Dimanche 25 juillet 2010
De retour chez moi, mardi, contrôle technique de la voiture, puis Tour de
France, puis récupération de mes affaires de camping chez Bruno. Je me couche
tôt avec Léautaud. Travail mercredi - qui se passe bien. J'avais un peu
d'appréhension après une semaine à ne rien faire. Franck me rejoint au château.
Je lui ai préparé une bonne bouffe, avec du bon vin. Nous faisons enfin l'amour
- cela faisait longtemps. Jeudi, nous allons à Paris pour rendre la voiture de
son entreprise qui était en location longue durée. Nous déjeunons à Augers. Il
doit récupérer son cabriolet et se préparer lui aussi pour les vacances avec
son fils - il part comme moi vendredi - puis il me rejoint en fin d'après-midi.
Tout est prêt pour accueillir Emilie et son homme qui viennent manger à la
maison. Nous arrosons la vente de la boulangerie de Franck, notre changement de
vie. J'ai soif - et je ne suis pas le seul. Deux bouteilles de champagne sont
vidée à l'apéritif. Emilie est très belle. Cela faisait lontemps que je n'avais
pas eu envie d'elle. Du coup, je ne lui ai pas fait le moindre compliment sur
sa beauté, de peur que mon désir ne s'exprime un peu trop - pas envie de
déplaire à son homme. Elle semble aller bien. J'ai eu soif à l'apéro mais
ensuite je me suis calmé. Un vieux et délicieux Bordeaux apporté par Franck et
rien d'autre. Je poursuis ma lutte contre l'alcool. Je n'ai pas envie de faire
l'amour mais Franck me force un peu. Il est convenu qu'il se branle en me
suçant et qu'il m'avertisse de la venue de son plaisir pour que je jouisse en
même temps. Cette situation me plaît, me permet de l'accompagner. Mais il ne me
prévient pas. J'étais prêt à dormir sans jouir mais il s'est occupé de mes
mamelons et je me suis branlé. Fin des préparatifs vendredi matin avant le
départ, lui pour la Loire Atlantique, moi pour les Landes.
Lundi 26 juillet 2010
Avec mon fils, nous avons décidé de passer la nuit à Angoulême, pour être
frais le lendemain au Vieux Boucau. Etap Hôtel au centre ville, parking du
centre commercial. En voyant toutes les fresques sur les murs, j'ai percuté que
c'était là qu'avait lieu chaque année un important festival de bande dessinée -
Hergé a même sa tête, une grosse tête de bronze, sur une place. Nous rejoignons
les ramparts au sud-est et nous les suivons, au sud, puis à l'ouest, et
jusqu'au nord, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent. Nous avons presque fait le tour de
la ville. Une belle promenade. Et, comme les choses se passent bien parfois,
nous arrivons dans la zone des restaurants et nous avons faim. Un magret pour
moi, une entrecôte pour lui. De la bonne viande. De la limousine, je suppose.
Télé à notre retour, la deuxième moitié du film avec Bénabar et Franck Dubosc.
Amusant. J'ai pensé que si Bénabar avait été meilleur acteur, ce film aurait pu
faire un carton. Bloqués à Bordeaux le lendemain. Pour cause de Tour de France
(contre la montre désisif) et de période classée rouge pour les départs et les
retours dans toute la France. On finit par s'en sortir et par arriver au Vieux
Boucau vers 16h. Frites et pizza au centre ville. On n'avait rien mangé depuis
le matin.
Mardi 27 juillet 2010
Mon fils m'a dit hier que le voisin avait souri en nous voyant monter la
tente. Souri ou pas, nous nous sommes débrouillés comme des chefs - bien mieux
qu'à Cherbourg il y a un an. Un minimum d'installation et puis la plage.
Beaucoup de monde, rien à voir avec le petit village que j'imaginais. Mais
c'est grand, immense, même si les zones de baignade surveillées sont étroites.
Des surfeurs à droite et à gauche, la baignade au milieu, pas ailleurs à cause
des courants dangereux. Au retour, à la petite épicerie en face du camping,
nous achetons des steaks hachés, des merguez et des petits pois. Voilà, on est
tranquilles jusqu'à dimanche midi. Le soir, nous découvrons que c'est un
camping bruyant. Nous allons faire un tour sur la plage pour apercevoir la
première étoile et voir s'atténuer les couleurs orange au-dessus de la mer.
Nous attendons que le calme s'installe au camping comme si nous attendions une
surprise. Eh bien, c'est à minuit moins le quart que la surprise est arrivée.
Le matin, à sept heures, certaines personnes parlent déjà fort. C'est
effectivement un camping bruyant. A part nous, cela ne semble déranger
personne. Je les comprends. Ils sont en vacances. Les mômes se défoulent
jusqu'à onze heure et demi. C'est ainsi. Ils doivent bien dormir ensuite. Des
courses le dimanche matin, au supermarché (Ceréales, crème solaire etc.), puis
mon fils passe sa journée dans l'eau. Heureusement qu'il y a des nuages sinon,
j'aurais passé ma journée à m'enduire de crème protectrice. Mon fils adore
l'eau, les vagues. C'est un bonheur de le voir s'amuser. Beaucoup de belles
femmes sur la plage, et ailleurs. C'est frustrant. Je décide de ne pas me
laisser perturber. Je mets l'interrupteur de ma machine à fantasmes sur off. Le
soir, nous nous endormons malgré le bruit. A trois heures, mon fils me rejoint.
Un abruti a tapé sur sa tente et lui a fait peur. Nous passons une très bonne
nuit tous les deux. Cela me plaît de l'avoir près de moi.
Mercredi 28 juillet 2010
Lundi matin, je merde. Un peu avant onze heures, nous nous dirigeons vers
l'école de surf qui est sur la plage. Vu son look, c'est sûr que c'est celle-là
que j'ai choisie sur internet. Comme pour le camping, les papiers de
réservation sont restés sur mon bureau et je ne me rappelle plus du nom de
l'école. Une fois sur place, ils ne trouvent pas mon fils sur leur liste. Ce ne
peut être l'autre école de surf en haut de la dune, trop commerciale,
sponsorisée par une marque: Billabong. J'explique au type que je n'ai pu
choisir celle-là. Il m'en indique une troisième, alors que je pensais qu'il n'y
en avait que deux. On est en retard. Je suis stressé. Et le sable ne nous aide
pas à progresser. J'ai de plus en plus de doutes. L'école à laquelle j'ai
inscrit mon fils était indiquée sur le plan proche de notre camping. Mais je
suis lancé, stressé et lancé et je ne réfléchis pas trop. J'y vais. Avec mon
fils qui me suit péniblement à une dizaine de mètres. Pas de fils non plus à
cette école. Je leur demande si je peux aller sur internet retrouver l'image,
l'école à laquelle j'ai inscrit mon fils. Mais ce n'est pas possible. Ils ont
d'autre choses à faire avec leur ordinateur. Et là, je réagis enfin. Je me
souviens que j'ai appelé il y a quelques semaines pour demander confirmation de
l'inscription - aussi au sujet du brevet de 50 mètres de natation. Donc j'ai
leur téléphone, je peux les appeler. Et je m'en veux de ne pas y avoir pensé
plus tôt, je m'en veux d'être aussi con parfois, si peu efficace quand je suis
pris par le stress ou l'émotion. Je les appelle. C'est bien l'école
commerciale. Le type est sympa et me dit qu'il nous trouvera une place pour
13h. Nous y allons, par l'intérieur des terres cette fois, et puis nous nous
arrêtrons. Mon fils a cassé sa planche de body surf la veille et j'ai depuis
l'idée de lui faire ce cadeau: une planche de qualité. L'école dont nous venons
en vend. Nous revenons sur nos pas. Sans taper dans le haut de gamme, nous
choisissons un bel objet. Au moins une bonne chose de faite pour cette matinée.
Mon fils est content. Content et gêné. Il voulait payer pour cette planche, au
moins une partie. Je lui dit non, que cela me fait plaisir, que je ne lui fais
pas de gros cadeaux pour Noël ou son anniversaire, que je me rattrape à
l'occasion, que cela me fait plaisir. Nous voilà enfin chez Billabong où une
charmante brune émet des réserves pour 13h. Nous rentrons. Une pause coca pour
lui, bière pour moi. Il est grand temps de faire cuire les pâtes pour être à
l'heure pour le stage. A 13h il a sa place et je me calme un peu. Un peu parce
que depuis samedi soir je ne vais pas très bien. Ma conclusion aujourd'hui est
que lorsque je change d'endroit, de vie, il me faut à peu près faut quarante
huit heures pour être à nouveau bien, au moins "normal". En attendant, c'est le
stress, et j'ai besoin de ma bulle pour m'y retrouver - une façon de s'isoler,
de retrouver la protection du ventre maternel?
Jeudi 29 juillet 2010
Après cette premiere séance de surf, on rentre au camping. Mon fils meure
d'envie d'essayer sa nouvelle planche de body mais je le calme. Je viens de
cuire deux heures sur la plage et j'ai besoin d'une pause. Il faut faire
quelques courses aussi. A 17h, il est de nouveau dans l'eau, mais à 18h, il est
cuit. Je lui prête ma serviette et il roupille sur la plage. Pour moi, c'est la
meilleure heure, quand le soleil se montre plus doux. On dîne tôt. On se couche
tôt: 21h30. Malgré le bruit, on dort. Mardi, je retrouve mon rythme: un petit
temps d'écriture après le petit déjeuner, pendant que mon fils prend sa douche.
J'ai trouvé un coin à l'ombre derrière la tente. C'est bien agréable d'écrire,
même si ce ne sont que des descriptions rapides de notre séjour. Cela me fait
du bien, comme la bulle dont j'ai besoin régulièrement. C'est mieux que le
ventre de la mère, parce que je suis à l'intérieur tout en étant à l'extérieur.
De plus, cette activité m'aide à me relier au monde - que je n'aime pas la
plupart du temps, dans lequel je ne me sens pas bien. Puis la plage, dès le
matin, toujours pour profiter de la nouvelle planche. Seulement une heure. La
séance de surf est à 13h et il faut manger. Pâtes habituelles. C'est notre
habitude ici, pour ne pas s'embêter avec la nourriture: pâte ou riz le midi, un
repas plus élaboré le soir. Courses après le surf. Je m'achète enfin le maillot
de bain dont j'avais besoin depuis plusieurs années. Le mien n'avait plus de
forme et par endroits on voyait au travers. Achat de cartes postales aussi,
dont une rigolote et sexuelle pour le grand-père maternel de mon fils. Re-plage
à 18h. Mon fils ne tient pas longtemps. Une belle femme à côté de nous est
inerte depuis que nous sommes arrivés. Son homme est parfois près d'elle mais
elle ne bouge pas d'un milimètre. Ses mamelons sont percés d'anneaux
métalliques. A un moment, il se met à la branler. Par dessus son maillot.
Gentiment mais longuement. Elle ne bouge pas. Puis il insiste, de plus en plus
fermement. Je ne comprend pas pourquoi elle ne bouge pas, pour accepter sa
caresse ou la repousser. Cela m'inquiète. Elle ne bouge pas du tout. Comme si
elle avait perdu connaissance. Je fais patienter mon fils mais au bout d'un
moment, il faut y aller. Il n'est pas bien. Il veut rentrer. En haut de la
dune, à côté du poste de secours, c'est moi qui ne suis pas bien. La femme n'a
toujours pas bougé. L'homme a l'air de la secouer gentiment et elle ne réagit
pas. J'ai l'impression qu'il commence d'être inquiet lui aussi. Je ne peux
partir avec ce doute. De plus, les CRS Nageurs Sauveteurs vont fermer la
boutique. Je m'approche de l'un d'eux et lui dit sincèrement mon inquiétude.
J'ai dû être convaincant parce qu'il partent à quatre, en courant, avec une
civière et du matériel de réanimation. Arrivés à dix mètres de la femme ils
s'arrêtent et font demi tour. Je m'excuse à leur retour de les avoir alarmés
pour rien. Nous tombons d'accord pour dire que j'ai bien fait, qu'il vaut mieux
ça que le doute. Saucisses lentilles le soir. Couchés tôt. Mon fils écoute de
la musique dans le salon tandis que je lis dans la chambre. A 23h, il rejoint
sa tente. Je me branle pour la première fois depuis que je suis ici. Pas de
fantasme. Juste mon corps et moi, mes mamelons et ma queue que j'agite comme
s'il s'agissait d'un gros clitoris.
Vendredi 30 juillet 2010
Dernier jour. Cela me rend toujours un peu triste les "dernier jour". C'est
la fin de quelque chose. Je pense que cela fait référence en moi à la fin de la
vie qui, si la mort n'est pas violente, accidentelle, doit être un peu triste.
Donc deux jours d'adaptation et un dernier jour un peu triste. Avant hier (je
pense que c'est lié) je n'ai pu maîtriser ma boite à fantasme, et hier, j'avais
envie de boire et de fumer. Je n'étais pas très bien, irritable. Sur une
semaine, cela fait donc peu de jours à être à peu près bien, normal. A quarante
cinq ans, il serait temps que je m'y fasse, que je m'habitue enfin à être comme
je suis: instable, et jamais vraiment bien. Et, maintenant que j'ai commencé,
même si je n'en ai pas très envie, je vais essayer de poursuivre le récit de
ces vacances. Nous en sommes à mercredi. Rien de particulier, à part mon fils
qui a écrit les cartes à la pause entre 15h30 et 17h30. Il a voulu faire un
texte humoristique pour son grand père (maternel, la carte sexuelle) en suivant
le rythme de la chanson de Fernandel: Félicie. Il avait les deux premiers vers
mais ramait un peu pour la suite. J'avais des idées, la comparaison avec une
baleine, mais ça ne lui plaisait pas trop. Lui préférait évoquer la
déflagration et le jeyser qui sortait des fesses de la fille. Au bout d'un
moment, je me suis presque énervé et je lui ai dit qu'on avait tous des univers
poétiques différents et qu'en conséquence, soit j'écrivais la suite avec le
mien, soit il s'en occupait tout seul. Je lui ai expliqué aussi qu'avant de
penser aux rimes, il devait savoir ce qu'il voulait dire, et seulement ensuite
chercher à le mettre en forme. Ce petit lâchage de vapeur de ma part a eu un
effet inattendu. Nous avons trouvé dans les minutes qui ont suivi un truc qui
nous convenait à tous les deux. L'histoire, les pieds, les rimes, tout collait.
J'espère que papy maternel sera content, touché de cette attention. L'autre
chose notable de cette journée est notre soirée au fronton (mur de pelote
basque). Un spectacle de danses folkloriques avec les femmes au niveau du sol
et les hommes haut perchés sur des échasses. C'était beau et impressionnant. Je
me suis dit que les filles devaient avoir de bons mollets, de bonnes chevilles
pour sautiller tout le temps comme elles le faisaient, et même, à un moment
donné, elles ont enchaîné des sauts groupés - lors de la danse du lapin. Les
hommes sur leurs échasses étaient aussi à l'aise que nous sur le sol, quand ils
couraient, ou dansaient, on aurait des cerfs sur deux pattes - les pattes
avant, le reste du corps ayant été coupé - ou des centaures sans la partie
postérieure du cheval. Il s'agissait des danseurs de Soustons. Et j'ai appris
qu'ils voyageaient à travers de monde pour participer à divers festivals de
danse folklorique. J'ai appris aussi qu'ils étaient sur le stade lors de la
cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Séoul en 1988. Cela m'a fait
quelque chose. Car j'y étais moi aussi. Ensuite, après cette mise en bouche, on
nous a offert une partie de pelote basque. Six champions ou anciens champions
ont joué à trois contre trois. Impressionnant encore une fois. Et beau. C'était
intéressant de savoir pourquoi la pelote était basque et pas autre chose, à
cause du caoutchouc, de comment elle était confectionnée, à la main, à partir
d'une bille de buis de deux centimètres de diamètre, des différentes couches
qui la recouvraient. Intéressant de comprendre pourquoi et comment ce sport
très divers (il y a beaucoup de jeux de pelote différents) était lié au tennis
et au squash. Intéressant de savoir que jusqu'en l'an 2000 les joueurs
s'auto-arbitraient, demandant à l'aide d'un juge seulement quand ils
ressentaient le besoin. Jeudi, hier, a été marqué par le manque de soleil. Il a
même plu quelques gouttes par-ci par-là, mais pas au point de nous mouiller. Un
bonheur. Un bonheur de ne pas à avoir à s'enduire en permanence de crème
solaire. Et puis, pour la première fois, on a pu faire la sieste après le surf.
Sieste qui explique peut-être mon insomnie de cette nuit. Me suis endormi vers
deux heures. J'en ai profité pour vivre de belles choses, avec Léautaud, mais
aussi tout seul. Des moments d'extase presque, de simplicité qui me font
cruellement défaut quand je suis occupé, stressé, préoccupé. L'autre fait
marquant est l'achat de palmes pour mon fils - des palmes spéciales body-board.
J'avais remarqué la veille au soir qu'il ne pouvait pas prendre certaines
vagues à cause de cela, prendre la vitesse nécessaire pour ne pas se faire
dépasser par les vagues. Ce fut un échec. Il n'était pas à l'aise avec ces
pattes de canard, ne pouvait se déplacer comme il voulait. Il a donc continué
sans palmes. La troisième chose marquante de ce jour est que j'avais le feu au
cul. Un feu psychanalytique. Je me suis soulagé. La quatrième et dernière est
que j'avais soif. Seulement, je ne me suis pas soulagé (je lutte toujours
contre l'alcool et ça se passe plutôt bien). Ai seulement bu deux bières au
lieu d'une le soir. Et, durant la journée, j'avais plus envie de fumer que
d'habitude. J'ai donc fumé un peu plus.
Dimanche 1er août 2010
Après une pause hier pour cause de pliage de tente et départ du Vieux
Boucau, fin du récit. Une dernière belle journée vendredi. Ecriture le matin
pour moi, longuement. Pas de courses à faire. Nous avions décidé de manger à la
baraque à frite (et à glaces) devant l'école de surf, et le soir d'aller au
restaurant. Mon fils, qui est bien plus entreprenant que moi (plus à l'aise)
avait prévu d'inviter une copine de surf à aller voir le coucher de soleil.
J'ai cuit une dernière fois de onze heures à treize heures, pendant le surf.
Deux bières ensuite. J'avais encore soif et envie de fumer. Pas grand chose à
signaler ensuite jusqu'à 18h, l'heure à laquelle l'école de surf organisait un
apéro par soucis de convivialité et de commerce. On pouvait acheter un DVD.
Dernier bain pour mon fils avant d'aller au restaurant. Le coucher de soleil
était annulé. Sa copine de surf, n'était pas disponible. Elle avait un
anniversaire à fêter. La marée était haute, les vagues montaient et se
cassaient rapidement. La surveillance avait disparue d'où, premier et dernier
incident de ce séjour: mon fils s'est pris la pointe un surf dans le bras. Il a
un bel hématome aujourd'hui. Le restau, par contre, fut une réussite. Trop
bruyant au départ, le coup de feu, les serveurs qui courent partout et qui me
stressent. De plus, une fanfare africaine sur la promenade me pète les oreilles
et nous empêche de nous parler. Mais ça plaît à mon fils. C'est le principal.
Tant pis pour mes oreilles. Et puis, j'ai fini par m'habituer à cette ambiance
violente. Le vin blanc m'a aidé à me détendre, et la bonne nourriture aussi.
Nous avons échangé de belles choses avec mon fils, des choses profondes. C'est
vacances ont vraiment été une réussite. On en passera d'autres. Pas souvent
mais on en passera d'autres. Les premières, à Cherbourg, il y a un an, avaient
déjà été pas mal. Mais j'étais un peu stressé. Première fois en camping lui,
première fois seul avec lui pendant une semaine. Là, pour la deuxième fois,
j'étais parfaitement à l'aise, détendu, présent. Un bonheur. On étaient proches
comme de vieux amis sans que cela empiète sur nos rapports de père et de fils.
Ces vacances, je pense, auront contribué à nous rapprocher, à mieux nous
comprendre et nous apprécier mutuellement, à mieux échanger.
Lundi 2 août 2010
J'ai voulu prendre les petites routes pour aller à Rocamadour, point de
rencontre pour que mon fils change de voiture et de famille pour aller
poursuivre ses vacances à Capdenac. Nous sommes partis à 11h15 du camping pour
arriver à 17h30. Les routes étaient jolies mais ce fut long. Une pause à
Villeneuve sur Lot pour manger un kébab. Pas le temps de visiter. Je suis
reparti à 18h de Rocamadour - paysage incroyable, de science fiction ou de
bande dessinée. Une ville collée sur une falaise. Et je suis arrivé chez mes
parents, à Gilly sur loire, à 22h15. C'était un record pour moi: onze heures de
route. Cela m'a fait quelque chose de quitter mon fils, après cette
merveilleuse semaine. Hier midi, mon père avait sorti un bon bourgogne et ma
mère avait préparé une pintade. Je me suis laissé aller sur le bourgogne. Après
le repas, j'ai dit que j'allais m'allonger une demi-heure. J'ai plongé une
heure et demi. Une promenade ensuite au Fleury pour voir si la Loire n'avait
pas trop rongé la falaise durant la crue. Ca allait. La ferme au-dessus était
encore là. Mais la promenade a été écourtée par des pluies de traîne en bordure
de la zone orageuse qui traversait la France du sud-ouest au nord-est. Télé.
Edouard Baer chez les Dogons. Repas. Télé. Film de Claude Berry peu passionnant
avec Charlotte Gainsbourg, Daniel Auteuil, Miou Miou, Pierre Arditi, Nathalie
Baye que nous avons abandonné en cours de route pour les championnats d'Europe
d'athlétisme où les français, surprise, ont fait une véritable moisson de
médaille.
Je n'ai pas parlé de surf durant mon récit. Dois-je en parler? Mon fils qui
regardait par dessus mon épaule pendant que j'écrivais m'a posé des questions.
Je lui ai dit que je lui ferai lire ce récit quand il sera corrigé, avec des
lignes en pointillées pour les passages ne le concernant pas. Ce dois être pour
ça que je pose cette question. S'il lit et ne voit rien sur le surf, il risque
d'être déçu? Je vais laisser mon cher inconscient gérer tout cela. D'ici fin
août, quand je le reverrai, j'ai le temps.