1 - LES SAGESSES ANTIQUES

LEUCIPPE

LA PENSEE EXISTAIT AVANT PYTHAGORE, AVANT LEUCIPPE
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« Une histoire des idées sumériennes, babyloniennes, égyptiennes, africaines donc, montrerait à l’envi que les Grecs n’inventent pas le dualisme, l’opposition entre le corps tombeau et l’âme chance, la croyance à une vie après la mort, la transmigration des âmes, la métensomatose. Tout cela ne germe pas dans le cerveau d’un Pythagore planant dans l’éther des idées pures où il suffisait de se servir. Derrière ces figures de la sagesse grecque primitive s’entend l’écho de voix anciennes, plus anciennes encore, voix de peuples sans écriture, sans archives ou sans traces.
Avant les débuts, il existe toujours un autre commencement pour qui cherche bien. Et affubler Leucippe de Milet (vers 460-370 av. J.-C.) du titre de premier philosophe hédoniste expose à s’entendre rétorquer qu’ailleurs il existe un autre nom, une autre figure qui, etc. (…) Les savant pourraient avancer le nom de Mochos, un Phénicien dont on ignore tout et qu’on connaît par la seule allusion à Sextus Empiricus qui lui prête l’invention de l’atome, une position physique à laquelle on peut vraisemblablement associer, en vertu du principe transcrit chez les suivants, de Leucippe à Lucrèce en passant par Epicure, une éthique hédoniste. »

LEUCIPPE DECLARE PAR MICHEL ONFRAY PREMIER PHILOSOPHE HEDONISTE
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« En l’absence de plus amples renseignements sur le père phénicien des atomes, convenons qu’avec Leucippe le Milésien nous disposons d’un nom et de fragments qui permettent quelques hypothèses, et avançons cette idée qu’avec lui s’initie le courant philosophique qui envisage la joie, le bonheur, et pourquoi pas une certaine conception du plaisir, comme des objectifs désirables pour le sage. »

EPICURE NE VOULAIT RIEN DEVOIR AU PASSE
Selon Diogène Laërce (…) Epicure, langue de vipère de première classe, si l’on en juge par les propos rapportés sur son compte, a douté de l’existence de Leucippe (…). On sait que le philosophe du Jardin aimait se présenter comme le seul et unique inventeur, solitaire et génial, de son système. A ce titre il ne reconnaissait aucune influence, surtout pas celles qui sont déterminantes, comme toujours en pareil cas. Saluer Démocrite suffisait, l’ombre de Leucippe n’était pas nécessaire… »

LE MONDE DE LEUCIPPE
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« Dans le monde de Leucippe, il n’existe que des atomes, du vide et des mouvements effectués par les premiers dans le second. Rien d’autre. Cette seule formule contient tout le radicalisme d’une pensée qui, soit congédie les dieux, dépourvus de potentialités spirituelles, interdit les âmes défaites de leurs prétentions éthérées et immortelles et rend impossible l’existence des arrières-mondes, au-delà, à côté ou ailleurs, soit transforme les dieux, les âmes et les autres mondes en réalités tangibles, perceptibles, concrètes et rien de moins qu’immanentes. Avec cette seule option, simple, claire et nette, Leucippe arrime les hommes au réel immanent et à sa seule dimension matérielle. Cette date de naissance de la philosophie coïncide avec le congé donné aux mythes, aux fables et aux religions. »

MOCHOS, LEUCIPPE, ENCORE D’ACTUALITE
Page 45 :
« Les trouvailles les plus récentes de la physique nucléaire n’invalident pas les intuitions de ces philosophes… »