Encore un adepte de la nouvelle "religion". Il s'appelle Rupert Sheldrake et j'ai lu son interview dans les Nouvelles Clés. C'est un chercheur, qui a enfin un peu de moyens à de Cambridge et qui s'occupe d'intuition, de télépathie et de "resonance morphique". Voilà ce qu'il dit sur la nouvelle "religion":
NC: Quel lien entre évolutions indivduelle et collective?
RS: Nous avons un gros problème, surtout en Europe. Que sont devenus tous nos grands "récits": communisme, socialisme, ou même capitalisme libéral avec sa "main invisible" du marché réglant tous les problèmes? Ces narrations collectives ne sont plus crédibles. Quand aux narrations traditionnelles que sont les religions, elles ont également cessé de l'être pour la plupart des Européens. Même l'idée d'une Europe unie ne parvient pas à se hisser au rang de vision et se dégrade. Nous sommes orphelins de récits collectifs!"
NC: Et le Green Deal, l'alternative écologique?
RS: Il pourrait devenir un grand récit. Mais il n'est encore vraiment cohérent que pour une minorité sans réel impact sur l'économie. Le Green Deal ne fonctionne qu'à l'échelle des communautés locales, par exemple les très rares villes de transitions. Il faut dire qu'en Angleterre, les hommes politiques sont en discrédit. Qu'ils soient locaux ou nationaux, la majorité n'a plus confiance. Quand les récits collectifs s'effondrent, les petits récits individuels prennent le dessus. Certes, l'individualisme est l'une des valeurs de l'Europe. Mais pour faire face aux enjeux qu'exigerait une mutation globale, nous aurions besoin d'une vision collective à la même échelle. D'où pourrait venir une telle vision? Si vous étudiez l'histoire, ce sont les religions qui ont jusqu'ici joué ce rôle. Je pense que ce dont nous avons besoin aujourd'hui est une sorte de nouvelle vision inspirante et unifiante de type religieux. Mais il est très difficile de dire laquelle, ni d'où elle pourrait venir."
Si je n'y arrive pas avec la littérature, j'essaierai de me faire clouer sur une croix.