Lundi 22 août 2005

Dans Arts Magazine (N° 2 juillet/août 2005), Françoise Hardy dit : « Le grand art est d’essence divine » (c’est le titre de l’entretien).

« L’art, c’est la beauté – on pourrait presque dire la « divinité » - retrouvée. Cette beauté est indissociable de la douleur inhérente à la condition humaine, qu’elle sublime et justifie. Quand une oeuvre d’art me touche, je suis à la fois éblouie et déchirée, grandie et rapetissée. Quelle que soit la forme de sa manifestation, le grand art, celui qui est vraiment inspiré, est d’essence divine. Il exprime ce qui nous manque et ce vers quoi on tend aussi confusément que désespérément. »

Ce rapprochement entre l’art et dieu - quel qu’il soit, et même s’ils sont plusieurs – me plaît.
Je l’avais déjà relevé dans un ancien blog : le point de vue de Valerio Adami sur lequel j’étais tombé dans Art Actuel (N° 35 novembre/décembre 2004) :

AA : « Vous-même, croyez-vous en Dieu ? »
VA : « Si vous me demandiez une définition du divin, sous un angle catholique, protestant, juif, musulman ou bouddhiste, il me serait difficile de donner une réponse, mais je crois que l’art est l’envie et le désir de toucher le divin. C’est, d’ailleurs, toute l’histoire écrite par l’art occidental. »

Je crois que l’art du XXe siècle, l’art contemporain en particulier, s’est plus intéressé à l’humain qu’au divin, qu’il a voulu se séparer de Dieu qui le fatiguait, du Beau qui le fatiguait aussi, car nous étions de plus en plus nombreux à ne plus croire en ces bêtises. L’art contemporain nous a montré un nouveau « beau », donné de nouvelles pistes de réflexion ; mais il est aussi, indéniablement, l’expression d’un monde occidental quelque peu en perdition, désorienté par rapport aux choses divines, manquant de cadre (comme je le dis parfois) métaphysique.
Je crois que nous allons renouer avec le divin au XXIe siècle (et pas nécessairement avec le Dieu que nous connaissons ; nous sommes tout à fait capables, si le besoin s’en faisait sentir, d’inventer une nouvelle « religion »).
Ainsi, il est possible que l’art du XXIe siècle renoue avec un « beau » plus ancien - c’est ce que je crois. Et le travail d’Andy Goldsworthy, mais aussi d’Adami, et de beaucoup d’autres, en sont de bons exemples.