Réponse à ..., qui me disait :

« Me permettrez-vous de vous demander comment vous entendez, vous-même cette citation ? En vous l'expliquant, vous aurez peut-être la réponse à votre question. »

J’ai retenu en effet cette citation parce que c’est une conclusion à laquelle je suis arrivé il y a quelques années.

Je n’étais pas heureux en tant qu’athée après avoir quitté la religion catholique de mon enfance. Il me manquait quelque chose et je n’étais pas prêt à aller vers une autre religion pour le trouver. C’est en étudiant la vie, en lisant, en vivant, que j’ai fini par trouver le cadre métaphysique qui me manquait.
Avec ce « cadre », que l’on peut comparer de par sa fonction équilibrante (parce que répondant aux questions sans réponses) à une religion, je me suis senti enfin bien sur la Terre et dans l’univers, au milieu de mes semblables (même si je les fréquente le moins souvent possible).
Et la réflexion que j’en ai tiré, qui est dans mes écrits (voir sanieptia/u-blog, mais aussi ce blog) est un peu la même que celle de Jean Rostand : à savoir que l’humain a besoin de croire pour vivre bien dans ce monde dont on ne sait pas grand chose, qui est inquiétant, mystérieux ; ou bien, si on ne croit pas en un ou des dieux (comme c’est mon cas) il a besoin, pour remplacer cette croyance, d’un « cadre métaphysique ».

En résumé, je crois que Jean Rostand a voulu dire que, moins on croit en Dieu, plus on s’aperçoit à quel point il est utile de croire en Lui, et plus, en tant qu’athée, on devient tolérant (« frères ») avec les croyants.

En poursuivant ce raisonnement, comme vous me l’avez suggéré, je crois que Jean Rostand n’avait pas mis au point un « cadre métaphysique » assez efficace pour répondre aux questions sans réponse, et qu’en conséquence il souffrait, déprimait… (mais je peux me tromper parce que je n’ai jamais lu Jean Rostand).

C’est justement de ce « cadre métaphysique » (le mien), que je trouve cohérent et efficace, que j’essaie de partager à travers mes écrit, et à travers ce blog désormais.

Il s’agit d’une sorte de panthéisme athée (même si ces mots ne vont pas bien ensemble).

De la même façon que l’on peut s’émerveiller des beautés, de la magie, du mystère des créations et de La Création de Dieu, on peut s’émerveiller et être heureux de faire partie de cette étrange aventure qu’est la vie (et notre vie en particulier) s’émerveiller de faire partie de ce monde mystérieux dont on ne connaît ni le début ni la fin, s’émerveiller d’être soi-même une part de ce mystère, et tout cela avec un esprit parfaitement athée et scientifique, en acceptant seulement de ne pas tout savoir, en imaginant, et c’est fort possible, que l’on ne saura jamais de toute façon, en s’attachant ensuite à des choses plus terre à terre, hédonistes (pour plaire à mon ami Michel Onfray)…

Pour en revenir à Jean Rostand, je pense que sa citation signifie qu’il s’est rendu compte à un moment donné que croire (en Dieu ou en autre chose) était utile, important, et pas seulement au niveau collectif, comme le disent certains, pour mener les foules par le bout du nez par exemple, mais aussi individuellement, pour se sentir bien dans ce monde étrange qui est le nôtre.

Merci, chère …, de m’avoir permis de répondre à ma question.