Joël de Rosnay
Par sanieptia le dimanche 2 juillet 2006, 11:16 - Joël de Rosnay - Lien permanent
La révolte du pronétariat - des mass média aux média des masses
DEMOCRATIE
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« La montée des média des masses nous laisse entrevoir une opportunité d’équilibrer la société plus efficacement en trouvant un compromis entre la régulation par le haut et la corégulation par le bas. »
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« Dans ce nouveau contexte de participation collaborative et de corégulation, il semble indispensable de réfléchir au devenir des entreprises et à la relation qu'elles entretiennent avec l'État. Les politiques du monde entier ont parfaitement compris l'effet démultiplicateur qu'ils pouvaient obtenir d'Internet, qu'ils ont appelé (à tort) un «nouveau média». Ils ont commencé à utiliser le Web de la même façon qu'ils utilisaient la presse ou la télévision. Pour eux, Internet est un moyen supplémentaire d'exporter leur vision et de convaincre le plus grand nombre de citoyens de son bien-fondé.
Mais considérer Internet comme une simple permanence électorale dans le cyberespace est une erreur. Les politiques n'ont pas compris que l'utilisation efficace d'Internet passe par son feed-back global, par sa réactivité. Mieux vaut ne pas avoir de site ou de blog si l'on n'est pas capable de répondre rapidement aux questions posées en ligne par les citoyens. Signalons tout de même deux expériences intéressantes réalisées par deux sénateurs français René Trégouët et Franck Sérusclat : ils ont lancé un système de corédaction de textes législatifs, soumettant leurs projets de loi aux internautes, qui sont invités à réagir, voire à faire des suggestions.
Il est donc possible de trouver une réelle complémentarité entre les idées des citoyens - qui ne se manifestent plus exclusivement à travers un bulletin déposé dans l'urne, mais également par une intervention concrète (articles, liens) sur le Net - et des politiques dont une des principales fonctions consiste à faire voter des lois. Il devient nécessaire de réinventer une cyberdémocratie qui ne serve pas seulement à faciliter l'administration, notamment en permettant aux contribuables de déclarer leurs revenus en ligne, mais à engager véritablement le dialogue entre le politique et le citoyen. L'accélération de l'évolution de la civilisation du numérique rend indispensable cette adaptation. »
TROIS MONDES !
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« Les mutations portent désormais sur des idées, des visions du monde, des outils techniques, et plus seulement sur le biologique. Les gènes des cellules vivantes sont relayés par des gènes sociétaux, les memes, comme les appelle Richard Dawkins, accélérant l'évolution des idées, notamment par les média et surtout Internet. Dans la biosphère, la sélection darwinienne ne pouvait opérer que sur des êtres réels. Il a fallu attendre des millions d'années pour savoir si le résultat d'une mutation était favorable ou non à la survie et à l'adaptation d'une espèce donnée. Puis un être vivant doté d'un cerveau complexe a créé de la nouveauté et de la variété grâce à ses inventions, analogues à des mutations biologiques.
Alors que des millions d'années avaient été nécessaires pour faire évoluer son espèce, l'homme a pu imaginer avec son cerveau la roue, le crayon, l'aile d'avion, l'eau chaude et le fil à couper le beurre ! Cet «inventeur» vient de séparer deux mondes : le monde réel et le monde imaginaire. Il peut inventer des objets qui n'existent pas dans la nature, créer des prototypes et les tester. Une accélération prodigieuse va résulter de la rencontre entre la biosphère et la technosphère. Avec Internet, l'homme invente un nouvel environnement, reflet de la société : le monde virtuel, qu'on appelle aussi le cyberespace.
Ainsi, trois mondes vont coexister: la biosphère, la technosphère et la cybersphère. La cybersphère provoque un bouleversement dans le temps et dans d'espace : entreprendre des actions et interactions collaboratives, même si les intervenants sont séparés par des milliers de kilomètres, ne prend désormais que quelques secondes. C'est cette prodigieuse accélération que nous vivons aujourd'hui, conduisant à une société en temps réel, comme celle décrite dans Le Macroscope. »
PS :
En attendant que je sache afficher mes liens (ou qu'on me le permette) en voici un qui me concerne :
http://u-blog.net/hyrst