Cioran (en rapport avec la citation de Jean Rostand)
Par sanieptia le lundi 7 août 2006, 09:56 - philosophie et religion - Lien permanent
CAHIERS 1957-1972
Page 415 :
" Pendant des siècles des esprits se sont battus et ont risqué leur vie pour se libérer de Dieu. Et nous, au milieu du XXe, nous regrettons les chaînes qu'Il représentait et ne savons que faire d'une liberté pour laquelle nous n'avons fait aucun sacrifice, que nous n'avons pas conquise. Nous sommes les héritiers ingrats de l'athéisme héroïque, les épigones de la révolte, une masse de rebelles qui déplorent secrètement la disparition des "superstitions", des "préjugés" et des anciennes "terreurs". "
Peut-être que ce n'est pas si facile que cela de se défaire d'une religion...
Parce qu'elle a son utilité.
Parce que si l'on veut s'en défaire, il faut la remplacer.
Et si possible par quelque chose d'aussi efficace.
Mieux que l'"Etre Suprême" de la Révolution Française.
Mieux que la chimère Communiste.
C'est pour bientôt.
Nous sommes nombreux à y travailler (et vous aussi, peut-être, sans le savoir).
Le fruit est mûr.
C'est pour le XXIe siècle, je crois.
Commentaires
J'espère seulement que ce n'est pas le coca-cola.
Le coca-cola en fera sûrement partie, mais ce ne sera qu'une toute petite part...
Le problème de fond, dans le fond, est assez simple : est-ce que nous faisons confiance à l'espèce humaine ou pas ? Est-ce que nous nous faisons confiance ?
Pour ma part, si je ne fais pas confiance à l'ensemble des humains (dont je fais partie) cela veut dire que je ne fais pas confiance à "la vie" (qui englobe bien sûr l'espèce humaine), que je ne me fais pas non plus confiance, puisque je suis un humain, un être vivant. Hors, "la vie" est ma "croyance". C'est elle (le rapport que j'entretiens avec elle) qui me rend heureux. Et confiant, et détaché, et impliqué aussi...
Tout est possible, le pire comme le meilleur. Et, comme dit mon ami Lelouch, le pire n'est jamais décevant. Tout est magique et surprenant si l'on aime les imprévus, si l'on n'a pas peur de l'avenir, si l'on assez optimiste (ou sage) pour se dire que quoi qu'il se passe, on en profitera pour faire de bonnes choses.
Il faut seulement porter de bonnes lunettes.
Et je ne jette pas la pierre à celles et ceux qui préfèrent porter des lunettes qui leur montrent tout en gris et en triste, c'est leur liberté, c'est leur choix.
Je me demande s'il est possible de trouver un viatique à l'espérance d'une vie eternelle (et non pas perpétuelle comme l'ambitionne la génétique).. .On peut tout à fait par contre distinguer la religion de Dieu. On peut tout à fait ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain... Enfin moi ce que j'en dis...
Vous croyez à la possibilité d'une vie éternelle ou j'ai mal compris ?
Vous pensez que croire en une vie éternelle peut être un soutient moral (et métaphysique) intéressant ?
Je constate simplement que le désir d'un bien éternel semble hanter la pensée de tous les hommes. " La douleur dit passe, passe, mais la joie dit éternité" ( je pense que c'est de Nietzsche ) Je puis reconnaître qu'une chose est imparfaite sans jamais avoir rien vu d'absolument parfait, et comment puis-je la reconnaître comme imparfaite si je n'ai au préalable une prénotion de la perfection en moi ? Comlprenez que je ne souhaite vous convaincre de rien, mais les questions que vous soulevez légitimement ont des répercussions extrêmement profondes et des résonnances sans fin. En réalité, je ne suis pas sûr que l'on puisse faire l'économie de ce type de questionnement. ce qui signifie que nous nous retrouvons sur une VOIE de recherche...Si nous avons conscience d'être arrivés à un certain point dans notre vie, qu'est ce qui nous empêche de considérer que ce point se situe sur une ligne ? La physique, entre autres, a renoncé au concept de hasard depuis un moment et semble revenir vers un principe téléologique d'évolution ORIENTEE... Je ne redoute rien plus que la religion, c'est pourquoi j'estime qu'il faut apporter des réponses extrêment pertinentes à ces questions, car de la moindre faille les religieux savent tirer parti pour faire avancer leurs pions...J'ajoute que l'existence de la vie est pour vous comme pour moi une expérience sensorielle...J'espère ne pas vous avoir importuné. Je passais chez vous en toute amitié et sans désir de con/vaincre ou de polémique. Bonne soirée à vous.
Je pense à votre mot intéréssant. Passionnant dans le sens de l'éxécration comme dans le sens d'adoration me paraît plus approprié.
Comment pourrions-nous être "pertinents" face à des questions sans réponses, quand tout le monde a sa réponse, quand tout le monde a tord et tout le monde a raison ?
Je m'en remets pour ma part au bon sens paysan. Et c'est je crois ce bon sens paysan qui mettra tout le monde d'accord un de ces jours, parce que plus en accord avec la réalité que toutes les religions plus ou moins compliquées.
Ce n'est pas que ce soit des questions sans réponse, mais les réponses sont subtiles (plutôt que compliquées) Moi aussi je crois au bon sens paysan( J'ai mangé les pommes de mon pommeir ce matin) Avec cette nuance que le bos sens paysans est idéal pour répondre aux questions qui ont trait à ce qui touche les paysans. A chaque objet de recherche, il faut un outil qui lui soit adapté, aux questions métaphysiques, qui existent chez toute personne, il faut élaborer une réflexion appropriée. Je ne crois pas que tout le mode ait tort et raison à la fois. Chacun est plutôt arrivé à un certain point sur le chemin de ces questions, et voilà tout. je crains d'avoir été un peu démoralisant..Mais tout de même; toute recherche de la vérité, dans quelque domaine que ce soit, y compris scientifique, postule au préalable son existence...Si je vous dérande, faîtes-le moi savoir, je respecterai votre décision. Bonne journée.
Vous n'êtes pas démoralisant.
Quant à la vérité, nous ne la recherchons plus comme autrefois, et c'est tant mieux ; nous cherchons à mieux comprendre, plus humblement, nous ne cherchons plus des vérités avec de grands V - qui ne se trouvent, la plupart du temps, que dans nos imaginaires.
Nous devenons concrets, terre à terre, "paysans" et c'est très bien.
Peut-être que l'interêt de ces questions c'est de se demander où elles vont plutôt que d'où elles viennent.
L'intérêt, pour moi, est de les résoudre.
Vous comprendrez pourquoi je parle de bon sens paysans ; parce que ces gens-là aiment bien les choses concrètes, réelles.
Et de les résoudre si possible intelligemment, c'est-à-dire en tenant compte de ce que nos connaissances (les sciences) nous disent.
"Si la science est la connaissance des causes, que savons-nous ?" Je ne me souviens plus du nom de l'auteur. Vous savez, les paysans sont aussi vénaux que d'autres. Nous voyons plus le monde par le biais de nos interêt que de n'importe quel autre...Savez-vous que Teilhard de Chardin est de retour dans la physique, l'épistémologie et d'autres disciplines ? Il semblerait que la téléologie revienne sur le devant de la scène. L'évolution serait-elle orientée ? Cette citation est fameuse " La finalité prévaut sur la causalité en tant qu'elle est la cause de la convergence des causes..." Alexandre Favre.
Nous ne savons pas grand-chose, et pourtant, nous savons quand même des choses !
Nous vivons tous selon notre propre intérêt, nous sommes tous des "égoistes". Et cela est tout à fait naturel.
Nous ne savons pas comment l'évolution s'oriente, mais pour ma part, je crois plus à l'intérêt, à des intérêts partagés, des échanges, des rencontres, du hasard, plutôt tout cela qu'un éventuel GPS qui conduirait jusqu'à l'humain.