Delerm et Léautaud
Par sanieptia le jeudi 18 mai 2006, 10:54 - Paul Léautaud - Lien permanent
Pour nous changer de Joël et de ses histoires d'Internet, voici quelques extraits du livre de Philippe Delerm sur Léautaud, Maintenant, foutez-moi la paix ! (qui sont les derniers mots que Léautaud prononça).
Page 12 :
Delerm, après avoir dit son plaisir - voire son besoin - de vivre avec les écrits de Proust et de Léautaud écrit ceci :
" Je n'ai pas de sympathie particulière pour l'homme Proust et l'Homme Léautaud. Certaines affèteries du premier dans sa correspondance, certaines idéees politiques du second me sont insupportables. Mais les rites lénifiants de la chambre de liège, mais le foutoir invraisemblable du pavillon de Fontenay sont une forme d'absolu. La vie devenue livre. La vie en haut des piles, à portée de la main. "
"La vie devenue livre". Voilà toute la magie de l'art : mettre sur du papier, avec de simples caractères noirs sur fond blanc, quelque chose d'aussi mystérieux et compliqué que la vie.
"La vie a portée de la main", grâce aux grands artistes.
Je trouve ces deux expressions merveilleuses.
LEAUTAUD CARICATURE
Page 15 :
" La décrépitude matérielle de Léautaud n'est pas un folklore. C'est la conséquence logique d'une vie d'employé modestement payé, consacrant tout son temps libre à la littérature, tout son argent aux innombrables bêtes qui l'entouraient. D'une attitude certe originale par rapport au jeu social conventionnel, mais délibérée et estimable, on a fait une espèce de représentation misérabiliste, figeant Léautaud dans une caricature qu'il dénonçait déjà de son vivant. "
Page 16 :
" "Je n'ai pas de chance avec tous ces articles. Ils sont tous fort ordinaires et bâclés. Je commence aussi à être peu flatté de l'aspect qu'on me donne. Très joli d'être pittoresque, mais il y a des limites." Voilà ce que Léautaud confiait déjà à son Journal en 1923. "