Une vie divine

CHARABIA, AMOUR, MORT
Page 94 :
« De retour à Paris, et après la lecture de quelques romans américains aussi barbants et faux les uns que les autres, excellente séance avec Nelly. Le texte choisi par elle est un très bon exemple de la bouillie nihiliste qui a déferlé dans le sillage de M.N. Pour colmanter sa percée et empêcher qu'il soit lu. Je le donne ici, il est facile d'en reconnaître l'auteur. Attention à la migraine :

« S 'approcher fait le jeu de l'éloignement. Le jeu du lointain et du proche est un jeu lointain. S'approcher des lointains est la formule qui tente de faire éclater les lointains au contact d'une présence alors qualifiée de lointaine, comme d'une certaine façon elle l'est toujours : ainsi à nouveau présence et lointain auraient partie liée ; présence lointaine, lointain d'une présence, les lointains seraient présents là-bas. Le proche alors seul serait préservé de la contamination d'une présence. Etre proche, c'est n'être pas présent. Le proche promet ce qu'il ne tiendra jamais. Louange à l'approche de ce qui échappe : la mort prochaine, le lointain de la mort prochaine. »

Action et renversement de ce charabia : le proche tient ce qu'il promet, faites l'amour, pas la mort. Faites l'amour comme si vous tuiez la mort. Oubliez les prédicateurs de la mort. »

J'aime le mot « séance », cela me rappelle mon ami Léautaud.
« il est facile d'en reconnaître l'auteur ». Pas assez cultivé, encore une fois, pour reconnaître. Et je ne le regrette pas. Impossible pour moi de lire ce genre de chose ; impossible de comprendre. Avant, j'avais peur de rater quelque chose en ne lisant pas les choses me rebutant. Aujourd'hui, je m'en fous, je me dis que si c'est vraiment intéressant, des « traducteurs » (journalistes ou autres) me feront passer ce savoir.
Faites l'amour comme vous faites l'amour, comme vous le pouvez, et le plus agréablement possible. Laissez la mort tranquille.