Houellebecq
Par sanieptia le jeudi 27 octobre 2005, 13:58 - Michel Houellebecq - Lien permanent
La possibilité d’une île
AMOUR ET SEXE
Page 221 :
« (...) j’avais par contre toujours eu besoin d’estimer pour aimer, jamais au fond je ne m’étais senti parfaitement à l’aise dans une relation sexuelle basée sur la pure attirance érotique et l’indifférence à l’autre, j’avais toujours eu besoin, pour me sentir sexuellement heureux, d’un minimum – à défaut d’amour – de sympathie, d’estime, de compréhension mutuelle ; l’humanité, non, je n’y avais pas renoncé. »
Un peu comme moi lorsque j’écris que je ne peux faire l’amour sans amour.
LA PUISSANCE DE L’AMOUR
OU
QUAND MICHEL HOUELLEBECQ REJOINT JEAN D’ORMESSON
Page 222 :
« Toute énergie est d’ordre sexuelle, non pas principalement mais exclusivement, et lorsque l’animal n’est plus bon à se reproduire il n’est absolument plus bon à rien. Il en va de même pour les hommes ; lorsque l’instinct sexuel est mort, écrit Schopenhauer, le véritable noyau de la vie est consumé ; ainsi, note-t-il dans une métaphore d’une terrifiante violence, « l’existence humaine ressemble à une représentation théâtrale qui, commencée par des acteurs vivants, serait terminée par des automates revêtus des mêmes costumes. » Je ne voulait pas devenir un automate, et c’était cela, cette présence réelle, cette saveur de la vie vivante, comme aurait dit Dostoïevski, qu’Esther m’avait rendue. A quoi bon maintenir en état de marche un corps qui n’est touché par personne ? Et pourquoi choisir une jolie chambre d’hôtel si l’on doit y dormir seul ? Je ne pouvais, après tant d’autres finalement vaincus malgré leurs ricanements et leurs grimaces, que m’incliner : immense et admirable, décidément, était la puissance de l’amour. »
Je ne pouvais que m’incliner devant l’immense et admirable puissance de l’amour...
STYLE
Page 223 :
« J’étais au milieu d’un paysage de montagnes, l’air était si limpide qu’on distinguait le moindre détail des rochers, des cristaux de glace ; la vue s’étendait loin au-delà des nuages, au-delà des forêts, jusqu’à une ligne de sommets abrupts, scintillants dans leurs neiges éternelles. »
Certains disent que Houellebecq n’a pas de style. Ils feraient mieux de dire que son style ne les touche pas, qu’ils ne prennent pas de plaisir à le lire.
On apprend aux enfants à dire « je n’aime pas » au lieu de « c’est pas bon ! ». Il semblerait que beaucoup d’adultes aient oublié ce principe de base intelligent et tolérant et respectueux.