Philippe Sollers
Par sanieptia le jeudi 9 février 2006, 11:42 - Philippe Sollers - Lien permanent
Une vie divine
Page 42 :
« Faites l'expérience de vous dire sans cesse : j'étais là, je suis là, je serai toujours là, je suis avec moi jusqu'à la fin des temps, le ciel et la terre passeront, mais ma certitude de passera pas. »
Cela ne veut pas dire grand-chose pour moi. Par contre, pour lui, ça a l'air de marcher. Ecoutez la suite :
« Le résultat est terrifiant ou comique. A moins de prendre tout ça à la légère, sur la pointe des pieds, de marcher sur l'eau, de voler. Regardez : j'ai l'air d'un boeuf mais je plane, je suis une mouette, un faucon, un héron. Ma vie est dans les fleurs, les marais, les vignes, les vagues. Je migre, je transmigre, je me réincarne au jugé. On m'enterre, je ressuscite ; on m'incinère, mes atomes persistent et se recomposent un peu plus loin. Dans le monde humain, il m'arrive d'attendre longtemps avant de me reconnaître. J'ai des rêves, des attaques, des pressentiments, je fais des rencontres, je suis bien obligé d'admettre que je suis un autre, et soudain me revoilà, c'est plus fort que moi. Ici, il faut que je parle doucement à mi-voix, comme quelqu'un qui a peur de réveiller des gens qui dorment et qu'il aime. »
C'est beau, non ?
« et soudain me revoilà, c'est plus fort que moi. »
S'harmoniser avec ce plus fort que soi...
C'est une des clés du bonheur - peut-être la principale.