Dimanche 1er janvier 2012
Me suis essayé à la critique de spectacle hier. Ca a donné ça:
J'ai trouvé la pièce de Vincent Delerm, Memory, moyenne jeudi soir.
Agréable parce qu'animée d'une sincère volonté de faire quelque chose
d'authentique, mais ratée parce que l'objectif de la pièce, nous faire
ressentir le temps qui passe - et tout ce qui passe avec lui et, pourquoi pas,
ce qui naît avec lui! - ne passe pas, justement. C'est écrit en toutes lettres
sur le site du Théâtre des Bouffes du Nord: "Memory parle de notre rapport au
temps, aux âges de la vie et à la disparition." Donc, objectif non atteint. Sa
pièce pourtant, telle qu'elle est, aurait pu être meilleure, si les chansons
qui en font partie avaient été meilleures, plus fortes. Hors, de chansons
fortes, il n'y eu pas. Seulement des chansons que l'on avait l'impression
d'avoir déjà entendues ("on", ce sont des gens comme moi qui connaissent toutes
ses chansons de Vincent). Ma conclusion est qu'il n'a pas encore assez vieilli
ou mûri ou souffert, pour pouvoir écrire ces chansons fortes, qu'il est encore
dans l'adolescence de son art qui a fait son succès - et dans laquelle il
restera peut-être toujours si c'est son truc. Affaire à suivre...
Je commence l'année à la bière, mais je vais me calmer très vite parce que
je vois mon fils à cinq heures pour un billard suivi d'un dîner. Hors de
question d'être saoul avec mon fils. En conséquence, après cette séance
d'écriture, je retournerai sagement chez Guy pour voir si la belle Mirabelle
m'a fait signe avant de manger un morceau et faire une sieste.
Il fait chaud, il fait doux aujourd'hui, la ville est calme et le café
animé, c'est parfait.
L'alcool me donne l'impression d'être intelligent. Mais ce soir ou demain,
quand la gueule de bois sera là, c'est sûr, je me trouverai beaucoup moins
intelligent.
L'alcool me donne l'impression d'être heureux, que la vie est belle, que je
vais bien, que je suis efficace et que je vais réussir tout ce que j'ai prévu
de réussir. Ne vais pas répéter ce que j'ai déjà dit sur la gueule de bois. Il
sera toujours temps de souffrir quand il sera l'heure, c'est-à-dire quand mes
pieds rencontreront à nouveau la Terre.
C'est le jour des bonnes résolutions. Je n'en ai pas. Je n'ai que le désir
que tout continue de bien se passer. Le désir de poursuivre, d'une façon plus
ou moins magique, le beau chemin sur lequel je suis engagé depuis ma rencontre
avec Isabelle. Un drôle d'électrochoc cette relation avec Isabelle. Chemin
poursuivi brillamment avec Guy et Faby. Et je ne nomme pas Bruno et Elodie qui
sont toujours là parce qu'il ne représentent pas d'électrochoc mais le charme
de la stabilité. Ce sont mes amis.
Dehors, puisque le café vend aussi des journaux, sur une pub pour le
magazine Le Point, il est écrit: "Quand Dieu était une femme". Ca me plaît.
Cette idée que Dieu a été un jour, quelque part, une femme. Et quand je pense à
Mirabelle, ou à la femme qui me conviendrait, je me demande dans quelle mesure
ce n'est pas après ce fameux Dieu que je cours, moi qui suis athée.
Plus qu'une chose à écrire et je vais faire la sieste pour être en forme
avec mon fils.
2012 sera l'année la plus importante de ma vie parce que je vais atteindre
en tant qu'écrivain mon sommet. Il y aura toujours, bien sûr, quelques
améliorations, une évolution, mais le gros du travail sera fait.