Vitriol Menthe - roman vécu

PORTRAIT DE L’HUMAIN ORDINAIRE
Page 30 :
« Denise l’adolescente savait bien tout ça, et non seulement ça la révoltait (la condition féminine), mais chaque fois qu’on abordait le sujet, elle s’enflammait. Ce qui faisait dire à quelques-uns de ses interlocuteurs englués dans leur confort de mâles dominants :
- Tu crois quand même pas que tu vas changer le monde !
Le monde peut-être pas, mais le sien oui. Sûrement que les autres femmes mettraient du temps à briser ce carcan d’habitudes et de soumissions, mais pour elle, elle avait décidé que c’était tout de suite. Et, première étape, elle baisait avec qui elle voulait. Comme un homme.
Mais c’était la province, les regards méprisants, les sentences : « Si la rue était pavée de bites, elle marcherait sur son cul. »
Et toutes ces veilles, partagées par un rideau, comme incrustées dans leurs fenêtres à force d’espionnage. Toutes ces fripées de peau et de cœur qui dévidaient, de ragoût en ragot, leurs existences mornes. Tous ces rats d’église qui s’endimanchaient de bonté et de compassion, mais si pleins de bassesses ordinaires le reste de la semaine.
Alors vite... Partir ! »

Une belle description du genre humain à la fin : toutes ces fripées (et fripés) du cœur et du cul, ragoûts et ragots, existences mornes s’endimanchant de bonté et de compassion mais si pleins de bassesses ordinaires...

BELLE EXPRESSION
(FOURRURE)
Page 38 :
« Dans le vestiaire de l’entrée, on devine déjà la profession des invités à la qualité des manteaux suspendus. Ce soir-là, point de duffel-coat, de doudoune, d’imper à la Colombo, mais une flopée d’ex-petites bêtes montées sur cintre. Une chose est au moins certaine : Brigitte Bardot n’est pas au salon. C’est la remarque amusée que Jean-Michel fait à haute voix.
- Hélas, soupire Jean-François. »

« Hélas », parce que c’est à une « soirée sexe » que Jean-Michel convie ce soir Denise.