Maintenant, foutez-moi la paix !

LA CHAMBRE DE LEAUTAUD
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" En 1932, parvenu dans la solitude à la mise en place d'un décor définitif, il se livrera dans Journal à une description très précise du premier étage, où il vit vraiment :
"Les trois pièces dans lesquelles je vis me plaisent beaucoup, presque vides. la chambre à coucher : mon lit, un petit guéridon pour ma bougie, un petit fauteuil anglais démontable, don d'un jeune peintre irlandais connu chez Schwob, un petit divan pour les chiens, sur la cheminée une glace Louis XVI, au mur une autre petite glace même époque. Dans la pièce où je prends mes repas, une table Louis XVI en merisier, sur laquelle je donne des gâteries à mes chats, une petite table en bois blanc sur laquelle je mange. Un fauteuil de bois blanc pour m'asseoir, un vieux fauteuil tout défoncé pour la chienne Popote, une vieille armoire ancienne contenant quelques volumes, au mur mon portrait par Emile Bernard, et encore une glace Louis XVI. A côté de ma chambre, une pièce plus petite, où je travaille, quand je travaille ! Un petit bureau Maple, cadeau d'un escroc de ma connaissance, un fauteuil pour m'asseoir quand j'écris, un transatlantique pour paresser, une commode Louis XVI dans laquelle il y a tout, un casier à livres plein de volumes en loques, dans un coin la niche du chien-loup, au fond le long du mur les sacs de riz pour la subsistance de ma ménagerie, sur la cheminée le buste de Diderot, une photographie de Gide avec Dindiki, les flambeaux pour m'éclairer, une aquarelle libertine de Guys, le portrait de Firmin Isidore Léautaud, une photographie du portrait de Stendhal par Södermark. Je passe mes soirées là, de mon retour du Mercure à une heure du matin, à me promener, à m'asseoir au milieu de mes chats qui vont, sautent et viennent, à penser pis que pendre de tout, à commencer par moi-même." "

"Une petite table en bois blanc sur laquelle je mange".
Que celles et ceux qui ne ressentent pas le côté merveilleux de cette phrase ne lisent pas Léautaud.
Ca n'en vaut pas la peine.

Léautaud se promène chez lui. Malheur à celles et ceux qui ne savent pas se promener...