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Par sanieptia le mercredi 15 mars 2006, 10:52 - ma philosophie - Lien permanent
Mercredi 3 août 2005
N'ai pas écrit grand-chose finalement pendant ces vacances. N'ai même rien écrit du tout. Mais j'ai pensé, un peu.
Ai eu l'idée de partager avec vous la pensée d’Epictète, car c’est en grande partie sur la sienne que la mienne repose.
Suis aussi tombé par hasard sur des mots qui m’ont fait réfléchir dans un livre.
Vais donc vous proposer cette réflexion. Et ensuite ce sera Epictète.
Le temps d’écrire tout ça, j’aurai peut-être à nouveau des choses plus personnelles à vous raconter.
J’AI PEUR
Il y a un peu plus de dix ans, j’avais été très impressionné par les livres d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes et Le retour au meilleur des mondes, par les chiffres qu’il nous donnait surtout, au sujet de l’évolution de la population mondiale. J’en avais tracé une courbe qui s’était révélée dangereusement exponentielle.
- Merde, m’étais-je dit, comment va-t-on faire ?
Et puis, au fil des années, mon optimisme avait repris le dessus, me disant que la technologie évoluait si vite que l’on trouverait sûrement des solutions.
Ensuite, dans "Philo 6" (3 juillet 2005) sans trop m’en rendre compte, j’ai évoqué l’écart entre riches et pauvres qui se creusait (à l’échelle de la planète, parce qu’à l’échelle de la France, je m’en fous un peu). Et j’en ai discuté par hasard cet été, comme on parle de la pluie et du beau temps, avec un ami, qui m’a répondu, placidement, qu’à partir d’un certain écart, trop important, cela ne pouvait qu’exploser, les différentes révolutions au cours de l’histoire le prouvaient.
Dernier volet de cette aventure spirituelle, j’emprunte le livre d’un fils de bonne famille pour voir ce qu’il y a dedans. Je découvre assez vite qu’il s’agit d’un livre « anti tout », « alter mondialiste » qui n’arrête pas d’accuser les puissants de monde au lieu de nous accuser nous, tous ensemble, ou alors Dieu ou les dieux. Comme je suis chanceux, je tombe sur une information qui me manquait. Je vous la livre :
Page 28, Sens dessus dessous, L’école du monde à l’envers, d’Eduardo Galeano, édité chez Homnisphères – Collection Imaginaires Politiques.
« En 1960, 20% de l’humanité la plus riche, possédait 30 fois plus que les 20% des plus pauvres. En 1990, la différence était de 60 fois. Depuis lors, le fossé a continué de s’élargir : en 2000, se sera 90 fois. »
Si ces chiffres sont exacts, et si l’on fait, comme pour les données d’Huxley, une courbe, on obtient à nouveau quelque chose d’exponentiel !
Un peu plus bas sur la même page, comme pour enfoncer le clou, il est écrit :
« Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, les dix personnes les plus opulentes de la planète, possèdent une richesse équivalente à la valeur de la production totale de 50 pays (on ne nous dit pas lesquels), et 447 multimillionnaires (multimilliardaires ? ai-je bien recopié ?) totalisent une fortune plus grande que le revenu annuel de la moitié de l’humanité. »
Avouez qu’il y a de quoi flipper. De quoi imaginer, après les révolutions nationales, une révolution planétaire !
Du coup, je me trouve con d’avoir traité tout le monde de con dans "Philo 6", car ces courbes exponentielles nous laissent bien trop peu de temps pour évoluer. Au train où vont les choses, si les chiffres sont exacts (les courbes pointent leur nez vers le ciel !) c’est au XXIème siècle que ça va péter, à moins qu’un miracle n’ait lieu, un truc auquel je n’avais pas pensé. Je le souhaite !
Sinon, il fois de plus, l’évolution de l’organisation des humains sur la Terre se fera dans un bain de sang.
Tous citoyens du monde, citoyens de la Terre, une seule nation, un gouvernement mondial (ce vers quoi nous allons) serait à ce prix ?
Peut-être.
L’avenir dira.