Philippe Sollers
Par sanieptia le samedi 18 février 2006, 21:40 - Philippe Sollers - Lien permanent
Une vie divine
PAS DE REGRETS
Page 117 :
« - Vous pensez que vous avez vécu comme il fallait vivre ?
- Oui.
- Pas la moindre hésitation ?
- Non.
- Vous recommenceriez tout de la même façon ?
- Absolument.
- Encore ?
- Encore. »
Je suis sollersien.
ENFIN SOLLERS PARLE DE MOI
Page 127 :
« Le temps est donc venu, depuis longtemps, du philosophe clandestin, hors cadre, hors université, hors parti, hors médias, hors spiritualité, hors système. Il a déjà existé, il demande à exister de nouveau. »
Je fais ce que je peux... Et si je dois exister un jour, j'existerai.
NIETZSCHE CONSCIENT DE L'IMPORTANCE DE SON OEUVRE
Page 142 :
« Je suis d'aujourd'hui et d'autrefois, mais il y a quelque chose en moi qui est de demain et d'après-demain et de plus tard encore. »
Je ne suis pas aussi mégalo que Nietzsche, mais sincèrement, je ne serais pas surpris d'avoir quelque chose à voir avec demain (pas avec après-demain ou plus tard encore).
POESIE ET PHILO (NIETZSCHE)
« Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Les pensées qui mènent le monde viennent sur des pattes de colombes. »
NIETZSCHE CROIT EN SON AVENIR
Page 144 :
« Ce livre est réservé au plus petit nombre. Peut-être même, de ce petit nombre, aucun n'est encore né. »
ECRITURE
Page 145 :
Lors d'une séance, Nelly lit un morceau des Torrents spirituels de Mme Guyon, et ce que j'en retiens est :
« Ce qui me surprenait le plus était que cela coulait comme du fond et ne passait pas par la tête. »
L'art, selon moi - et les choses importantes en général - passent par des choses plus importantes que la tête (la tête, que nous, sociétés occidentales, avons un peu trop mis en avant...)
ECRITURE ENCORE (NIETZSCHE)
Page 165 :
« Une mosaïque de mots, où chaque mot, par sa sonorité, sa place, sa signification, rayonne sa force, à droite, à gauche et sur l'ensemble, un minimum de signes en étendue et en nombre, atteignant à un point maximum dans l'énergie des signes. »
« Un minimun de signes »... Que l'on écrive plus ou moins bien, on ne devrait pas s'écarter de ce commandement.
SOLLERS, ENTRE FULCANELLI ET NELSON MONFORT
Page 171 :
« Cependant, il a écrit des livres et il les a publiés. Je les lis, je les vis, je les relis, je les revis, j'appelle ça Une vie divine, roman écrit en l'an 116 de l'ère du Salut, autrement dit au début de ce que le faux calendrier s'obstine à appeler le 21e siècle. Si on persiste à dater en siècles (mais rien n'y oblige), on est donc au commencement du 2e siècle après la Révélation. J'ai ici toute ma raison, les autres livres me paraissent superflus et plats, prouvez-moi que j'ai tort. Vous ne pouvez rien, vous mentez, vous êtes forcés de mentir. Vous êtes des employés de la mort. Vous attendez que je meure, c'est tout. Des témoins ? Faux témoins. Des contemporains ? Mon oeil. Mes seuls témoins aujourd'hui, sont les montagnes, les prés, ce lac, ce rocher, cet océan, ces mouettes. L'espace est fait de points de densités et de méditation (là où quelque chose s'est vraiment passé, en réalité des trous dans l'abîme). Le temps se mesure autrement. Il se démesure, plutôt, ni trop tard ni trop tôt. Il vide. »
L'an 116... Sollers, dans son livre, choisit d'oublier Jésus-Christ et de faire commencer son calendrier en 1888, année de la publication (ou de l'écriture, je ne sais plus) de l'Antéchrist. Il en profite aussi pour faire passer nos siècles en chiffres arabes (allusion à la guerre du troisième millénaire qui a déjà commencée ?)
Point de vue personnel :
Sollers est un animal à sang froid. Il ne devrait pas essayer de s'emballer comme Nietzsche sait le faire.
Commentaires
L'année c'est 118. D'ailleurs ce changement de calendrier pose quelques problèmes de conversion. Vu que le jour du salut, premier jour de l'an 1 a lieu le 30 septembre 1888, ce calendrier changera d'année normalement tous les 30 septembre, vis a vis de l'ancien calendrier on conserve donc l'ordre des mois, mais on incrémente l'année tous les 30 septembre.
ce calendrier révolutionne certes, mais il conserve un peu aussi.
Dans l'infini 94, le chiffre 118 apparait sur la couverture en caractères romains de couleur rouge : CXVIII
Pour ce qui est du choix de ce nouveau calendrier, il y a le livre mais aussi plusieurs textes dans l'infini 93 et 94 :
- la mutation du divin
- qui suis-je ?
- antipodes