Patrik Sébastien
Par sanieptia le jeudi 27 avril 2006, 13:35 - Littérature - Lien permanent
Vitriol Menthe - roman vécu
PATRICK INSISTE VRAIMENT
Page 188 :
« - Tu sais, le coupe Plumes d’ara, l’essentiel de la connerie humaine, c’est les gens qui jugent les autres sans les connaître et sans savoir. »
Il faut dire que le message est beau, et intéressant.
SOCIOLOGIE ET SEXUALITE
Page 194 :
« De quoi alimenter solidement la thèse qu’a décidé de faire une étudiante en sociologie sur le thème : « La société française va-t-elle vers le puritanisme ou la décadence ? » On peut dire qu’elle est servie, Christine, la petite étudiante, scotchée au bar, et prenant des notes sur son petit calepin.
- Dites, madame, demande-t-elle poliment à Denise, c’est toujours comme ça ?
- A part les déguisements, oui.
- Et vous n’avez pas honte ?
Tiens, c’est la première fois qu’on lui pose cette question. En seize ans de boite.
- Honte de quoi ? répond-elle tout naturellement.
- De salir l’amour.
- Tu trouves ça sale ?
- Plutôt, oui. Vous ne croyez pas que tout votre cirque là, c’est profondément malsain ? L’acte sexuel sans amour nous ramène au niveau des animaux.
- Qui te dit qu’il n’y a pas d’amour ?
- Ecoutez, ça se voit, c’est du vice pur. C’est bestial, indécent. Ils se parlent à peine. Je vois de la fornication, mais pas vraiment de tendresse. L’autre à quatre pattes là-bas, elle me rappelle une truie de chez moi... Je suis de la campagne.
- Moi aussi, fait Denise, amusée.
La conversation l’intéresse. Elle a toujours aimé défendre son territoire.
- C’est parce que tu regardes mal. Vois le couple là-bas qui se tient par la main. Au bout de dix ans de vie commune, ils s’engueulaient tout le temps. Plus rien ne fonctionnait et en premier le sexe. Quoi qu’on en pense, quand ça se détraque, ça a pour effet, dans 99 % des cas, de pourrir tout le reste. Il a fallu que leur fils, épuisé par les engueulades, fasse une tentative de suicide pour qu’ils deviennent enfin intelligents. Ils ont analysé ce qui n’allait pas entre eux, et en ont déduit qu’il fallait qu’ils retrouvent l’envie de faire l’amour.
- Et ils sont venus chez vous.
- Exactement. Et le jeu les a libérés, leur a redonné envie l’un de l’autre. Ils se sont aperçu que le désir mort leur donnait l’illusion de ne plus s’aimer, alors qu’ils s’adoraient.
- Admettons, se force à dire l’étudiante.
- Ca fait cinq ans qu’ils n’ont pas eu une engueulade sérieuse. Ils ont même fait un bébé, il y a un an.
- Ils auraient dû vous faire marraine, ironise l’étudiante.
- Ils l’ont fait, répond Denise, fière.
- Effectivement, ils se tiennent par la main. Quel exploit ! lance-t-elle, ironique. C’est vrai qu’ils ont l’air de s’aimer. Je les ai observés parce que leurs petits bisous de tourtereaux, ça faisait un peu tache, dans cette débauche de fellations.
- Tu peux dire « pipe », tu sais.
- Je peux, oui. Ca m’arrive de le dire. Ne vous méprenez pas, madame Denise, je ne suis pas une oie blanche. Je vais même vous faire une confidence : j’adore me faire sodomiser. Il n’empêche que je crois à la fidélité. Je trouve ça bien plus valorisant aujourd’hui pour une femme que le contraire. Et, malgré votre démonstration de sauvetage de couple que je salue, je persiste à penser qu’on peut très bien prendre un énorme pied et avoir un couple équilibré sans se faire culbuter à tout-va par une meute de détraqués devant tout le monde. »
A CE NIVEAU-LA, CELA NE S’APPELLE PLUS INSISTER
Page 196 :
« Denise fouille un peu dans sa mémoire et lui dit :
- Je ne sais pas qui m’a dit ça un jour : l’essentiel de la connerie humaine, ce sont les gens qui jugent les autres sans les connaître et sans savoir. »
SOCIOLOGIE ET SEXUALITE - SUITE
Page 202 :
« - Vous savez, j’ai réfléchi à ce que vous m’avez dit.
- Et alors ?
- Alors, en voyant le bonheur de la petite Black qui riait aux éclats entre deux spasmes, l’application de ce docteur ridicule avec son sexe d’éléphant, cette ambiance insouciante et gaie, hors du temps, hors des codes, je me suis dit : pourquoi pas ?
- Bien, fait Denise, cachant sa jubilation.
- Je suis allée voir vos petits sportifs. Ils sont effectivement beaux, inoffensifs, mais assez lourds.
- Ils sont jeunes.
- Et grossiers. Ils m’ont demandé si je connaissais la différence entre une salope et une grosse salope, vous la connaissez ?
- Non.
- Eh bien, récite-t-elle avec un air angélique, une salope, elle te suce et tu l’encules après, et une grosse salope, tu l’encules et elle te suce après !
- Amusant, et alors ? demande Denise.
Et sans se départir de son air angélique, elle dit posément :
- Et alors, je les ai sucés tous les trois et donc je suis une grosses salope.
- Eh bien voilà, au moins tu parleras de ce que tu connais.
- Non. Ca restera un secret entre moi et ces murs. Je n’ai absolument pas honte de ce que j’ai fait. Si je l’ai fait, c’est que de toute façon je l’avais en moi. Je vous ai écoutée, je ne me suis pas menti et c’est la seule chose qui compte vraiment.
- Alors, tu seras une excellente sociologue.
- Merci, madame Denise. »
Merci Patrick pour ces discours instructifs.