Jean Rostand
Par sanieptia le lundi 7 août 2006, 09:40 - philosophie et religion - Lien permanent
Réponse à ..., qui me disait :
« Me permettrez-vous de vous demander comment vous entendez, vous-même cette citation ? En vous l'expliquant, vous aurez peut-être la réponse à votre question. »
J’ai retenu en effet cette citation parce que c’est une conclusion à laquelle je suis arrivé il y a quelques années.
Je n’étais pas heureux en tant qu’athée après avoir quitté la religion
catholique de mon enfance. Il me manquait quelque chose et je n’étais pas prêt
à aller vers une autre religion pour le trouver. C’est en étudiant la vie, en
lisant, en vivant, que j’ai fini par trouver le cadre métaphysique qui me
manquait.
Avec ce « cadre », que l’on peut comparer de par sa fonction équilibrante
(parce que répondant aux questions sans réponses) à une religion, je me suis
senti enfin bien sur la Terre et dans l’univers, au milieu de mes semblables
(même si je les fréquente le moins souvent possible).
Et la réflexion que j’en ai tiré, qui est dans mes écrits (voir
sanieptia/u-blog, mais aussi ce blog) est un peu la même que celle de Jean
Rostand : à savoir que l’humain a besoin de croire pour vivre bien dans ce
monde dont on ne sait pas grand chose, qui est inquiétant, mystérieux ; ou
bien, si on ne croit pas en un ou des dieux (comme c’est mon cas) il a besoin,
pour remplacer cette croyance, d’un « cadre métaphysique ».
En résumé, je crois que Jean Rostand a voulu dire que, moins on croit en Dieu, plus on s’aperçoit à quel point il est utile de croire en Lui, et plus, en tant qu’athée, on devient tolérant (« frères ») avec les croyants.
En poursuivant ce raisonnement, comme vous me l’avez suggéré, je crois que Jean Rostand n’avait pas mis au point un « cadre métaphysique » assez efficace pour répondre aux questions sans réponse, et qu’en conséquence il souffrait, déprimait… (mais je peux me tromper parce que je n’ai jamais lu Jean Rostand).
C’est justement de ce « cadre métaphysique » (le mien), que je trouve cohérent et efficace, que j’essaie de partager à travers mes écrit, et à travers ce blog désormais.
Il s’agit d’une sorte de panthéisme athée (même si ces mots ne vont pas bien ensemble).
De la même façon que l’on peut s’émerveiller des beautés, de la magie, du mystère des créations et de La Création de Dieu, on peut s’émerveiller et être heureux de faire partie de cette étrange aventure qu’est la vie (et notre vie en particulier) s’émerveiller de faire partie de ce monde mystérieux dont on ne connaît ni le début ni la fin, s’émerveiller d’être soi-même une part de ce mystère, et tout cela avec un esprit parfaitement athée et scientifique, en acceptant seulement de ne pas tout savoir, en imaginant, et c’est fort possible, que l’on ne saura jamais de toute façon, en s’attachant ensuite à des choses plus terre à terre, hédonistes (pour plaire à mon ami Michel Onfray)…
Pour en revenir à Jean Rostand, je pense que sa citation signifie qu’il s’est rendu compte à un moment donné que croire (en Dieu ou en autre chose) était utile, important, et pas seulement au niveau collectif, comme le disent certains, pour mener les foules par le bout du nez par exemple, mais aussi individuellement, pour se sentir bien dans ce monde étrange qui est le nôtre.
Merci, chère …, de m’avoir permis de répondre à ma question.
Commentaires
Bien, cher Inepsie, je saurai tout ! Tout cela est très bien dit mais en fait, je pense que chacun, pourvu qu'il "s'y retrouve", a toutes les raisons de penser ce qu'il veut même si un tel propos ici, n'est peut-être pas le bienvenu.
Puisque de toutes façons, aucune vérité n'est atteignable, sinon celle de nos sens (bien que très subjective). L'on peut donc osciller entre les rêves et toutes les philosophies.
Jean Rostand pour sa part, désabusé par ses constats de biologie (souvent sur le masculin-féminin, et cette chimie quelque peu interchangeable qui le définit) n'avait plus d'illusions sur le devenir métaphysique et le dérisoire de l'humain. Cela ajouté aux problèmes des Rostand ( l'échec des pièces d'Edmond, son père, après le succès de Cyrano - L'homosexualité de Maurice, son frère, poète, qui à l'époque "passait mal" etc) le moins q l'on puisse dire, est qu'il n'était pas un homme serein>.
Je pense à cette inscription qui accueillait le visiteur, à la villa Arnaga, la maison de famille "Toi qui vient partager notre lumière blonde Et t'asseoir au festin des horizons changeants N'entre qu'avec ton coeur, n'apporte rien du monde Et ne raconte pas ce que disent les gens"
Etrange, non ? La seule façon de vivre mieux !
Cela dit, je constate que vous avez enfin trouvé "la voie", un cadre métaphysique.
Je pense aussi qu'il faut rendre grâce à la création et s'épanouir dans ts les plaisirs de ce monde, et cela dans le respect de l'autre, et des autres (cela me rappelle que ns sommes des zautres !) C'est ainsi que "ma" religion se décline, en quelque sorte.
Mais, généralement c'est la jouissance à tous prix, de préférence en piétinant son voisin... L'empathie universelle ce n'est p pour demain, de même que la fin de tous les combats.
C'est moi que vous appelez "Ineptie" ?
Ce n'est pas gentil.
"Le devenir métaphysique et dérisoire de l'humain"...
Voilà, à chaque époque (à chaque humain) sa vision des choses. Mon message est seulement de dire (relayant Epictète) que nous avons le choix, une forme de liberté pour ces choses là, même si cela demande quelques efforts (beaucoup d'efforts parfois).
Merci en tout cas de m'avoir répondu sur Jean Rostand : ce qui l'avait dépité...
J'ai en effet trouvé une forme de voie, de cadre, mais ce n'est pas parce que j'en fais la publicité que je considère cela comme acquis. Je compte bien utiliser les années à venir, et peut-être le reste de ma vie, pour vérifier que cette chose tient la route. Sinon, ce ne serait que du bla-bla.
Ma morale à moi-aussi est chrétienne, car, si je n'aime pas cette religion ni les religions en générale, la morale qu'elles développent est plutôt intéressante pour vivre en société, avec les Zautres comme vous dites.
Piétiner les autres...
Nous sommes libres de ne pas faire comme tout le monde ! L'ennui, si on ne le fait pas, c'est qu'il faut accepter de se faire un peu piétiner soi-même...
L'empathie universelle, c'est comme le "royaume de la vérité" de Nietzsche, ça n'existe pas et ça n'existera jamais, c'est aussi sot d'espérer cela que de croire au Paradis ou au Communisme comme on y a cru à une époque.
Restons sur Terre, essayons d'y trouver notre bonheur (individuel et collectif) c'est ce que nous avons de mieux à faire. Cultivons notre jardin, en profondeur si possible, et sans se soucier du jugement des zautres.
Ineptie a parlé.
"Nous sommes libres de ne pas faire comme tout le monde ! L'ennui, si on ne le fait pas, c'est qu'il faut accepter de se faire un peu piétiner soi-même..." Faut-il donc faire comme tt le monde ?
"La discussion continue ailleurs"
???? oui, on s'en doute un peu !
"Faut-il donc faire comme tt le monde ?"
C'est à chacun d'entre nous, individuellement et selon les circonstances, de répondre à cette question.
"La discussion continue ailleurs"
Je n'ai pas compris.
"???? oui, on s'en doute un peu !"
N'ai pas compris non plus.
"L'ennui, si on ne le fait pas, c'est qu'il faut accepter de se faire un peu piétiner soi-même..." C'est cela q j ne comprend pas.
"La discussion continue ailleurs" vs ne comprenez p c qu'il y a écrit sous les commentaires de votre blog ? (nota au-dessus de URL de rétrolien)
Prenons comme un exemple un match de foot un peu rugueux. Eh bien, au bout d'un moment, ou bien on va jouer comme tout le monde (rugueux) ou bien on va se faire déborder (marcher sur les pieds) et bientôt sortir du match par l'entraîneur parce que pas assez efficace.
Dans certaines circonstances, on peut se tenir à l'écart de la bêtise humaine et de sa violence, dans d'autres il faudra jouer le même jeu que les autres, se battre et être violent comme eux.
C'était un peu facile, de ma part (et caricatural) de dire qu'on n'était pas obligé de faire comme tout le monde, parce que je crois en fait, comme c'est écrit plus haut, que parfois, on n'a pas le choix, qu'il faut se battre si on ne veut pas être écrasé, ou tué.
"La discussion continue ailleurs". Oui, j'ai bien remarqué que c'était écrit en dessous, mais je ne sais pas comment ça marche (il ne se passe rien quand je clique dessus).
Merci pour vos commentaires. Je pense néanmoins que l'on n'est p forcément obligé(e, s) de faire comme tout le monde. Tout dépend de la situation.
A vous lire, vous n'êtes pas athée mais agnostique.
On ne peut pas être les deux à la fois ?
Athée parce que l'on ne croit pas à l'existence possible de dieux.
Agnostique parce que, même si nos connaissances avancent, on est persuadé qu'on n'en verra jamais le bout, qu'on ne saura jamais tout parce que le monde est trop complexe pour nos petites têtes ; et plus on en sait et plus on découvre cette énorme complexité...