Joël de Rosnay
Par sanieptia le mercredi 3 mai 2006, 13:04 - Joël de Rosnay - Lien permanent
La révolte du pronétariat – Des mass média aux média des masses
L’ORDINATEUR A LA PORTEE DE TOUS ?
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« Aujourd’hui, avec les nouveau outils d’empowerment qui confèrent du pouvoir aux pronétaires et qui s’appuient sur le numérique (logiciels et outils de production sur PC et Web), la révolution est encore plus marquée et plus rapide. Il devient facile de rassembler les moyens de production et de distribution à un coût très bas. Evidemment, la production du pronétariat a ses limites. Il ne vient à l’esprit de personne de faire fonctionner par ces moyens une centrale nucléaire, de construire une voie de chemin de fer ou de bâtir un gratte-ciel. Mais déjà des visionnaires comme Neil Gershenfeld, du MIT, étudient les conditions de production domestique d’objets grâce à des machines personnalisables. C’est le concept des fab labs, des laboratoires de fabrication d’objets ou de bricolage intelligent à domicile, dont on reparlera. Un autre chercheur du MIT, Joseph Jacobson, propose de fabriquer chez soi ou au bureau des ordinateurs performants en téléchargeant les plans des circuits, lesquels seront produits par une imprimante spéciale fonctionnant avec une encre à semi-conducteurs. »
CRISE DE LA DEMOCRATIE, BESOIN DE PARTICIPATION, DE SOLIDARITE ?
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« Quelles sont les raisons de l’émergence du pronétariat et du rassemblement de personnes et de talents aussi différents ? Certainement l’arrivée de nouvelles technologies typiques de la culture Internet venant à la rencontre de l’aspiration profonde d’une partie de la société à des formes d’organisation plus participatives. Un besoin de participation lié à des facteurs positifs (comme l’augmentation du niveau culturel global), mais aussi négatifs (comme la crise de la démocratie représentative). »
COMME DE PETITES GOUTTES DE MERCURE SUR UNE SUFACE PLANE...
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« Des applications d’abord isolées et seulement utilisée par des « fanas » et des spécialistes vont ensuite « interagir » pour s’étendre à des secteurs incontournables. A la manière de petites gouttes de mercure sur une surface plane : elles roulent et s’interpénètrent jusqu’à ne plus former qu’une seule bille. C’est à ce phénomène planétaire que nous assistons aujourd’hui, à un rythme accéléré, et il nécessite une analyse ainsi qu’une prise de conscience de la part des responsables industriels, politiques et universitaires. »
Une économie mondiale, une nation (ou organisation) mondiale, une intelligence collective... comme de petites gouttes de mercure ?
SOYONS ACTEURS, CONSTRUISONS NOTRE AVENIR
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« En effet, la nouvelle nouvelle économie née de la montée du pronétariat pose des problèmes culturels, politiques, sociologiques et économiques inédits. Les gouvernants doivent revoir leurs priorités en matière d’allocation des ressources pour le développement des réseaux. Les universitaires ont à réviser leur enseignement pour rendre perceptible et opérationnelle la nouvelle culture d’Internet, des média des masses et du temps réel. Les industriels, enfin, doivent remettre en question les techniques qu’ils utilisent pour toucher les consommateurs selon un mode pyramidal, car les pronétaires, par l’utilisation des blogs, vlogs, wikis, journaux citoyens, IM, téléphone mondial gratuit tel que Skype, etc., comme outils stratégiques de production et de distribution, créent un univers commercial parallèle à celui des firmes classiques. Mais la révolution pronétarienne est d’abord sociétale avant d’être économique. D’où les défis et les enjeux auxquels sont aujourd’hui confrontés entreprises et gouvernements. D’où l’importance aussi de l’information et de la formation permettant à chaque acteur de la vie économique et sociale de mieux comprendre ces évolutions pour construire son avenir. »
Mieux comprendre... Voilà ce qui risque de nous arriver.