Contre-histoire de la philosophie
Par sanieptia le lundi 28 août 2006, 17:36 - Michel Onfray - Lien permanent
1 - LES SAGESSES ANTIQUES
LEUCIPPE
LA PENSEE EXISTAIT AVANT PYTHAGORE, AVANT LEUCIPPE
Page 42 :
« Une histoire des idées sumériennes, babyloniennes, égyptiennes,
africaines donc, montrerait à l’envi que les Grecs n’inventent pas le dualisme,
l’opposition entre le corps tombeau et l’âme chance, la croyance à une vie
après la mort, la transmigration des âmes, la métensomatose. Tout cela ne germe
pas dans le cerveau d’un Pythagore planant dans l’éther des idées pures où il
suffisait de se servir. Derrière ces figures de la sagesse grecque primitive
s’entend l’écho de voix anciennes, plus anciennes encore, voix de peuples sans
écriture, sans archives ou sans traces.
Avant les débuts, il existe toujours un autre commencement pour qui cherche
bien. Et affubler Leucippe de Milet (vers 460-370 av. J.-C.) du titre de
premier philosophe hédoniste expose à s’entendre rétorquer qu’ailleurs il
existe un autre nom, une autre figure qui, etc. (…) Les savant pourraient
avancer le nom de Mochos, un Phénicien dont on ignore tout et qu’on connaît par
la seule allusion à Sextus Empiricus qui lui prête l’invention de l’atome, une
position physique à laquelle on peut vraisemblablement associer, en vertu du
principe transcrit chez les suivants, de Leucippe à Lucrèce en passant par
Epicure, une éthique hédoniste. »
LEUCIPPE DECLARE PAR MICHEL ONFRAY PREMIER PHILOSOPHE HEDONISTE
Page 43 :
« En l’absence de plus amples renseignements sur le père phénicien des
atomes, convenons qu’avec Leucippe le Milésien nous disposons d’un nom et de
fragments qui permettent quelques hypothèses, et avançons cette idée qu’avec
lui s’initie le courant philosophique qui envisage la joie, le bonheur, et
pourquoi pas une certaine conception du plaisir, comme des objectifs désirables
pour le sage. »
EPICURE NE VOULAIT RIEN DEVOIR AU PASSE
Selon Diogène Laërce (…) Epicure, langue de vipère de première classe, si l’on
en juge par les propos rapportés sur son compte, a douté de l’existence de
Leucippe (…). On sait que le philosophe du Jardin aimait se présenter comme le
seul et unique inventeur, solitaire et génial, de son système. A ce titre il ne
reconnaissait aucune influence, surtout pas celles qui sont déterminantes,
comme toujours en pareil cas. Saluer Démocrite suffisait, l’ombre de Leucippe
n’était pas nécessaire… »
LE MONDE DE LEUCIPPE
Page 44 :
« Dans le monde de Leucippe, il n’existe que des atomes, du vide et des
mouvements effectués par les premiers dans le second. Rien d’autre. Cette seule
formule contient tout le radicalisme d’une pensée qui, soit congédie les dieux,
dépourvus de potentialités spirituelles, interdit les âmes défaites de leurs
prétentions éthérées et immortelles et rend impossible l’existence des
arrières-mondes, au-delà, à côté ou ailleurs, soit transforme les dieux, les
âmes et les autres mondes en réalités tangibles, perceptibles, concrètes et
rien de moins qu’immanentes. Avec cette seule option, simple, claire et nette,
Leucippe arrime les hommes au réel immanent et à sa seule dimension matérielle.
Cette date de naissance de la philosophie coïncide avec le congé donné aux
mythes, aux fables et aux religions. »
MOCHOS, LEUCIPPE, ENCORE D’ACTUALITE
Page 45 :
« Les trouvailles les plus récentes de la physique nucléaire n’invalident
pas les intuitions de ces philosophes… »
Commentaires
Je défends Michel Onfray au moins pour cette raison : il rend accessible et dépoussière tout ce Corpus Gréco-Latin pré-Socratique et Cynique qui met de la Jubilation au Corps.
Moi aussi. Je trouve cela admirable. Une oeuvre utile. Nécessaire même.
sestropnulje comprend rien a se truc sesmoche
Vous vous êtes perdu ?