Vendredi 17 juin 2005

L’HOMME, L’ETRE HUMAIN, NOUS

L’homme est un animal, un mammifère de l’ordre des primates.
C’est évident et pourtant, l’être humain en général ne veut pas le reconnaître. Il a peur de « déchoir », parce que pour lui, il serait déshonorant d’être un animal. Cela représenterait un moins bon « statut » que celui qu’il se donne actuellement. Nous ne reconnaissons pas (pas encore...) nos propres découvertes scientifiques.
L’être humain préfère (encore actuellement) se sentir accompagné d’un Dieu, créé par Lui, immortalisé par Lui. Et ce qui me chagrine, ce n’est pas qu’il croit en des choses qui n’existent pas - qu’il invente lui-même pour son confort psychologique et métaphysique - mais que, ce faisant, il se positionne à part.

A PART.

Par rapport aux autres créatures, à ses frères mammifères et animaux, par rapport à la « création » en général, règne animal, végétal ou minéral. L’être humain se prend pour un être différent, « supra naturel » ; et ainsi, ne peut accéder au réel grand mystère, à la beauté du monde et de l’univers.

A PART.

Cela m’ennuie d’autant plus que je sais qu’il ne s’agit pas de la meilleure façon de penser possible pour « s’harmoniser » au grand mystère, (le respecter), y trouver sa juste place.

Lundi 20 juin 2005

CE QUI M’A AMENE A LA PHILOSOPHIE

Je me suis aperçu, un peu après mes vingt ans, que je voulais tout savoir.
Mes études ne m’intéressaient pas vraiment et j’étais très attiré par les sciences et les arts.
Mais, même en science, me disais-je, il fallait se spécialiser, devenir pointu dans un domaine pour faire quelque chose d’intéressant. Or, je ne voulais pas me spécialiser. Je voulais tout aborder en même temps, tout connaître !
L’enseignement de la philosophie en Terminale m’avait barbé, et je n’envisageai pas une seconde d’approfondir le sujet, pas avec le concours de l’Education Nationale en tout cas, ni celui des parents ou des adultes en général qui, selon moi, parlaient beaucoup et agissaient peu, pensaient plus pour se réconforter, justifier certaines choses que pour découvrir, aborder la vie de façon efficace, aborder le phénomène débordant de la vie.
Tout simplement parce qu’ils ne le maîtrisaient pas, ne le comprenaient pas, ou pas suffisamment bien, mettant de côté, dans l’ombre, tout ce qui pouvait déranger leur système de pensée que je trouvais restreint, ne tenant pas la route face à ce que je ressentais, découvrais.
C’était une espèce de crise d’adolescence à retardement.
Puisque je ne croyais plus dans la pensée commune des hommes, trop « politiquement correcte » à mon goût, même si le terme n’existait pas encore, je décidais de penser et de vivre par moi-même, d’apprendre à penser et à vivre.
J’étais dans le TGV ce jour-là, entre ma Bourgogne natale et Paris (où j’allais régulièrement rejoindre Alice le week-end). Le train était orange, comme celui qui nous avait fait rêver en CE2 quand on nous l’avait présenté - il battait tous les records, et en plus, il allait transporter des voyageurs !
J’étais dans ce train et je pensais, ressentais tout ce que vous venez de lire.
C’est ce jour-là je crois, que je suis devenu philosophe, penseur autodidacte.

Mercredi 22 juin 2005

COMMENT JE ME SUIS FORME

Ce n’est pas dans les livres que je recherchai la connaissance, mais dans la vie, dans ma vie. La vie que je trouvais difficile, compliquée, et dont je ne savais rien. Ce que m’avaient enseigné mes aînés, je le répète, ne me servait à rien, puisque rien ou presque de leurs beaux discours, ne pouvait s’appliquer à ce que je vivais sur le terrain.
Mon cap, pour ne pas me disperser – vérifier mes connaissances, mes progrès, l’efficacité de ma façon de penser, les actes qui en découlaient – fut « le bonheur », la recherche d’une forme de sérénité. Et cela tombait bien car j’étais malheureux et envisageais régulièrement de me supprimer. Pas très sérieusement : cela me faisait du bien, me montrait que, quoi qu’il se passe, j’avais une porte de sortie.
Ainsi, ou bien je réussissais (et cette quête donnait un sens salutaire à ma vie) ou bien j’échouais, et, dans ce cas, je l’ai déjà dit, il serait toujours temps, à bout de force, de pousser la porte et de quitter cette Terre.
Ai l’impression d’avoir réussi.
Ai l’impression d’être heureux, comme je l’ai déjà écrit en ouverture de ce blog.
Et il est temps de faire le bilan de ce parcours philosophique (au sens noble du terme, car, vous l’avez compris maintenant, je ne me situe pas dans la lignée des « enculeurs de mouches », catégorie qui, selon moi, va très vite s’amenuiser dans les siècles à venir).
Ce blog est ce bilan, l’expression du travail de défrichage qui va être nécessaire pour organiser ma pensée - qui vogue et vit sa vie, la plupart du temps, à l’état sauvage - la rendre claire et intelligible.
Le temps d’éclaircir tout ça, je serai probablement un vieux monsieur ; un vieux monsieur qui pourra vérifier s’il ne s’est pas trompé, s’il n’est pas redevenu malheureux, et qui, une fois faite cette ultime vérification, pourra écrire son unique livre.
Un livre qui sera peut-être dans la lignée de ceux que j’aime : Socrate, Epictète, Rabelais, Voltaire, Nietzsche, Cioran pour le XXème siècle (auquel j’ajoute Henry Miller, Charles Bukowski et Philippe Sollers) qui exprimera la voix de tous ces sages - sans parler de celle de tous ceux, notamment venus d’Asie, que je ne connais pas - en assurera la continuité dans l’histoire des hommes et de la pensée occidentale.