Page 24 :
« Poésie »
« Quant aux droits de l’homme, bien évidemment, je n’en avais rien à foutre ; c’est à peine si je parvenais à m’intéresser aux droits de ma queue. »

Page 26 :
« Daniel 24, 1
Regarde les petits êtres qui bougent dans le lointain ; regarde. Ce sont des hommes.
Dans la lumière qui décline, j’assiste sans regret à la disparition de l’espèce. (...) Pour eux je n’éprouve aucune pitié, ni aucun sentiment d’appartenance commune ; je les considère simplement comme des singes un peu plus intelligents, et de ce fait plus dangereux. »
Pas très optimiste sur l’avenir de l’espèce, Michel. J’aime bien le : « et de ce fait plus dangereux ».

Page 31 :
Société de consommation.
« J’avais ainsi consommé, avec joie, des chaussures principalement ; puis peu à peu je m’étais lassé, et j’avais compris que ma vie, sans ce soutien quotidien de plaisirs à la fois élémentaires et renouvelés, allait cesser d’être simple. »
Je découvre pour ma part une certaine qualité de vie depuis que je suis fauché. Dans deux ans, quand ça ira mieux, j’essaierai de la conserver.

Page 32 :
Visiblement, il n’aime pas Nabokov.
« Moi non plus je n’avais jamais supporté ce pseudo-poète médiocre et maniéré, ce malhabile imitateur de Joyce qui n’avait même pas eu la chance de disposer de l’élan qui, chez l’Irlandais insane, permet parfois de passer sur l’accumulation de lourdeurs. Une pâte feuilletée ratée, voilà à quoi m’avait toujours fait penser le style de Nabokov. »
J’aime bien la comparaison avec la pâte feuilletée. Et je ne peux rien en dire d'autre puisque je n’ai jamais lu Nabokov.

Page 37 :
« C’est vrai, dit-elle. Il y a chez toi une franchise tout à fait anormale. Je ne sais pas si c’est un évènement particulier de ta vie, une conséquence de ton éducation ou quoi ; mais il n’y a aucune chance que le phénomène se reproduise dans la même génération. Effectivement, les gens ont besoin de toi plus que tu n’as besoin d’eux – les gens de mon âge tout du moins. Dans quelques années, ça va changer. »
Franchise. Houellebecq lui-même ? L’homme par qui le scandale arrive ? L’homme qui ose, contrairement à la plupart d’entre nous, dire ce qu’il pense vraiment ?

Page 38 :
Un peu d’amour, de tendresse, de romantisme, de profondeur.
Daniel et Isabelle viennent de passer la nuit ensemble.
"Il n’y aura pas d’interview ; c’était juste un prétexte pour te rencontrer."
« Elle me regardait droit dans les yeux, et j’étais dans un tel état que ces seules paroles suffirent à me faire bander. Je crois qu’elle fut émue par cette érection si sentimentale, si humaine ; elle se rallongea près de moi, posa sa tête au creux de mon épaule et entreprit de me branler. Elle prit son temps, serrant mes couilles dans le creux de la paume, variant l’amplitude et la vigueur des mouvements de ses doigts. Je me détendis, m’abandonnant complètement à la caresse. Quelque chose naissait entre nous, comme un état d’innocence, et j’avais manifestement surestimé l’ampleur de mon cynisme. »
Cela m’a rappelé une érection sentimentale, humaine. Elle s’appelait Florence.
Sincèrement, je trouve ce passage sentimental, humain. Je trouve ça très bien de sa part d’y parvenir tout en décrivant des choses sexuelles.