Beigbeder
Par sanieptia le mardi 31 mai 2005, 23:30 - Littérature - Lien permanent
Extrait de son dernier livre : L'égoïste romantique (Grasset) page 104
« Un type m’arrête dans la rue pour me dire que j’écris des choses jolies. Je le remercie et quelques pas plus loin, je réfléchis et me dis que tout mon problème est là : j’écris des choses jolies, quand donc écrirai-je des choses belles ? »
Un de ces jours, je vais lui écrire : « Mon cher, vous écrirez de belles choses, plus belles encore que celles que vous écrivez (et qui ne sont déjà pas si mal) dès que vous aurez trouvé votre âme.
Vous ne savez pas où elle est pour l’instant, votre âme. (Et je ne suis pas plus croyant que vous.)
Si vous arrêtiez de vous cacher derrière un personnage qui n’est pas vous (pas complètement en tout cas, et je ne parle pas d’Oscar Dufresne) peut-être que vous auriez une chance.
Mais il faudrait aussi envisager, sûrement, un changement de style, voire de vie.
Et si vos livres alors ne se vendaient plus ? Et si vous n’aviez plus envie de courir la nuit ? De vous déchirer entre le sexe et l’amour pour des « mannequins » ?
Que de changements !
Qui font que vous continuerez de vous plaindre (avec humour, heureusement) d’avoir honte de vous plaindre de tout ce que vous avez et que d’autres n’ont pas : argent, succès, relations intéressantes (du point de vue intellectuel), belles femmes...
Vous n’oserez pas.
Amicalement
Thierry
Commentaires
oui, le site web est vraiment facultatif.
J'aimerais écrire à ce Frédiric qui n'écrit pas si mal aussi. Auriez vous une adresse, un courriel, un fax, une boite de nuit ?
Merci.
Alexandre Rougeot. Rennes. 32 ans. Rien du tout encore.
Je ne lui ai jamais envoyé cette lettre.
Pour lui écrire, vous pouvez le faire par l'intermédiaire du magazine LIRE, où il tient une chronique.