Ce qui dépend de nous – Manuel et Entretiens / Arléa

CHANGER POUR ALLER MIEUX, CHANGER POUR ÊTRE HEUREUX
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« Exhortation à ses élèves

Nous voici donc, moi, votre éducateur, et vous, qui suivez mon enseignement. J’ai pour ambition de faire de vous des êtres inaccessible à tout empêchement, toute contrainte et tout embarras ; libres, heureux, tranquilles, vivant les yeux fixés sur Dieu (la vie) dans les petites choses comme dans les grandes. Vous, vous êtes ici pour apprendre tout cela et le mettre en pratique. Pourquoi, si vous avez l’ambition qu’il faut, êtes-vous donc si lents à la besogne quand, en plus, de mon côté j’ai la préparation nécessaire ? Que nous manque-t-il ? Quand on voit un charpentier avec son matériel devant lui, on attend de voir l’ouvrage terminé. Or, nous avons et le charpentier et le matériel ! Qu’est-ce qui nous manque ? L’objet de notre recherche ne peut-il pas s’enseigner ? Si. Ne dépend-il pas de nous ? S’il est une chose qui en dépende, c’est bien celle-ci. Ni la richesse, ni la santé, ni l’opinion publique ne sont en notre pouvoir, rien, si ce n’est l’usage correct de nos représentations, seule chose que la nature a faite inaccessible à toute gêne et à tout empêchement. Alors, qu’est qui vous retient ? Dites-le moi ! Cela vient soit de vous, soit de moi, soit de la nature même de notre entreprise. Mais celle-ci est réalisable. Elle ne dépend que de nous ! Par conséquent c’est ou moi ou vous, ou – plus vraisemblablement – nous sommes tous en cause. Alors ? Voulez-vous que nous commencions à nous occuper du projet dont je parlais tout à l’heure ? Effaçons le passé. Croyez-moi : mettons nous au travail, et vous verrez. »

Il ne faut pas manquer d’ambition pour être heureux, ne pas avoir peur de suer un peu, ou alors, avoir de la chance, des parents qui vous auront bien appris la vie et le bonheur, par exemple.

FAIRE FACE, COURAGEUSEMENT, TROUVER LES MEILLEURES SOLUTIONS QUI S’OFFRENT A NOUS
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« La vie est un match

C’est face aux difficultés que les hommes se révèlent. Quand tu te trouve en difficulté, dis-toi que Dieu (ou la vie), tel un entraîneur, te met en présence d’un jeune homme peu commode.
- Dans quel but ?
- Pour que tu sortes vainqueur des Jeux olympiques, ce qui ne peut se faire sans transpirer. A mon avis, tu es devant la plus belle difficulté qui soit si jamais tu veux bien t’y mesurer comme un athlète à un lutteur plus jeune. Imagine que nous t’envoyions en éclaireur à Rome (Sous l’empereur Domitien, un édit du sénat (en 94 de notre ère) avait banni de Rome les philosophes : il s’agit probablement, pour l’élève qu’on y envoie, d’en rapporter des nouvelles sur l’état d’esprit dominant vis-à-vis de la philosophie). Personne ne choisirait d’envoyer en reconnaissance un lâche qui, au moindre bruit, à la seule vue d’une ombre, reviendrait en courant, tout affolé, annoncer que l’ennemi est à nos portes. De même, si tu venais nous rapporter : « La situation à Rome est épouvantable, il nous faut trembler devant la mort, l’exil, la diffamation, la ruine ! Fuyez, mes amis, l’ennemi est là ! », nous te répondrions : « Va-t-en ! Garde pour toi tes prophéties : notre erreur a été de te choisir comme éclaireur. »
Envoyé à ta place, Diogène nous rapporterait un tout autre son de cloche. Il dirait que la mort n’est pas un mal, puisqu’elle n’a rien de déshonorant ; que la mauvaise réputation n’est qu’un vain bruit répandu par des fous ; mêmes propos sur la douleur, le plaisir, le dénuement. Il dirait aussi qu’aller tout nu vaut mieux que te porter n’importe quel vêtement de pourpre ; que dormir sur la dure, c’est avoir la plus confortable des couches. Et, à l’appui de tout cela, il donnerait pour preuve son propre courage, sa tranquillité à toute épreuve, sa liberté, et jusqu’à son corps, endurci et resplendissant de santé. « Il n’y a aucun ennemi près de nous ; tout est plein de paix.
- Comment peux-tu dire cela, Diogène ?
- Regarde : ai-je été touché, blessé ? Ai-je eu à fuir devant l’ennemi ? »
Voilà l’éclaireur qu’il nous faut. Toi, en revenant, tu nous racontes n’importe quoi. Ne voudrais-tu pas y retourner pour regarder de plus près, et sans lâcheté ? »