être vivant

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jeudi 17 mai 2007

Michel Onfray

Dimanche 13 mai 2007

Je viens de terminer La puissance d’exister de Michel Onfray, et confirme que pour moi il est important en tant qu’auteur d’une nouvelle histoire de la philosophie, réhabilitant une pensée mise trop longtemps de côté par notre culture judéo-chrétienne et platonicienne, mais que pour le reste, il ne me concerne pas, il me fatigue parce qu’il ne m’apprend rien. Je vais donc m’en tenir à sa Contre-histoire de la philosophie chaque été, sur France-Culture, une heure par jour. Ce sera bien suffisant.

Onfray est « bourdieusien ». Sa pensée « communiste » est simpliste, voire simplette.

samedi 24 mars 2007

Soulever des montagnes

Pour vivre, il faut être prêt chaque jour à soulever des montagnes, et s’estimer heureux en fin de journée si la vie a oublié de nous en donner à porter. Heureux aussi si l’on a dû soulever et qu’on ne s’est pas écroulé.

lundi 29 janvier 2007

Le secret du bonheur ?

Etre soi. Au moins essayer.

samedi 9 septembre 2006

Depardieu et Jean-Laurent Cochet

VIVANT !

Entretiens avec Laurent Neumann (Plon)

Page 37 :

« - Je crois que cette image de mauvais garçon remonte à mes cours de théâtre avec Jean-Laurent Cochet. Il a vu arriver un paysan mal dégrossi, dix-sept ans à peine, un taiseux, capable de soutenir son regard, avec une vraie violence dans les yeux, des tatouages sur les bras, des cheveux filasse… En plus, j’avais quasiment perdu l’usage de la parole. C’est un peu comme si j’avais baissé le rideau, depuis des années. Mais Cochet, lui, me comprenait. J’étais le seul, par exemple, qu’il autorisait à sortir en pleine répétition pour aller fumer une cigarette. Il sentait que j’avais besoin d’espace, de liberté. C’est lui qui m’a désinhibé, c’est lui qui m’a redonné l’usage de la parole… »

S’il y en a qui s’intéressent à la vie - comment ça fonctionne - il y a de bonnes choses à découvrir dans ce livre.
Pas cher, en plus : 0.90 euros sur PriceMinister (sans les frais de port : entre 4 et 5 euros).

lundi 28 août 2006

Alina Reyes m’aime, et, comme moi, préfère le vivant au néant

Extrait de son journal – 27 août 2006

« La veille, après la visite du jardin-forêt d’art vivant, imprimé dans la chair du monde et du temps comme les mains à Gargas, j’avais déjeuné à la droite de ce vieux monsieur de 85 ans follement élégant et séduisant, et nous avions beaucoup parlé, à propos du nazisme auquel jeune juif il avait échappé et de Stefan Zweig qu’il connut peu avant son suicide, de la difficulté de survivre au néant.
Or il se peut que la guerre dure encore, que le néant continue chaque jour à gagner du terrain (ne sommes nous pas ici, sur Internet, en plein dans l’un de ses palais ?) et que n’ayons de plus haut enjeu que de lutter contre lui en refusant l’aliénation, la compulsion, la reproduction, la mise sous influence, le mensonge, la morne répétition, la stérile obsession, bref en choisissant à chaque instant la vie, la grande. Mieux vaut la mort que le néant, la mort a le pouvoir de se retransformer en vie, alors que le néant ne fait qu’étendre et augmenter la désolation.
Je n’écrirai plus qu’une à deux fois par mois ici. Reste vivant ! Je t’aime. »

Pas d’accord au sujet d’Internet. Il n’y a pas plus vivant qu’Internet. Rien à voir avec le néant.

La mort ou le néant ?
Aucun des deux !
La vie !

mercredi 16 août 2006

Michel Onfray et Helvétius

Je viens d'écouter le second volet consacré à Helvétius dans la Contre-histoire de la Philosophie de Michel Onfray, sur France Culture. Et vais probablement écouter le troisième dans la foulée.

Eh bien, découverte pour moi, je me sens vraiment très proche de ce philosophe, vraiment très très proche.

Si cela vous intéresse, c'est ici :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/ete2006/caen/archives.php

Les trois volets, c'est Jeudi 10 août, Lundi 14 août et Mardi 15 août

PS : Et mon philosophe chéri, favori, Voltaire, risque en conséquence de baisser dans mon estime, car, comme beaucoup d'autres, il n'a pas soutenu Helvétius.

jeudi 10 août 2006

Platon à Syracuse

"LE PHILOSOPHE-ROI, UNE FIGURE IMPOSSIBLE DE L'HISTOIRE"

C'est extrait d'un article de Jean-François Mattéi, page 55 dans Philosophie Magazine, intitulé "La tentation de Syracuse".

« Vers 388-387, Platon se rend à la cour de Denys Ier l’Ancien. Le tyran de Syracuse se piquait de philosophie tout en écoutant, selon la légende, les plaintes des prisonniers, en collant l’oreille contre un orifice au sommet de la grotte sur laquelle se trouvait son palais. Platon tente de le convaincre d’instaurer un gouvernement juste et se lie alors d’amitié avec Dion, cousin et beau-frère de Denys. L’expérience, infructueuse, dure quelques mois et le tyran renvoie le philosophe grec en l’embarquant de force sur un navire spartiate. On dit que le bateau a fait escale à Egine, alliée de Sparte contre Athènes, et que les Lacédémoniens ont vendu Platon comme esclave. Le philosophe Anniceris de Cyrène le reconnaît et l’achète pour lui rendre sa liberté.
En 367, Denys l’Ancien meurt. A la demande de Dion, Platon revient à Syracuse afin de conseiller Denys II le Jeune qui accède à la royauté à 30 ans. (…) L’aventure tourne mal (...) Denys II voit en Dion et Platon des comploteurs. Banni, Dion se réfugie à Athènes, tandis que Platon est retenu dans la citadelle de l’île d’Ortygie avant d’être autorisé à repartir.
Six ans plus tard, Platon entreprend son troisième et dernier voyage en Sicile sur la promesse de Denys de rappeler Dion de son exil, mais il ne parvient pas à plaider la cause de son ami. Ce dernier ne recouvre la liberté que grâce à l’intervention d’Archytas (penseur, mathématicien et chef d’Etat) qui envoie un navire à Syracuse. Platon retrouve Dion à Olympie à l’occasion des Jeux, mais ne se joint pas à son expédition pour détrôner le tyran. Si Dion réussit à prendre Syracuse, puis à instaurer un régime aussi tyrannique que le précédent, l’affaire se termine dans le sang : après trois années de règne, Dion est assassiné, en 354, par son ami Callippe, un disciple de Platon. »

J’adore ce genre d’histoire.
On dirait un conte de Voltaire.

jeudi 8 juin 2006

Nature...

Une citation de Le Cobusier sur laquelle je suis tombé page 51 dans le livre de Ravalec, "La vie miraculeuse du clochard André".

" En cette heure trouble, on remonte aux principes mêmes qui constituent l'humain et son milieu. L'homme considéré comme une biologie-valeur psycho-physiologique ; le millieu exploré à nouveau dans son essence permanente. L'homme produit (peut-être suprême) de la Nature et par conséquence miroir de celle-ci, Nature, partie du Cosmos. Pour que règne l'harmonie, il faut mettre l'esprit même qui est dans l'oeuvre naturelle dans les entreprises de l'esprit. "

dimanche 4 juin 2006

Naturel ? Artificiel ?

Voici comme promis cette idée que j'avais soumise un jour à un café-philo.

Mais, avant de copier ce texte ici, je vous en fait un résumé qui sera peut-être plus clair.

Voici l'idée, en deux mots :

Si l'on considère l'univers comme quelque chose de naturel, comme quelque chose représentant ce que l'on nomme habituellement la nature, l'espèce humaine, issue de cette univers - de cette nature - ne peut être que naturelle, ainsi que ce que crée cette espèce au cours de son évolution, que ce soit des pierres polies, des voitures ou des ordinateurs... Ainsi, même si c'est difficile à avaler, toutes ces choses - fusées, satellites et autres téléphones mobiles sont naturelles !

Et j'adore cette idée car elle implique de notre part un changement important de notre vision du monde, et par conséquent de nous-même - animaux parmi les animaux par exemple...

Pour les croyants, ces notions de naturel et d'artificiel peuvent encore subsister, car l'humain est considéré comme un être à part, mais pas pour ceux qui comme moi ne croient pas en Dieu.

Voici le texte écrit pour le café-philo maintenant :

" C’est un grand moment pour moi, ce soir, puisque j’expose pour la première fois un sujet au café-philo.
En même temps je ne suis pas là (la date de ce sujet n’ayant pu être changée) et je vous présente humblement mes excuses.
Vous apprécierez tout de même la performance : arriver à vous parler à tant de kilomètres (je suis en Bretagne) vautré dans un fauteuil Voltaire pour cause de grosse bouffe et de digestion difficile (nous fêtons les 80 ans de la grand-mère de ma femme).
Finalement, je ne suis pas si mécontent que cela de ce hasard d’anniversaire, parce que si j’avais été face à vous, j’aurais sûrement eu beaucoup moins d’assurance et bafouillé beaucoup.
Là, je suis tranquille, c’est Eugène (le responsable du café philo) qui va bafouiller à ma place.
Je te remercie au passage, Eugène, de lire ce texte pour moi - et te prie néanmoins de t’appliquer afin de ne pas abîmer mes quelques effets comiques.
Merci.

Le sujet maintenant : « Naturel… Artificiel… »
Je me souviens du jour où j’ai proposé cette idée. Il y eut des Aah… Euuh… Iiih… Ooh… Uuh… Il n’y eut pas de Y mais c’était moins une.
J’étais fier ! Mon sujet faisait de l’effet ! Mais aussi, selon les réactions, le thème semblait bien difficile à traiter. Cela m’a fichu la trouille.
Si toutes et tous ici, Eugène compris, trouvaient le sujet trop ardu, est-ce que je n’allais pas me ridiculiser ? ou pire, provoquer une morne soirée ? le genre de truc qui arrive parfois, quand, à force de trop philosopher, on se met à tourner dans le vide interstellaire avant de redescendre sur Terre en se demandant ce qu’on est allé faire là-haut ?

Heureusement, ma petite tête a vite trouvé une solution et je vous livre la phrase telle quelle est prévue pour parer à cette éventualité :
« Si jamais ce sujet… bla-bla-bla… tristesse et vide interstellaire… je compte sur vous pour le recadrer, ou même en changer complètement, si vous le désirez.
En résumé, Eugène, je compte sur toi pour sauver les meubles en cas de problème. »

Maintenant que je me suis détendu, je vais enfin pouvoir vous dire l’introduction que j’ai préparé pour ce sujet ardu.

J’ai décidé d’abord de vous raconter pourquoi - et comment - m’est venue cette idée à l’esprit, pourquoi j’ai eu envie de la partager avec vous.

J’ai eu envie d’aborder ce thème avec vous, parce que je trouvais beaucoup plus sympathique de se prendre la tête à plusieurs plutôt que seul, c’est beaucoup plus constructif et intéressant, et amusant, parce que seul, c’est terrible, seul, c’est à éviter.

Question principale maintenant :
Un jour que je pensais à tout et à rien, comme d’habitude, j’ai senti s’immiscer un grain de sable dans ma pensée. Je sais que je ferais mieux de chercher des diamants plutôt que des grain sable, afin de devenir riche et célèbre, comme c’est mon souhait. Mais bon, c’est ainsi, je ne peux m’empêcher de m’intéresser aux grains de sable, même lorsqu’ils ne brillent pas…
Et je me suis dit, en gros :
L’humain, comme beaucoup d’autres choses, fait partie de l’univers.
L’univers, même si l’on n’y comprend pas grand-chose, représente pour moi quelque chose de naturel, se rapprochant plus de ce que l’on appelle la nature : les océans, les nuages, le vent, les différents fluides tels que le sang, la sève ou le magma… les atomes, les électrons et diverses autres petites choses…
L’humain, faisant partie de tout cela, étant constitué de tout cela - « poussière d’étoile » disent des scientifiques poètes - se serait construit doucement, comme beaucoup d’autres choses, à partir d’éléments minimes.

Comment l’humain, minuscule élément dans cette immensité, serait capable de faire des choses non naturelles, artificielles ?

J’ai trouvé cela bizarre, pas logique.

Comment serait-il possible qu’au milieux de tant de nature, après une si patiente évolution (évaluée à 4 milliards d’années) l’humain ne soit plus naturel, capable de choses artificielles ?

Je nous ai imaginé perchés sur une branche courbe de notre galaxie (qui compte des centaines de milliards d’étoiles, et combien de planètes ?) sur cette Voie Lactée qui est une parmi des centaines de milliards d’autres, et peut-être plus encore puisque l’on arrive pas à voir le bout de cet univers…

Et nous serions l’unique chose non-naturelle et capable d’artificiel de l’univers ?

- Non, vraiment, ça ne collait pas.

Comme j’aime bien réfléchir, j’ai inisté.

- Est-ce qu’il n’y aurait pas tout de même quelque chose de pas naturel en nous ?

Et j'ai trouvé ! : Dieu !

C’est lui à l’évidence qui n’est pas naturel, qui nous a construit, nous a appris à penser, nous a donné pleins de repères intéressants : le Bien et le Mal ; le Vivant et le Pas-Vivant ; Ame ou Pas Ame ; Naturel et Artificiel, Dieu et Diable, etc.
Pas zen pour deux sous le bon Dieu – et nous non-plus d'ailleurs.
Il devait rien comprendre aux Indiens d’Amérique, ou d’ailleurs…
Mais bref, revenons à nos moutons.
Dieu, pour moi, serait le seul capable d’expliquer quelque chose, mais comme il ne vient pas souvent au café-philo…

Je suis hors-sujet ?
OK, Eugène, t’énerve pas.

Donc, grâce à Dieu, nous ne sommes pas 100% naturels.
Il devient donc possible de faire des choses artificielles - poussés par le diable ou je ne sais qui.
On peut faire des Tour Eiffel, des voitures et des avions, des téléphones, des Internets, des twin-towers… on peut même les détruire si on veut, et puis aussi on peut faire des bombes atomiques et plein d’autres choses rigolotes.

OK, Eugène, j’ai du mal à m’expliquer, je suis confus, j’en conviens, mais je maintiens qu’il y a quelque chose pour moi qui cloche au regard de nos connaissances scientifiques actuelles dans ces deux notions : artificiel, naturel.
Il y a quelque chose de bizarre - et d’autant plus bizarre pour un non-croyant.

Une dernière idée loufoque avant de finir, qui rejoint la deuxième question, à savoir pourquoi j’ai eu envie de partager mon grain de sable avec vous :

Je crois que l’humain aurait à gagner à considérer les choses qui sortent de ses mains comme naturelles.
Je crois que cela lui apporterait une vision plus juste du monde, plus joyeuse et plus respectueuse à la fois.

Ne comptez pas sur moi pour en faire la démonstration, je n’en suis pas capable.
Par contre, si la vie m’en laisse le temps, si cette sensation perdure, comptez sur moi pour qu’à l’âge doublement canonique de la grand-mère de ma femme, j’en fasse un livre, même illisible, même comique.

Je vous remercie de m’avoir écouté.
Je te remercie, Eugène, de m’avoir lu.
Et vous souhaite un bon débat. "

Philosophie magazine

FRANCOIS BEGAUDEAU - 1 / LUC FERRY - 0

François Bégaudeau :

" De fait, quand je fais un cours magistral, j'ai dix élèves qui suivent, dix qui ne comprennent pas et dix qui dorment. La pédagogie a été inventée pour ces deux dernières tranches. car, en classe, de quoi s'agit-il ? Moins de mettre l'élève au centre que de le connecter au cours : s'il ne suit pas, je vais tenter d'aller le chercher. Pour moi, c'est cela enseigner. Pour aller le chercher, pour qu'il s'investisse dans le cours, il faut que je l'écoute. On peut le déplorer, mais c'est ainsi. "

Luc Ferry :

" Je ne suis pas d'accord. L'idée selon laquelle il faudrait fabriquer des hameçons pour aller chercher les corps représente l'illusion pédagogiste par excellence. Il est faut de croire qu'on va travailler parce qu'on est motivé. C'est généralement l'inverse : on est motivé parce qu'on a travaillé. Ne nous intéresse vraiment, paradoxalement, que ce à quoi nous avons beaucoup travaillé, parfois par contrainte. "

Donc il suffit de les contraindre jusqu'à ce qu'il travaillent, de les contraindre et de les faire travailler jusqu'à ce qu'il soient motivés, pour qu'ils découvrent enfin le bonheur et la satisfaction qu'apporte le travail...
M. Luc Ferry ferait mieux d'enseigner au lieu de parler.

Philosophie magazine : -1
Puisqu'il met en valeur cette phrase idiote de l'ancien Ministre :
"Fabriquer des hameçons pour aller chercher les corps est une illusion pédagogiste."

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