Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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dimanche 8 janvier 2012

Emotions négatives

Samedi 7 janvier 2012

C'est pour aujourd'hui, la lettre à Mirabelle. C'est mon activité principale de la journée. J'ai décidé ça hier pendant que je lisais le merveilleux livre de Marie-Dominique Lelièvre sur Sagan - que ma soeur m'a offert à Noël. Je lui aurais écrit plus tôt si sa réponse à ma proposition de se revoir ne m'avait pas énervé. Je ne suis plus en colère. Je ne suis plus en souffrance (en tout cas pas pour cette raison). Et je sens qu'il faut poursuivre cette relation dans la plus parfaite transparence. J'ai ça à faire aujourd'hui et retrouver Guy. On s'est vu par-ci par-là depuis quelques semaines mais on n'a pas fait l'amour. Ce sera pour ce soir s'il n'y a pas d'imprévu. Parfois je me dis que si je pouvais être abstinent et supporter ma solitude, je serais plus heureux. Mais il s'agit encore d'une construction bizarre de mon esprit, un truc dont je dois me méfier, dicté par des émotions négatives.

samedi 7 janvier 2012

Travail, fantasme

Vendredi 6 janvier 2012

J'ai l'impression de n'avoir fait que travailler depuis mardi. Je pense que le fait d'avoir parlé à mes supérieurs en décembre m'a mis une sorte de pression. Une pression positive qui m'oblige à me bouger le cul, ne pas me mettre en retrait comme je le fais si souvent pour être tranquille - tranquille mais pas très heureux. Bref, je ne sais pas trop où je vais mais j'y vais, et c'est mieux que de s'emmerder.

Mirabelle me propose une séance de méditation le 19 janvier. J'ai lui ai répondu: "Oui, pourquoi pas?" Une expérience de plus. L'occasion de la revoir. Une méditation collective avec un lama. D'ici là, par écrit, je lui aurai dit pourquoi je me suis emballé après qu'elle m'eut retrouvé sur Facebook, comment j'ai imaginé qu'elle pouvait être cette femme célibataire ne désirant pas une vie de couple mais un ami-amant.

vendredi 6 janvier 2012

Une page d'écriture parfaite

"Le pré devant la fenêtre est une page d'écriture parfaite. Tout y vibre, rien de mort."

Christian Bobin - Les ruines du ciel

jeudi 5 janvier 2012

Adieu Mirabelle, et le fantasme qui l'accompagnait

Lundi 2 janvier 2012

Comme prévu, la bière m'a fait décoller hier avant de me faire retomber lourdement sur le sol. J'était trop heureux, intelligent, trop bon écrivain pour pouvoir me limiter aux deux bières qui auraient fait mon bonheur. En ai bu quatre. Pas de sieste. A peine le temps de manger avant d'aller retrouver mon fils. Un billard était prévu à 17h et on devait manger sur place ensuite. Mais c'était fermé. Nous sommes allés regarder la télévision chez Guy. Un truc débile avec des scientifiques de haut niveau qui imaginaient différentes façon pour que la Terre soit détruite. Il n'y a que la dernière que j'ai trouvée un peu cohérente: deux univers comme deux feuilles de papier entrant en contact et créant un nouveau big bang, retour à la case départ. Un restau ensuite, la brasserie du centre-ville. On n'avait faim ni l'un ni l'autre, mais on a bien parlé, passé un bon moment, et ça, c'est plus important que le gaspillage d'argent. Ce fut la chute pour moi ensuite, après avoir déposé mon fils chez lui. J'étais malade. Je me sentais malade. Mon ventre, mon cerveau, rien ne semblait fonctionner. Suis allé me réfugier chez Bruno. On a parlé et ça m'a fait du bien. J'ai regardé le début d'un film avant de rentrer chez Guy, bien décidé à ne pas me laisser sombrer. Réponse à un e-mail de Faby, méditation (difficile), sommeil (difficile). Et aujourd'hui, je continue de m'activer pour que tout se passe bien.

La mauvaise nouvelle que m'a envoyée Mirabelle a sûrement contribué à cette chute. Dans l'après midi, après ma séance de bière et d'écriture, j'étais heureux d'avoir un message d'elle. Hélas, il ne racontait pas du tout ce que j'avais envie d'entendre. Je lui avais demandé si on allait se revoir un de ces jours. Elle me souhaitait la bonne année et me conseillait de ne pas trop faire d'acrobaties dans ma tête (cela m'a rappelé mon envol avec Faby et comment cette dernière avait fini par me calmer). Pour ce qui était de se revoir, elle suggérait - avec un humour qui ne m'a pas fait rire - que si Laure se produisait à nouveau sur scène on pourrait aller la voir. Ok, j'avais compris. Elle n'était pas intéressée par une relation d'amants - cette relation qui me faisait rêver. Je lui ai répondu immédiatement et ça m'a soulagé. Reste plus qu'à avaler la pilule, à la digérer.

mercredi 4 janvier 2012

Nouvelle année

Dimanche 1er janvier 2012

Me suis essayé à la critique de spectacle hier. Ca a donné ça:

J'ai trouvé la pièce de Vincent Delerm, Memory, moyenne jeudi soir. Agréable parce qu'animée d'une sincère volonté de faire quelque chose d'authentique, mais ratée parce que l'objectif de la pièce, nous faire ressentir le temps qui passe - et tout ce qui passe avec lui et, pourquoi pas, ce qui naît avec lui! - ne passe pas, justement. C'est écrit en toutes lettres sur le site du Théâtre des Bouffes du Nord: "Memory parle de notre rapport au temps, aux âges de la vie et à la disparition." Donc, objectif non atteint. Sa pièce pourtant, telle qu'elle est, aurait pu être meilleure, si les chansons qui en font partie avaient été meilleures, plus fortes. Hors, de chansons fortes, il n'y eu pas. Seulement des chansons que l'on avait l'impression d'avoir déjà entendues ("on", ce sont des gens comme moi qui connaissent toutes ses chansons de Vincent). Ma conclusion est qu'il n'a pas encore assez vieilli ou mûri ou souffert, pour pouvoir écrire ces chansons fortes, qu'il est encore dans l'adolescence de son art qui a fait son succès - et dans laquelle il restera peut-être toujours si c'est son truc. Affaire à suivre...

Je commence l'année à la bière, mais je vais me calmer très vite parce que je vois mon fils à cinq heures pour un billard suivi d'un dîner. Hors de question d'être saoul avec mon fils. En conséquence, après cette séance d'écriture, je retournerai sagement chez Guy pour voir si la belle Mirabelle m'a fait signe avant de manger un morceau et faire une sieste.

Il fait chaud, il fait doux aujourd'hui, la ville est calme et le café animé, c'est parfait.

L'alcool me donne l'impression d'être intelligent. Mais ce soir ou demain, quand la gueule de bois sera là, c'est sûr, je me trouverai beaucoup moins intelligent.

L'alcool me donne l'impression d'être heureux, que la vie est belle, que je vais bien, que je suis efficace et que je vais réussir tout ce que j'ai prévu de réussir. Ne vais pas répéter ce que j'ai déjà dit sur la gueule de bois. Il sera toujours temps de souffrir quand il sera l'heure, c'est-à-dire quand mes pieds rencontreront à nouveau la Terre.

C'est le jour des bonnes résolutions. Je n'en ai pas. Je n'ai que le désir que tout continue de bien se passer. Le désir de poursuivre, d'une façon plus ou moins magique, le beau chemin sur lequel je suis engagé depuis ma rencontre avec Isabelle. Un drôle d'électrochoc cette relation avec Isabelle. Chemin poursuivi brillamment avec Guy et Faby. Et je ne nomme pas Bruno et Elodie qui sont toujours là parce qu'il ne représentent pas d'électrochoc mais le charme de la stabilité. Ce sont mes amis.

Dehors, puisque le café vend aussi des journaux, sur une pub pour le magazine Le Point, il est écrit: "Quand Dieu était une femme". Ca me plaît. Cette idée que Dieu a été un jour, quelque part, une femme. Et quand je pense à Mirabelle, ou à la femme qui me conviendrait, je me demande dans quelle mesure ce n'est pas après ce fameux Dieu que je cours, moi qui suis athée.

Plus qu'une chose à écrire et je vais faire la sieste pour être en forme avec mon fils.

2012 sera l'année la plus importante de ma vie parce que je vais atteindre en tant qu'écrivain mon sommet. Il y aura toujours, bien sûr, quelques améliorations, une évolution, mais le gros du travail sera fait.

mardi 3 janvier 2012

L'art dans la souffrance

Samedi 31 décembre 2011

Même programme qu'hier: faire des choses utiles. Et ce sera encore pareil demain et après-demain. Quelle vie intéressante je vis! Une vie utile, une vie de labeur. Une belle vie finalement! Pas toujours drôle cela va de soi mais, est-ce que ce n'est pas l'une des principales caractéristiques de la vie que de ne pas être toujours amusante? N'ai rien raconté de mon séjour à Clermont-Ferrand. Je me demande si je dois le faire. Le positif est que je me sens libre de le faire ou pas.

Je me suis senti moins bien avec mes parents que les fois précédentes. Ne me suis pas pour autant échappé dans l'alcool - sans efforts particuliers, ce qui constitue un autre point positif. Ma réjouissance lors de ce séjour fut de voir mon fils ouvert comme un petit soleil, détendu dans cette ambiance morose et peu constructive. Nous avons bien fait avec sa mère de le protéger de ces grands-parents toxiques.

Le soleil était avec nous. Trois quarts d'heure de marche difficile, les poumons prêts à éclater, avant d'atteindre le sommet du Puy de Dôme mardi. De nombreux volcans au nord, parfaitement éclairés par le soleil couchant, un tapis de nuages dans la vallée à l'est, les monts enneigés au sud. De belles images et du grand air. Même genre de programme le lendemain, avec mon père cette fois, parce qu'il n'y avait pas de pente raide à grimper: Le plateau de Gergovie. C'est là que se situait la ville il y a plus de 2000 ans, là que Vercingétorix a un peu freiné César dans sa conquête de la Gaule. Un horizon à 360°. Un peu de neige sur les Monts du Forez à l'ouest, la plaine extra plate de l'Allier au nord, et puis Clermont-Ferrand à gauche, enchassée par les volcans à l'est, les stations de ski toujours enneigées au sud. Une bonne et belle heure de marche au soleil et au grand air.

Le livre de Sempé, Enfances, a beaucoup plu à mes parents. Le hasard a voulu de plus que l'on entende cet homme paisible à la radio mercredi. Ma mère était ravie. Encore un artiste qui s'est construit dans la souffrance. A ce sujet, je vous donne à lire un morceau de Bobin publié récemment sur mon blog sous le titre: "Aux origines de l'art":

""Enlevez-moi ça": c'est ce que dit la mère de Callas à sa naissance, avant de reprendre sa fille quatre jours après. Le chant non humain de la diva monte de l'enfer de ces quatre jours."

C'est extrait de son livre, Les ruines du ciel, que je continue de picorer en ce moment.

Un seul point négatif finalement lors de ce séjour: le sentiment d'être à des années lumières de mes parents, de ne pas pouvoir communiquer avec eux, la conviction qu'il est trop tard pour que cela change car, les uns et les autres, nous avons pris trop de mauvaises habitudes, la très désagréable certitude que je le regretterai après leur mort en me disant: "j'aurais pu faire ci, ou ça, dire ça..." Voilà de quoi m'encourager à poursuivre mon chemin d'ouverture, de compassion et de maturité. Car, de cette façon, un miracle sera toujours possible.

lundi 2 janvier 2012

Une fin d'année occupée

Vendredi 30 décembre 2011

Franck part en fin de matinée chez des amis en Mayenne. Ils irons ensuite (demain) au bord de la mer retrouver d'autres amis pour finir l'année en dansant. Cela ne me fait pas envie. Emilie m'a proposé le même genre de soirée l'autre jour mais j'ai décliné. Vais me la jouer solo. Bertrand, avec lequel nous unissons parfois nos solitudes, est en province. J'irai chez Franck, au calme, pour ne pas avoir l'air d'un animal bizarre chez Mathurine. Les gens normaux prennent facilement en pitié ces animaux bizarres et je n'aime pas ça. Ils tentent de faire leur bonheur et tombent souvent à côté, justement, parce qu'ils sont bizarres.

Des journées actives m'attendent. Le fauteuil de ministre que m'a donné Mathurine il y a un mois en pièces détachées est toujours sous plastique. Ai échoué lors de la première tentative de montage il y a deux semaines. Un fauteuil made in très loin je suppose, venu d'un pays où l'on est pas très regardant sur la longueur des vis ou la grosseur des trous. Ai emprunté la perceuse de Franck et décidé à venir à bout de cette entreprise périlleuse. Il y a aussi Les neiges du Kilimandjaro que je veux aller voir avant qu'elles ne disparaissent des écrans de mon cinéma préféré. Et Hugo Cabret car je sens que cette histoire d'enfant va me raconter des choses importantes. Mes comptes, après toutes les dépenses nécessaires du mois de décembre. La piscine? Je ne crois pas. Je vais définitivement oublier les cinquantes euros que je leur ai donné pour l'année et me mettre au yoga, chaque matin, après la méditation. Cette activité sera plus en accord avec là où je vais. Je dois bouger mon corps. Ca devient une nécessité. Car je sens que ce dernier commence de mal vieillir. Les courses et le ménage pour finir l'année dans un endroit propre et ordonné. De la lecture, des revues scientifiques que mon père m'a données, un livre pour découvrir le yoga, "Tue-le!" de Ludovic Janvier pour rester en contact avec Laure, accessoirement pour m'améliorer en tant que critique de spectacle, des nouvelles de Sagan que mon père m'a achetées pour le plaisir d'entendre à nouveau son écriture étonnante et sautillante. Le coiffeur parce que j'ai une masse de cheveux informe sur la tête. Voilà, ma fin d'année devrait être bien occupée!

samedi 31 décembre 2011

"Memory" - Vincent Delerm

J'ai trouvé la pièce de Vincent Delerm, Memory, moyenne jeudi soir. Agréable parce qu'animée d'une sincère volonté de faire quelque chose d'authentique, mais ratée parce que l'objectif de la pièce, nous faire ressentir le temps qui passe - et tout ce qui passe avec lui et, pourquoi pas, ce qui naît avec lui! - justement, ne passe pas. C'est écrit en toutes lettres sur le site du Théâtre des Bouffes du Nord: "Memory parle de notre rapport au temps, aux âges de la vie et à la disparition." Donc, objectif non atteint. Sa pièce telle qu'elle est aurait pu malgré tout être meilleure si elle avait été soutenue par des chansons plus fortes. Hors, de chansons fortes, il n'y eu pas. Seulement des chansons que l'on avait l'impression d'avoir déjà entendues ("on", ce sont les fans comme moi qui connaissent toutes ses chansons). Je pense qu'il n'a pas encore assez vieilli ou mûri ou souffert pour pouvoir écrire ces chansons, qu'il est encore dans l'adolescence de son art qui a fait son succès. Et dans laquelle il restera peut-être toujours si c'est son truc... Affaire à suivre...

vendredi 30 décembre 2011

Thierry et les femmes

Dimanche 25 décembre 2011

Un réveillon calme et correctement arrosé avec Franck hier soir. Champagne, Pouilly Fuissé, Mercurey, petits fours, fois gras, escargots, chapon laqué aux figues et aux marrons cuisiné par maître Picard. Vas, vis et deviens ensuite, dans la chambre de Franck, un film de Radu Mihaileanu que m'avait prêté un collègue de travail. Légère gueule de bois après le film. Dodo. Pas de whisky ni de sexe le jour du Père Noël.

Chez Emilie, vendredi et samedi, nous sommes venus à bout de son parquet poisseux. Le bouchonneur n'est pas passé mais nous a expliqué comment faire pour démonder l'évier sans innonder l'appartement. Nous avons donc fini de détruire la cuisine et Emilie nous a remercié en nous payant un déjeuner chez Jean. Son homme qui n'est pas son homme tout en étant son homme mais plus pour longtemps était là, ambiance de couple pourrie qui ne nous a pas empêché de passer un bon moment. Un dernier voyage à la déchèterie puis un moment de calme, chacun de son côté, avant de se retrouver pour aller acheter les bonnes choses citées plus haut.

Une belle surprise vendredi après-midi: Le Havre, de Aki Kaurismaki, une oeuvre d'art intéressante, émouvante. Une autre oeuvre d'art le soir, mais moins réussie: Carnage, de Roman Polanski. J'ai trouvé Kate Winslet surperbe, en tant qu'actrice d'abord puis en tant que femme plus que bandante dans le costume de son personnage. Le même genre de beauté que Monica Belluci. Une perfection de rondeurs qui doit nous chatouiller l'Oedipe.

Mirabelle, la jolie quincagénaire qui me rapelle Isis (en plus léger et joyeux) avec des formes épanouies comme les actrices citées plus haut, entretient l'échange sur Facebook. Elle part cinq jour méditer au Bhoutan. C'est bien. Nous avons une activité en commun. Laure m'a attrapé en conversation instantannée alors que j'écrivais à Vanessa. Ca n'a pas été bien loin. Mais je me demande dans quelle mesure mon indifférence à son égard ne l'énerve pas un peu. Un message de Faby pour finir, un "Joyeux Noël" faché de mon silence de Casper. Elle me demande si j'ai une nouvelle muse. Sincère et méchant, je lui ai répondu que j'en avais plusieurs. Et puis, moins honnête, j'ai ajouté que je faisais passer des casting en ce moment pour occuper et alléger ma triste vie. Vais l'appeler dans l'après-midi car cette petite fée occupe encore une place importante dans mon coeur. Et puis je crois que je vais me remettre à lui écrire. Un petit mot par-ci par-là, sans me soucier de ses réponses ou silences. Mon ami plombier, couvreur et philosophe, Daniel Guillerme, m'avait dit il y a plus de 20 ans que les femmes me perdraient. Serait-ce le début de la chute?

jeudi 29 décembre 2011

La magie du présent, ou: ces miracles que nos prétentions négligent

"Depuis que sa mère a la maladie d'Alzheimer, P. ne parle plus avec elle que du présent. Ils passent de longs moments ensemble à discuter de la forme des nuages dans le ciel. Un jour elle lui demande de venir de toute urgence "voir une merveille": c'est pour lui montrer le chat endormi sur un coussin. Un autre jour elle rit aux larmes devant un petit citron poussé sur le citronnier dans son jardin. Sa maladie fait d'elle une visonnaire sans écriture. Les extases qu'elle subit lui donnent à voir les miracles que nos prétentions négligent."

Christian Bobin - Les ruines du ciel

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