, et l’anecdote compte pour établir les filiations philosophiques (en l’occurrence entre matérialisme atomiste et la sophistique athénienne), que Démocrite a remarqué dans un port de la Méditerranée l’intelligence, ou l’aura, ou la sagacité d’un porteur particulièrement avisé. Il achète le portefaix, puis le promeut secrétaire. Plus tard, celui-ci deviendra un philosophe de renom répondant au nom de Protagoras, l’affirmateur de l’homme mesure de toute chose… »

LA PHILOSOPHIE DE DEMOCRITE
Page 67 :
« Sur le terrain philosophique, Démocrite reprend purement et simplement Leucippe : le réel se constitue d’atomes agencés dans le vide ; la causalité est immanente et matérielle ; il n’existe pas de raison divine ; tout passe, l’éternité est une fiction – ou alors seul le changement est éternel ; les dieux n’existent pas, la fortune comme modalité de la transcendance non plus ; le travail sur soi rend possible une modification de soi. Autant de thèses qui, reprises à Leucippe, ne varient pas et constituent le fonds de toute pensée matérialiste.
D’où un monisme philosophique qui conduit à l’invention du corps un et matériel dès cette époque de la philosophie grecque. Contre le corps schizophrène issu du pythagorisme, Démocrite affirme l’intégrité du seul bien dont nous disposons : pas d’âme séparée du corps, pas de discrédit de la chair et de valorisation de l’esprit, pas d’immatériel prisonnier dans le matériel, enfermé, clos, enclos dans la viande, pas de principe nous reliant au divin, au céleste, opposé à un autre nous rattachant au trivial terrestre, pas d’immortel lié au divin contre un mortel sensible, mais une entité constituée d’atomes et digne en tant que telle. »