LE LIVRE DU PHILOSOPHE

I - Le dernier philosophe – le philosophe. Considérations sur le conflit de l’art et de la connaissance (automne-hiver 1872)

FOLIE ? POESIE ?
87
« Le dernier philosophe, c’est ainsi que je me nomme, car je suis le dernier homme. Personne ne me parle que moi seul et ma voix me parvient comme celle d’un mourant ! Avec toi, voix aimée, avec toi, dernier souffle du souvenir de tout bonheur humain, laisse-moi encore ce commerce d’une seule heure ; grâce à toi je donne le change à ma solitude et je pénètre dans le mensonge d’une multitude et d’un amour, car mon cœur répugne à croire que l’amour est mort, il ne supporte pas le frisson de la plus solitaire des solitudes et il m’oblige à parler comme si j’étais deux. »

Une trop grande solitude est dangereuse.

LA VERITE
91
« Combien la vérité importe aux hommes ! C’est la vie la plus haute et la plus pure possible que d’avoir la vérité dans la croyance. La croyance à la vérité est nécessaire à l’homme. »

La vérité, c’est comme la solitude, il ne faut pas en abuser.
Je dis cela parce que je pense que si Nietzsche avait tenu un peu moins à La Vérité, à L’Absolu, il ne se serait peut-être pas porté plus mal.

L’INFINI
120
« L’infinité est le fait initial originel : il faudrait seulement expliquer d’où vient le fini. Mais le point de vue du fini est purement sensible, c’est à dire illusion.
Comment peut-on oser parler d’une détermination de la terre !
Dans le temps infini et dans l’espace infini il n’y a pas de fins : ce qui est là est là éternellement, sous quelque forme que ce soit. Quel monde métaphysique il doit y avoir, il est impossible de le prévoir.
Sans aucun appui de cette sorte il faut que l’humanité puisse se tenir debout – tâche immense des artistes ! »

Nous allons y arriver.
Nous allons trouver les appuis nécessaires…

CONNAISSANCE
129
« Je ne demande pas quel est le but de la connaissance : elle s’est produite fortuitement, c’est-à-dire sans intention finale raisonnable. Comme une extension ou un durcissement et un raffermissement d’une manière de penser et d’agir nécessaire dans certains cas. »

Tout à fait d’accord : fortuitement, pour face à certains besoins, certaines situations, donc avec une intention finale raisonnable…

FOURMIS
135
« Je tiens pour faux de parler d’un but inconscient de l’humanité. Elle n’est pas un tout comme une fourmilière. Peut-être peut-on parler du but inconscient d’une cité, d’un peuple : mais quel sens cela a-t-il de parler du but inconscient de toutes les fourmilières de la terre ? »

Pour ma part, j’aime bien l’idée que l’humanité (l’ensemble des humains) soit comme une fourmilière, ou plutôt des fourmilières, cela va bien avec mon opinion selon laquelle nous sommes des animaux.
Quand au fameux but inconscient, il est simple encore une fois : la vie… la survie…