Platon à Syracuse
Par sanieptia le jeudi 10 août 2006, 12:27 - Philosophie - Lien permanent
"LE PHILOSOPHE-ROI, UNE FIGURE IMPOSSIBLE DE L'HISTOIRE"
C'est extrait d'un article de Jean-François Mattéi, page 55 dans Philosophie Magazine, intitulé "La tentation de Syracuse".
« Vers 388-387, Platon se rend à la cour de Denys Ier l’Ancien. Le
tyran de Syracuse se piquait de philosophie tout en écoutant, selon la légende,
les plaintes des prisonniers, en collant l’oreille contre un orifice au sommet
de la grotte sur laquelle se trouvait son palais. Platon tente de le convaincre
d’instaurer un gouvernement juste et se lie alors d’amitié avec Dion, cousin et
beau-frère de Denys. L’expérience, infructueuse, dure quelques mois et le tyran
renvoie le philosophe grec en l’embarquant de force sur un navire spartiate. On
dit que le bateau a fait escale à Egine, alliée de Sparte contre Athènes, et
que les Lacédémoniens ont vendu Platon comme esclave. Le philosophe Anniceris
de Cyrène le reconnaît et l’achète pour lui rendre sa liberté.
En 367, Denys l’Ancien meurt. A la demande de Dion, Platon revient à Syracuse
afin de conseiller Denys II le Jeune qui accède à la royauté à 30 ans. (…)
L’aventure tourne mal (...) Denys II voit en Dion et Platon des comploteurs.
Banni, Dion se réfugie à Athènes, tandis que Platon est retenu dans la
citadelle de l’île d’Ortygie avant d’être autorisé à repartir.
Six ans plus tard, Platon entreprend son troisième et dernier voyage en Sicile
sur la promesse de Denys de rappeler Dion de son exil, mais il ne parvient pas
à plaider la cause de son ami. Ce dernier ne recouvre la liberté que grâce à
l’intervention d’Archytas (penseur, mathématicien et chef d’Etat) qui envoie un
navire à Syracuse. Platon retrouve Dion à Olympie à l’occasion des Jeux, mais
ne se joint pas à son expédition pour détrôner le tyran. Si Dion réussit à
prendre Syracuse, puis à instaurer un régime aussi tyrannique que le précédent,
l’affaire se termine dans le sang : après trois années de règne, Dion est
assassiné, en 354, par son ami Callippe, un disciple de Platon. »
J’adore ce genre d’histoire.
On dirait un conte de Voltaire.
Commentaires
Quand les philosophes se mèlent de politique, cela ne vaut guère. Pour les systèmes, ca peut aller. Dans la pratique, de Socrate, Platon, jusqu'à Sartre, c'est le fiasco.
Spinoza l'avait bien compris, qui refusa d'être ds la lumière , il préféra consacrer son temps à polir ses lentilles de verre pour apprendre aux gens à mieux voir...
A quel conte de Voltaire rapprochez vous cela? A Candide, le plus charmant ? Il faut cultiver son jardin au lieu d'aller ailleurs....
A Candide oui, quand rien ne se passe comme on l'avait prévu, et quand ça devient drôle à force de catastrophes et d'imprevus.
La vie est plus forte que nous, fourmis que nous sommes.
Il faut aller dans son sens, apprendre à l'écouter.
Cultiver son jardin ou, formule que je préfère : faire ce que l'on estime avoir à faire le plus simplement du monde.
Spinoza avait bien raison.
Bravo pour la métaphore !