CONTRE-POUVOIR PRONETARIEN
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« Après la musique et les films, le nouveau domaine conquis par les pronétaires est celui de l'édition presse, avec l'avènement et l'extraordinaire succès des journaux en ligne rédigés par des blogueurs ou des non-journalistes. Le modèle du genre est OhMyNews, journal coréen âgé d'à peine cinq ans et comptant déjà 1 million de visiteurs par jour. Pour rédiger ses articles, OhMyNews utilise un réseau collaboratif de pratiquement 40 000 « journalistes citoyens ». Ces derniers écrivent 200 articles par jour, et ce dans tous les domaines. Aux États-Unis les initiatives bourgeonnent, telles que Backfence, Global Voices, Now Public, WikiNews ou Bayosphere. Le New York Times et Business Week s'engagent également dans la voie du citizen journalism en favorisant des initiatives de ce type.
Un des premiers «journaux citoyens » européens, AgoraVox, a été lancé en France en juin 2005 par la société Cybion, spécialisée dans la recherche d'informations sur Internet et la veille concurrentielle, technologique et économique. À partir d'un travail de proximité, l'objectif d’AgoraVox est de publier des actualités concernant des événements de préférence inédits, bien qu'il soit également possible de soumettre des articles d'analyse critique ou des commentaires. Six mois après son lancement, le journal comptait plus de 1500 rédacteurs et accueillait près de 250 000 visiteurs par mois. (…)
On observe un même phénomène de coédition pronétarienne dans le monde de la radio FM. Comme le souligne Pierre Bellanger, PDG de Skyrock, les 2,5 millions d'adolescents qui animent la communauté Skyblog se sont réappropriés ce nouveau média, jusqu'à transformer en profondeur la radio qui a lancé le site Web. Il en résulte un nouveau média hybride, dont le Web et les téléphones mobiles sont les vecteurs les plus porteurs et les plus efficaces. Le phénomène n'est pas réservé aux riches ni aux pays du Nord. A Barcelone, dès 1998, les jeunes du quartier défavorisé Raval ont monté leur radio communautaire en ligne, entièrement réalisée par leurs soins. À Rio de Janeiro, l'association Viva Rio a mis en place des sites collaboratifs pour les habitants des favelas, dans lesquels ces derniers publient des articles sur la vie de leurs quartiers.
La création collaborative et le partage se situeront tous les niveaux dans l'Internet de demain. Comme un organisme vivant, Internet connaît en effet une nouvelle et spectaculaire évolution. À partir des encyclopédies gratuites en ligne, des films réalisés par des amateurs, des journaux citoyens rédigés par des non-journalistes, des sites d'échange de photos et d'agendas ou encore des jeux vidéo multi-utilisateurs, le Net se réorganise et s'adapte aux nouvelles demandes de ses utilisateurs. »

Comme un organisme vivant…

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« Le contre-pouvoir pronétarien émerge du retour d’informations venant d’Internet. A l’origine, le Net était conçu comme un système de diffusion favorisant la navigation d’un site à l’autre – des sites offrant des informations essentiellement fondées sur le texte. Comma l’a fait remarqué dès 1994 Jim Clark, le fondateur de Netscape Communications Corp., « le vrai défi d’Internet n’est pas d’envoyer des informations à des internautes, mais bien de répondre à leurs demandes personnalisées. L’avenir du réseau repose sur sa capacité à faire remonter et à prendre en compte le gigantesque « feed-back » d’Internet ». Or aucune entreprise, aucun organisme public ou groupe politique n’est capable, avec les outils actuels que représentent l’e-mail, l’IM ou les agents intelligents et les robots de réponses automatiques, de répondre en temps réel au raz de marée des demandeurs. Seul un système transversal, de groupe à groupe, le permet. C’est une des bases du contre-pouvoir pronétarien. »