Vitriol Menthe - roman vécu

PATRICK SEBASTIEN INSISTE SUR SON MESSAGE
Page 176 :
« On pourrait juger l’essentiel de la connerie humaine à ça : des gens qui en jugent d’autres, comme ça, de loin. Sans les connaître et sans savoir. »

DE DRÔLES D’INDIENS
Page 180 :
« Aujourd’hui est arrivé un nouvel Indien au 41. Les autres Indiens ont décidé de l’appeler Faucon bleu. Par contraste. Le bleu est une couleur qu’il ne met jamais. Quant au faucon, même si le jeu de mots est facile, ils sont convaincus que c’en est un vrai. Con.
Pas qu’il soit bête, bien au contraire. Mais il se croit le meilleur de tous. Il étalonne en public son intelligence comme une ligne de flottaison au-dessous de laquelle tout est médiocrité. Alors, pour les autres Indiens, c’est un vrai con. Pas un con d’inculture. Un con de suffisance. Il en vient de temps en temps, des comme ça. Des qui mettent des lunettes noires pour qu’on les reconnaisse. Des hautains. Des nombrils du monde.
Ceux-là, on les a classés dans la tribu des « Comme un manche ». Parce que les Indiens de Denise sont répartis dorénavant comme les vrais, en tribus.
La plus sympathique, c’est la tribu des « Sioux later » (en français : « On se revoit bientôt les amis »). On y trouve Chemise blanche, Cheval du désert, Mérou de Tahiti, Visage pâle, l’acteur au crâne lisse, entre autres.
Il y a les « Cheyenne de vie », toujours à se plaindre. Ils râlent contre tout : les impôts, le mauvais temps. Ils râlent surtout contre tout ce qui a du succès. Cette tribu-là est constituée en grande partie de journalistes de renom, talentueux certes, mais terriblement casse-joie. C’est pourquoi on les voit souvent seuls au bar, le nez dans leur double whisky, maudissant sans le dire ceux qui rient à côté d’eux.
Il y a aussi les « Docteurs Jivaros », les réducteurs de têtes. Une nouvelle race de chanteurs qui ont érigé l’insipide en mode, et qui bien loin des Brel, Ferré et autres Brassens abrutissent les ados de mélodies qui cartonnent autant qu’elles ne dérangent pas. On y retrouve Nain de jardin, Long manteau, Regard d’acier, Enfant des collines. Leur nouveau truc, c’est l’humanitaire. Ils y ont trouvé le moyen de se refaire une conscience. Et il n’est pas rare, après un concert larmoyant où ils ont vilipendé l’égoïste société qui délaisse les démunis, de les voir débouler au Club. Ils ont le regard allumé par les agapes bien arrosées au buffet somptueux qui accompagne ce genre d’événement. Le speed entretenu par de la dope à 1000 francs le gramme, ils garent leur Porsche en vrac sur le boulevard Sébastopol et se dirigent, lunettes noires et pas de course, vers la luxure de la rue Quincampoix sans même un regard compatissant pour les clodos du coin qui leur mendient ne serait-ce qu’un sourire. »

Qui est faucon bleu ? Thierry Ardisson ?
Mérou de Tahiti, ce doit être Carlos ; le chanteur, pas le terroriste, fils de Françoise Dolto qui a marqué de son empreinte la boisson Oasis.
On reconnaît aussi assez facilement dans ce livre Gérard Depardieu : Ours blanc, et Serge Gainsbourg : Aigle royal.
Et Long manteau, ce pourrait être Patrick Bruel ?