Maintenant, foutez-moi la paix !

ECRITURE
Page 56 :
" Trente-cinq ans plus tard, l'obsession du naturel, du premier jet, même entaché d'apparente maladresse, du texte écrit en courant, la plume n'allant pas assez vite pour rattraper la pensée, n'aura pas quitté Léautaud. En janvier 1940, il regrettera dans son Journal de n'être pas venu d'emblée à cette façon de voir les choses. Mais l'admiration d'écrivains qu'il reniera ensuite, comme coppée, Laforgue ou Barrès, était sans doute nécessaire pour suivre ensuite une route délibérément exempte de lyrisme et d'effets littéraires :
"Que n'ai-je lu plus tôt certains écrivains, au lieu de perdre des années à lire les poètes en vers ou en prose et à m'y plaire. Quand j'ai lu Chamfort, Rivarol, Diderot, Voltaire, les fantaisistes anglais, les mémorialistes et anecdotiers du XVIIIe, - les petites expériences déjà de la vie et une grande faculté d'observation complétant - c'est là que je me suis reconnu. Je l'écris avec conviction, avec plaisir : c'est la dernière qualité d'un livre d'être bien écrit." "

C'est la dernière qualité d'un livre d'être bien écrit !

Cela m'arrange...

AVEC UNE PENSEE POUR BUKOWSKI
(le meilleur écrivain du monde selon moi)
Page 60 :
" "Savoir écrire bien, en écrivant mal, c'est-à-dire sans recherche, cela a l'air d'une plaisanterie... Etre arrivé à pouvoir écrire comme Flaubert, ce qui est du reste à la portée de tout le monde, il n'y faut que de la patience - et faire alors le chemin en arrière, désapprendre en quelque sorte." Léautaud pense cela dès 1904."

Page 61 :
" Tout à fait à la fin de sa vie, en 1949, l'auteur du Journal confirmera, après avoir égratigné la prétention des novateurs encouragée par Paulhan à la NRF :
"Je l'ai écrit (à propos de Mallarmé), et je le récris : je hais tous ces aliénés littéraires, tous ces faiseurs de phébus prémédité. Valéry disait : "Quand il pleut, dites : il pleut. A quoi suffit un employé."
"Vivre l'employé." "