Philippe Sollers
Par sanieptia le vendredi 24 février 2006, 18:56 - Philippe Sollers - Lien permanent
Une vie divine
NIETZSCHE SE SURESTIME
Page 243 :
« Je suis de force à modifier le calendrier. »
Le début de la folie ?
« Si cette idée est vraie, ou plutôt si on la croit vraie, tout sera bouleversé, et toutes les valeurs passées seront dévaluées. »
Sûr qu'il aura joué son rôle dans les bouleversements qui nous attendent. Probable, comme le laisse entendre Sollers, que l'on se souviendra de lui à ce moment-là.
NIETZSCHE ET DIONYSOS
Page 244 :
" « Tu me sembles avoir de noirs desseins, dis-je un jour au dieu Dionysos : à savoir détruire les hommes ? » - « Peut-être, répondit le dieu, mais de telle sorte que j'en tire quelque chose pour mon profit. » - « Quoi donc ? » demandai-je avec curiosité. - « Qui donc ? devrais-tu demander. » Ainsi parla Dionysos, puis se tut de la façon qui lui est propre, de sa façon tentatrice... Vous auriez dû le voir ! C'était au printemps, et tous les arbres étaient dans la jeunesse de leur sève. "
La vie (mon dieu à moi) détruira les hommes le jour où cela sera nécessaire. (Comme Dionysos : « à mon profit ».)
UN ORGASME ?
Page 256 :
« Ces révélations, par exemple. Tout à coup, dans un demi-sommeil, l'action fulgurante d'un big-bang, explosion, projection à une vitesse folle, chaos, cosmos, terre, existence, fusée tirée d'on ne sait où vers on ne sait où. Vitesse du son ? Non, bien plus. De la lumière ? Non, trop lente. C'est une propulsion instantanée à travers la matière, atomes et cellules, un coup de canon dans le vide, coup de semonce, coup de semence, avec pour seul résultat d'être là. Là, mais où ? Plus de où. Trouée dans le où. Et voilà une grande certitude sans rien ni personne. C'est là, c'est peut-être moi. Je reprends mon crâne et ma forme habituelle et, en effet, c'est moi. »
LIBERTE
Page 258 :
« Eh bien, je décide. Et je l'écris. Et rien ni personne ne peut m'en empêcher. Et tout est parfait. Et tout est gratuit. »
Je ressens parfois cela depuis que je tiens mon blog philo, depuis que j'ai des lecteurs.
NIETZSCHE CONVAINCU DE SA MISSION, DE SON HISTOIRE
Page 274 :
« Mon histoire n'est pas seulement une histoire personnelle, je sers les intérêts d'hommes nombreux en vivant comme je vis. »
L'EPOQUE
Page 279 :
« Cette époque, dit encore M.N., est comme une femme malade : laissez-là simplement crier, se répandre en invectives, tempêter et briser tables et assiettes. »
CONSEIL
« Fuyons, mes amis, devant ce qui est ennuyeux, devant le ciel couvert, devant l'oie dandinante, devant l'épouse respectable, devant les vieilles filles mûrissantes qui écrivent et « pondent » des livres – la vie n'est-elle pas trop courte pour qu'on s'ennuie ? »
LA BELLE VIE
Page 292 :
« Alors, on peut être « à l'aise au milieu des hasards comme au milieu des flocons de neige ». »
Superbe.
ECRIRE
« On reste en alerte, on écrit pour ne pas s'encroûter, s'abrutir, dormir, tituber, parler comme tout le monde pour ne rien dire, correspondre au temps, se veiller. Je me rêve, je me veille, je me rerêve et je me réveille. »
Sollers, poète et penseur.