Samedi 6 août 2005

LA VIE EST BELLE !

J’avais acheté Science & Vie parce qu’il parlait de Dieu, mais hier, me décidant à le lire, c’est le mot « Fusion » qui m’a sauté aux yeux.

Merveilleux ! Je ne pensais pas qu’on en était déjà là !
Je pensais que même minime, expérimentale, cette fameuse fusion, faute de pouvoir créer une température suffisante, nous n’avions jamais réussi à la réaliser. Et j’apprends – un vrai conte de fée - que de simples petites bulles dans l’eau au cul d’un bateau, traversées par un son, peuvent grossir puis s’effondrer sur elles-mêmes si rapidement qu’elle implosent en créant une fusion nucléaire !
Pour ceux qui ne seraient pas trop calés en science (comme moi) et qui ne liraient pas cet article, je vais essayer de le raconter.
L’histoire du bateau donc, de la Royal Navy, durant la première guerre mondiale, dont la coque est rongée bizarrement. Lord Rayleigh, prix Nobel 1904, spécialiste des gaz et des liquides, se penche sur le problème. Le son de l’hélice créerait des zones et basses et de hautes pressions qui feraient apparaître des bulles de gaz microscopiques qui gonfleraient dans un premier temps avant de s’effondrer sur elles-mêmes en créant pour chaque bulle une élévation de température très importante. Bizarrement, son équation prévoit même une élévation de température infinie !
1930. Des physiciens allemands découvrent que des bulles qui se forment émettent une lueur lorsqu’elles sont traversée par des ultrasons. On appelle ça « sonoluminescence ».
1989. Deux chercheurs du Mississipi arrivent à observer et à mesurer l’une de ces étranges bulles. Elles se contractent si rapidement que la chaleur produite par la compression ne peut pas se dissiper, ce qui laisse entrevoir une possibilité d’atteindre de très hautes températures !

Quelques chiffres :
La bulle, au départ, mesure 5 micromètres (1 micromètre = 1 millième de millimètre = 1 millionième de mètre). Elle gonfle jusqu’à en faire 50. Et, d’un seul coup, à 1000m/s (3600 km/h !) « elle se rétracte pour atteindre 0.5 micromètre ». L’intérieur de la bulle subit alors « l’équivalent de 50 000 à 100 000 fois la pression atmosphérique ! »
D’autres chercheurs (d’Illinois) s’occupent de la température de cette bulle : 15 000° C à sa surface !
Mais combien à l’intérieur ?
Au XXIème, siècle des chercheurs (toujours américains) « dopent » l’expérience. Ils parviennent à créer une bulle cent fois plus petite, et à la faire gonfler 100 000 fois au lieu de 10. Le résultat est que la pression que subit l’intérieur de la bulle lors de sa contraction fulgurante atteint 1000 millions d’atmosphères ! Ce qui provoquerait une température à l’intérieur de la microbulle de 10 millions de degrés !
Nous y sommes !
Une température correspondant à celle du cœur du Soleil et des étoiles, là où se déclenchent les réactions de fusion nucléaire !

Qui sait si dans 20 ou 30 ans, nous ne pourrons pas bénéficier de cette énergie, beaucoup plus propre et beaucoup moins coûteuse ?
Qui sait si d’ici-là, il ne se sera pas passé d’autres choses encore ? Je pense à celles évoquées dans « Philo 5 » : « les auteurs du rapport soutiennent que l'emballement des facteurs ayant causé l'accélération des sciences et techniques fera paraître lent le train du changement vécu ces 25 dernières années par rapport à ce qui nous attend au cours des 25 prochaines. »
Ainsi, contrairement à mercredi dernier, je n’ai plus peur.
Car l’humain est plein de ressources (et pas si con finalement).
Et la vie pleine de surprises !