Il s'agit du premier des Petits Poèmes en Prose (que j'adore). Pendant des Fleurs du Mal. Le spleen de Paris - Le Livre de Poche - page 27.

L'ETRANGER

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !

Pas gai parce que je me suis longtemps retrouvé dans de poème. Et je m'y retrouve encore (en partie seulement).
C'est aussi une façon de vous annoncer que je mettrai bientôt en ligne (sur u-blog) mes vieux écrits. Pas tout ce que j'ai pu remplir comme carnets (de poche) avant 1996, mais ce que j'ai écrit ensuite, en me jetant à l'eau, à la recherche d'éditeurs, de lecteurs...