Il s’agit d’Illuminations, de Philippe Sollers (Robert Laffont 2003, Folio 2005 pour le mien).

Et il ne s’y est pas mis tout seul...
Une véritable armée.
Ecoutez plutôt :
Hölderlin, Baudelaire, Mallarmé, Lautréamont, Rimbaud pour les poètes ; Lao-tseu, Parménide, Tchouang-tseu, Maître Eckhart, Nietzsche, Heidegger pour les penseurs ; Shakespeare et Novalis pour les écrivains ; Henry Purcell et Alfred Deller (chanteur) pour la musique.

Lui écrit assez peu dans ce livre, il nous présente sous le nez, sous les yeux, dans les oreilles, ce qu’ont fait des gens pour nous montrer cette Lumière, ou qui l’ont atteinte. Il écrit assez peu, mais ses lignes, au milieu de ces stars de la plume, ne font pas tache. Ce qui prouve que, contrairement à ce que pensent certains, il n’est pas si mauvais écrivain. C’est un livre de sensations, d’éveil, de la bonne nourriture pour la cervelle.

Cela fait longtemps que je lis Monsieur Sollers, et j’ai eu du mal au début, à cause de son érudition, de sa façon de nous dire les choses sans nous les dire. Je le comprends maintenant plutôt bien. Au moins un peu sa personnalité, sa démarche artistique, son message. Et je partage ce message. Il est un des rares auteurs (et penseurs) qui nous dit un petit peu ce qu’est la vie, comment on doit se démerder avec elle pour être un peu heureux, épanoui, et donc, pour en profiter. J’irais même plus loin : c’est un des rares, sinon le seul, à nous parler de demain (je parle d’artistes, pas de scientifiques).
Et quand j’évoque humblement, avec mon manque d’érudition, l’arrivée en douceur d’une nouvelle « religion » (ou plutôt de nouveaux repères) au XXIème siècle (11 et 14 janvier 2005), je me sens rejoindre cet homme.

Bonne lecture pour celles et ceux qui oseront.

J’oubliais, une citation qui termine le livre (comme on en met généralement au début, mais je ne connais pas le terme technique, ce genre de mot entrant chez moi par une oreille pour ressortir par l’autre, le contenu par contre m’intéresse toujours) :

« Je n’ai pas besoin de veaux pour comprendre mes ouvrages, mais de bons yeux bien illuminés ; aux autres, ils ne peuvent rien apprendre, si malins soient-ils. »
Jacob Boehme - Mysterium Magnum.

Cela m’a bien fait rire.

Mes livres préférés de Philippe Sollers pour finir : Femmes (1983), Portrait du joueur (1984), L’étoile des amants (2002).