Page 44 :
« Daniel 24, 2
Aujourd’hui que tout apparaît, dans la clarté du vide, j’ai la liberté de regarder la neige. C’est mon lointain prédécesseur, l’infortuné comique, qui avait choisi de vivre ici, dans la résidence qui s’élevait jadis – des fouilles l’attestent, et des photographies – à l’emplacement de l’unité Proyecciones XXI,13. Il s’agissait alors – c’est étrange à dire, et aussi un peu triste – d’une résidence balnéaire.
La mer a disparu, et la mémoire des vagues. Nous disposons de documents sonores, et visuels ; aucun ne nous permet de ressentir vraiment cette fascination têtue qui emplissait l’homme, tant de poèmes en témoignent, devant le spectacle apparemment répétitif de l’océan s’écrasant sur le sable. »
Un peu triste, en effet.

Page 53 :
Daniel 1, 3
« Mon plus grand succès en tant que scénariste principal fut certainement « DIOGENE LE CYNIQUE » ; contrairement à ce que le titre pourrait laisser supposer, il ne s’agissait pas d’un film en costumes. Les cyniques, c’est un point oublié de leur doctrine, préconisaient aux enfants de tuer et de dévorer leurs propres parents dès que ceux-ci, devenus inaptes au travail, représentaient des bouches inutiles ; une adaptation contemporaine aux problèmes posés par le développement du quatrième âge n’était guère difficile à imaginer. J’eus un instant l’idée de proposer le rôle principal à Michel Onfray, qui bien entendu se montra enthousiaste ; mais l’indigent graphomane, si à l’aise devant des spectateurs de télévision ou des étudiants plus ou moins benêts, se déballonna complètement face à la caméra, il était impossible d’en tirer quoi que ce soit. »
Apparemment, il n’aime pas Michel Onfray.

Page 56 :
"Optimisme"
« Daniel 24, 3
Les falaises dominent la mer, dans leur absurdité verticale, et il n’y aura pas de fin à la souffrance des hommes. »

Page 70 :
« Daniel 24, 5
Connaissant la souffrance des hommes, je participe à la déliaison, j’accomplis le retour au calme. »

Page 72 :
Amour, couple
« Daniel 1, 6
La solitude à deux est l’enfer consenti. Dans la vie du couple, le plus souvent, il existe dès le début certains détails, certaines discordances sur lesquelles on décide de se taire, dans l’enthousiaste certitude que l’amour finira par régler tous les problèmes. Ces problèmes grandissent peu à peu, dans le silence, avant d’exploser quelques années plus tard et de détruire toute possibilité de vie commune. »