Tunis
Par sanieptia le mardi 7 février 2006, 10:32 - ma littérature - Lien permanent
Aéroport de Tunis-Carthage – Samedi 4 février 2006 – 13h00
J'ai une heure avant le départ de l'avion. Je bois une Celtia, au soleil, derrière une vitre. Le bar est immense ici, et hexagonal.
Je suis heureux, une fois de plus. J'ai vécu des choses fortes ici, et je me suis aguerri, une fois de plus. Cela m'arrive de plus en plus souvent d'être heureux, au point que je me dise, parfois, que je suis heureux. Je songe aussi (assez fier) à mon passé, et je me dis que je suis peut-être sage finalement, que j'ai réussi mon coup. Mais je sais aussi qu'il est encore bien tôt pour le dire – je n'ai que quarante et un ans et il peut se passer des millions de choses qui me ramèneront dans la misère, la soufrance. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours, dit un dicton plein de bon sens, je ne veux pas vendre la peau de l'ours.
Seulement, je vis des choses fortes, des choses fortes et positives, et j'ai besoin de l'exprimer.
Je n'ai pas besoin de crier sur les toits que je suis sage, que je suis peut-être le philosophe de demain, mais j'ai besoin de dire ce qui se passe en moi, comment tout ce que je touche se transforme en or, comment tout ce que je vis est merveilleux.
Pourtant, ce que je vis n'a rien rien d'extraordinaire – je vis d'une façon assez banale, plus ou moins comme tout le monde. Ce doit être ma façon de les vivre qui rend les choses extraordinaires et magiques, comme des surprises, des cadeaux, ma façon de penser surtout, de ressentir, d'analyser, mon regard sur les choses, sur la vie, sur moi-même.
Voilà pourquoi, quand je ressens tout cela, je me dis que j'ai peut-être réussi mon coup, que je suis un philosophe efficace.