La révolte du pronétariat – Des mass média aux média des mass

TELEVISON
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« De nouvelles technologies vont rendre irréversible la profonde mutation que va subir la télévision dans les prochaines années. »

« Comme pour la musique, ou le téléphone avec Skype, chaque PC devient, avec BitTorrent, le relais d’autres ordinateurs connectés en réseau et réalise un double travail : rerouter le flux tout en améliorant la qualité. Avec ce logiciel, plus vous « downloadez », plus vous vous transformez en « uploader ». Chaque personne qui télécharge devient lui-même un site miroir de téléchargement pour un autre téléchargeur, ou downloader. Ainsi, plus les internautes seront nombreux à télécharger une vidéo, plus l’opération s’effectuera rapidement. C’est le système des vases communicants numériques, une réaction en chaîne, en quelque sorte. Ce phénomène de rediffusion libre va concurrencer les diffuseurs de programmes télévisés. Déjà, des émissions de « séries » en P2P, sans coupures publicitaires et avec une grande qualité vidéo, sont très populaires aux Etats-Unis, comme on peut le voir par exemple sur le site MiniNova. »

LES « INFOCAPITALISTES » VONT AVOIR LA VIE DURE…
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« Les « vectorialistes », qui voient leur pouvoir s’amenuiser et leur monopole être entamé un peu plus chaque jour, devront imaginer de nouveaux modèles économiques pour subsister. Les instances de régulation auront également des difficultés à maîtriser ce phénomène. Comment réussiront-elles, par exemple, à réglementer la Web TV ou la vidéo sur Internet alors que n’importe qui peut émettre à partir de n’importe quel site ? Compte tenu des nouveaux usages pronétariens qui ont été décrits, le droit d’auteur pourrait donc être amené à évoluer de manière significative. Au départ droit exclusif d’autorisation, il pourrait, dans le cyberespace, se cantonner à un simple droit à rémunération, résultant d’extensions, de dérogations ou d’exceptions au droit exclusif et d’une mise en œuvre de mécanismes alternatifs de rémunération et de compensation.
Imaginons – les experts le prédisent déjà – une convergence, par exemple, entre le RSS Feed, les wikis, le P2P TV et BitTorrent. Chaque fois qu’une émission nouvelle apparaît, les abonnés aux chaînes de télévision pronétariennes sont avertis par le système RSS : des « agents intelligents » se connectent automatiquement et enregistrent, sur un disque dur, les émissions qu’ils sont allés glaner aux quatre coin du monde. Par un système appelé enclosures, le « torrent » de bits se télécharge automatiquement et se transforme en une sorte de podcasting vidéo que l’on pourra enregistrer ou regarder plus tard. La majorité d’entre nous préférera probablement continuer de regarder les programmes traditionnels, parce qu’ils seront plus faciles à maîtriser, mais d’ici une à deux générations la question ne se posera plus. La clientèle sera principalement constituée de jeunes qui apprécieront de pouvoir créer leurs propres programmes et navigueront d’une chaîne pronétarienne à une autre. »

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« C’est ce qu’ont parfaitement compris deux géants des média, Rupert Murdoch, président de New Corp, et John Malone, le grand entrepreneur du cable et PDG de Liberty Media. En Avril 2005, Murdoch a fait sensation en affirmant lors d’une conférence de presse que les « grands groupes de communication devaient se réinventer pour faire face à la iPod génération, désormais capable de court-circuiter les fournisseurs traditionnels de contenus en consommant des news, de la musique et de la vidéo, directement depuis Internet ».
Quelques semaines après cette déclaration fracassante, John Malone montait d’un cran en expliquant que « les utilisateurs veulent une seule facture, la portabilité et la possibilité de regarder de la vidéo sur toutes les plates-formes disponibles (…). Nous allons nous trouver confrontés à des accès aléatoires vers des contenus variés, et les consommateurs ne paieront que pour ce qu’ils consomment ». Pour ces deux magnats des média, l’industrie de la communication doit évoluer d’un système traditionnel fondé sur le push, dans lequel les diffuseurs distribuent des contenus en décidant des programmes et des horaires, vers un marché ouvert au sein duquel les consommateurs tirent (pull) leurs contenus préférés grâce à une grande variété de terminaux, fixes ou mobiles. »

LIVRES
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« Après la musique, la vidéo, la radio, le même phénomène est en passe de se produire dans le domaine du livre. Deux voies risquent de faire sérieusement concurrence à l’édition traditionnelle. La première est la voie des auteurs. En effet, les auteurs peuvent décider de publier directement leur livre sur Internet au lieu de passer par un éditeur. Certains s’organiseront en consortium afin de permettre à des jeunes d’être publiés sur le Web. Les best-sellers dans le cyberespace intéresseront alors des éditeurs, qui proposeront d’imprimer le livre en version étrangère. »