Nietzsche - fin
Par sanieptia le mardi 15 août 2006, 12:25 - Nietzsche - Lien permanent
LE LIVRE DU PHILOSOPHE (GF Flammarion)
IV – La science et la sagesse en conflit (1875)
« AVEC SOCRATE COMMENCENT LES VIRTUOSES DE LA VIE »
Page 148 :
« Souvent chez les Grecs une forme plus ancienne est une forme
supérieure, par exemple le dithyrambe et la tragédie. Le
danger pour les Grecs se tenait dans leur virtuosité en tout genre ; avec
Socrate commencent les virtuoses de la vie, Socrate, le nouveau dithyrambe, la
nouvelle tragédie, l’invention du rhéteur ! Le rhéteur est une
invention grecque de l’époque tardive. Ils ont inventé la « forme en
soi » (et aussi le philosophe qui y convient).
Comment faut-il comprendre le combat de Platon contre la rhétorique ? Il
envie son influence. »
MERVEILLEUSE MISSION
« Ma tâche, d’une façon générale : montrer comment la vie, la
philosophie et l’art peuvent avoir l’une envers l’autre une relation de
profonde parenté, sans que la philosophie devienne plate ni la vie du
philosophe mensongère. »
NIETZSCHE PAS ZEN
Page 149 :
« La fausse opposition de la vie pratique et de la vie contemplative est
asiatique. Les Grecs comprenaient mieux les choses. »
UN MOYEN AGE SPIRITUEL ? DRÔLE ?
Page 151 :
« Les hommes sont devenus plus spirituels durant le Moyen
Age : le calcul selon deux poids deux mesures, la subtilité de la
conscience, l’interprétation de l’écriture en ont été les moyens. Cette façon
d’aiguiser l’esprit sous la pression d’une hiérarchie et d’une
théologie a manqué à l’Antiquité. Au contraire les Grecs ont été à l’inverse,
sous le règne de la grande liberté de pensée, polythéistes et plats, on se
mettait à volonté à croire et à ne plus croire. Il leur manque pour cela de
prendre plaisir à la finesse du jeu de mots et de ce fait au genre de
plaisanterie préféré des temps modernes. Les Grecs furent peu
spirituels ; c’est pourquoi on a fait tant de cas de l’ironie de
Socrate. Je trouve en cela Platon souvent quelque peu lourd. »
DE LA PRODUCTION DU GENIE
Page 155 :
« Etant donné l’état défavorable des cités grecques après les guerres des
Perses, un certain nombre de conditions propices à la naissance et au
développement de grandes individualités ont été détruites : c’est ainsi
que la production du génie dépend sans contredit du destin des peuples. Car si
les dispositions au génie sont très fréquentes, il est rare de voir réunies
toutes les conditions les plus nécessaires.
Cette réforme des Hellènes, telle que je la rêve, serait devenue un terrain
merveilleux pour la production des génies : comme il n’y en eut jamais. Ce
serait à décrire. Là nous avons perdu quelque chose d’indicible. »
L’HOMME SIMPLIFIE, ANIMAL
« La nature hautement morale des Hellènes se montre dans son
caractère de totalité et de simplicité ; en nous montrant l’homme
simplifié, ils nous réjouissent comme le fait la vue des
animaux. »
LE PHILOSOPHE
« L’effort des philosophes tend à comprendre ce que ses
contemporains ne font que vivre. Tandis qu’ils interprètent pour eux-même leur
existence et qu’ils comprennent ses dangers, en même temps ils donnent aussi à
leur peuple le sens de son existence.
C’est une nouvelle image de l’univers que le philosophe veut poser à
la place de l’image populaire. »
ET POUR FINIR, CET EXTRAIT D’UNE NOTE
Page 162 :
« Nietzsche montre que la science « s’élance alors irrésistiblement
jusqu’à ses limites, où vient échouer et se briser son optimisme latent
inhérent à la nature de la logique ». En effet, au-delà de l’explicable
commence l’inexplicable, quand « l’homme théorique » parvient à ce
point extrême « alors surgit devant lui la forme nouvelle de la
connaissance, la connaissance tragique, dont il lui est impossible de
supporter seulement l’aspect, sans la protection et le secours de l’art
». »
Ou de la religion !
Intéressons nous à cette « connaissance tragique »…