Philippe Sollers
Par sanieptia le jeudi 23 février 2006, 11:37 - Philippe Sollers - Lien permanent
Une vie divine
ECRIRE AGIT
Page 229 :
« Ecrire agit, propulse dans une autre dimension, et la publication, même sans aucun retentissement, agit cette action. »
J'aime vivre dans une autre dimension : rêvasser, écrire une ou deux lignes de commentaire ; et pour la publication, je confirme : même dans un simple blog, ça agit.
SOLLERS CITE NIETZSCHE ENCORE
Page 230 :
« Quiconque a jamais bâti un « nouveau ciel », de quelque époque que ce soit, n'a trouvé la puissance à cela que dans son propre enfer. »
INSTINCT (NIETZSCHE ET SOLLERS)
" « Tout ce qui est bon sort de l'instinct – et c'est par conséquent léger, nécessaire, libre » (formule qu'aucun prêtre ou prêtre masqué philosophe n'acceptera jamais). "
NIETZSCHE + LE ROI LION (LE CYCLE DE LA VIE)
Page 234 :
« L'histoire future : cette pensée triomphera toujours plus – et ceux qui n'y croient pas devront finalement, selon leur nature, disparaître ! Seul subsistera celui qui considère que son existence est apte à la répétition éternelle : pour des êtres pareils, un mode de vie est possible auquel aucun utopiste n'a encore pensé. »
« Répétion éternelle », le fonctionnement même de la vie ? Accepter cette répétition ? Accepter notre retour à la poussière ? notre retour en tant que matière à la vie, au Grand Bordel duquel nous sommes issus ?
AH, AH !
Page 235 :
« D'ailleurs plus personne ne lit depuis longtemps, M.N. ! Ah, ah ! »
« Ah, ah ! » Je soupçonne Sollers d'avoir emprunté cette expression à Vincent Ravalec (qui l'utilise souvent et avec brio, qui est aussi un très bon écrivain, même si depuis quelques années, parti dans des histoires de sorcellerie, il devient parfois difficile à suivre), à moins que ce ne soit Vincent qui l'ait empruntée à Bukowski (qui dit parfois aussi : oh, oh !)
SOLLERS BOURGEOIS ET PRECIEUX
Page 238 :
« Il n'y a pourtant, dans cette chambre, que l'imperceptible bruissement d'une plume d'or sur du papier velouté. »
UN SUPERBE PORTRAIT (NIETZSCHE)
Page 239 :
« Quand j'essaie de m'imaginer le portrait d'un lecteur parfait, cela donne toujours un monstre de courage et de curiosité, et en outre quelque chose de souple, de rusé, de prudent, un aventurier et un explorateur-né. »
Souple, rusé, prudent... explorateur, aventurier...
Cela me plaît beaucoup.
On devrait tous lire de cette façon.
Commentaires
Quand Philippe Sollers « le mondain », se prend pour Jean-Paul Sartre
Que Philippe Sollers se rassure:
Le romancier décrié par ses pairs passera bien à la postérité, mais plus connu pour son porte cigarettes hélas, que pour son porte plume !
Philippe Sollers ou Jean-Paul Sartre réincarné...
( émission de Guillaume Durand 23/11/07)
Amuseur mondain patenté, sévissant depuis plusieurs décennies dans les quelques rares salons encore existant, Philippe Sollers a toujours autant de panache, force est de le reconnaître, tout du moins au travers des volutes bleues que laisse échapper une cigarette en perpétuel mouvement auréolant tel que le ferait un encensoir, le chef de notre grand penseur...qui a bien besoin de cet artifice pour exister.
Guillaume Durand avait invité Valérie Pécresse , à venir expliquer au cours de son émission « Esprits Libres » le pourquoi des réformes engagées sur les universités.
Parmi le public, quelques étudiants contestataires de l'Unef, minoritaires, grévistes bien sûr et adeptes du vote tronqué, n'avaient que des « Ho » et des « Hou » à adresser pour tout argumentaire au ministre de l'éducation qui poursuivit imperturbable sa démonstration à défaut de pouvoir dialoguer.
Il n'en fallait pas plus pour que Philippe Sollers envoie à l'adresse de ces quelques égarés acquis à la contestation imbécile, ce qu'il pensait être de bons mots, du style : « Pécresse-traîtresse ».
Les agités applaudirent un Sollers qui l'espace d'une seconde se prit...pour Jean-Paul Sartre, ou plus exactement pour son feu follet.
Dans le face à face plus intime qui s'ensuivit, entre d'une part l'animateur, et notre grand écrivain d'autre part, ce dernier se plaignit de ne pas être reconnu en tant que grand romancier.
« Vous comprenez » dit l'écrivain presque dans un gémissement : « Dès lors que vous écrivez un roman où l'on doit penser...on ne vous lit pas ».
Un aveu qui en dit long ! Philippe Sollers en mauvais romancier n'est pas lu, et la chose semble insupportable pour l'auteur mondain qu'il se défend d'être...et pourtant !
Ayant personnellement versé mon obole dans l'escarcelle de l'auteur, par l'achat inconsidéré d'un de ses « romans » intitulé : « La fête à Venise », je confirme que monsieur Sollers n'est hélas ni un grand romancier, ni un Jean-Paul Sartre...dieu merci.
Gold31