J'écrirais bien moi aussi quelque chose
Par sanieptia le lundi 14 novembre 2005, 12:05 - ma littérature - Lien permanent
Je cite les autres, j’utilise les mots des autres pour partager ma pensée, mais cette pensée pourrait tout aussi bien s’exprimer par de petits faits, de petits textes que je pourrais écrire moi-même.
Je dois être patient, patient et travailleur, travailleur et courageux ; parce qu’il n’est pas l’heure d’écrire ces petits faits, ces petits textes.
Il n’est pas l’heure parce que je dois faire d’abord le point sur mon passé « littéraire ». J’ai mis en ligne un manuscrit un jour, Le journal du bistrot, et j’ai envie d’y ajouter tout le reste. A savoir un petit truc autobiographique intitulé Après les Jeux, on ne joue plus, ainsi que deux journaux intimes pas vraiment intimes : Vivre me tue (rien à voir avec Paul Smaïl) et Douce Folie. Ensuite, dans un autre style, il restera un roman pornographique : Souvenirs de ma vie. Quatre manuscrits à relire donc, à réécrire peut-être avant de les partager avec vous.
Il n’est pas l’heure parce que je suis boulimique de lectures, parce que j’ai envie de partager ces lectures – au moins ce que j’en retire pour mon propre compte. Mais un jour, le calme reviendra, j’en suis sûr. J’aurai moins besoin de montrer ce que je lis, ou j’aurai dit, de cette façon, ce que j’avais à dire.
En attendant, il me reste Alexandre Jardin et sa famille, Ardisson et sa vie, ses rapports à la littérature, Patrick Sébastien et ses amours avec une propriétaire ou gérante d’un club un peu chaud, Philippe Djian fan des Soprano et des séries américaines en général, qui veut lui-aussi faire sa série, Albert Jacquard, un scientifique qui parle comme un curé et qui nous propose sa philosophie, et pour finir, avant que la liste ne s’allonge, le temps que je lise tout ça, Charles Bukowski, mon idole littéraire et un de mes maîtres à penser, dont on vient de publier la correspondance. Je prendrai mon temps pour lui, le picorerai comme je le fais depuis des années avec Paul Léautaud ou Cioran (Cahiers 1957-1972), les grands hommes ayant droit à certains égards, et moi devant assurer mes arrières en période vaches maigres, quand je n’ai rien à lire, quand j’en ai marre de me documenter.
Voilà, à vu de nez, j’en ai pour quelques mois ou quelques années.
Je serai un homme neuf ensuite.
Déjà que je me sens neuf et jeune comme si j’avais vingt ans depuis mon nouveau boulot et mon divorce, Je vais peut-être devoir faire face à un bonheur insoutenable.
Vous tiendrai au courant, vous dirai si le bonheur, à hautes doses, se transforme en malheur.
Le chercheur, l’aventurier - le sage, ajouterais-je, si j’étais un peu plus fou - vous salue.