Une vie divine
ETERNEL RETOUR
Page 468 :
« Une fois encore, l’éternel retour n’a rien d’idéal, d’abstrait, d’éternel exsangue, ce n’est pas non plus un projet, un programme, un « futur ». C’est là, et toute la question est de savoir si vous êtes écrasé par ce là, ou pas. Comment le vivez-vous, dites-nous. »
Encore une fois, cela me fait penser au présent d’Aristippe de Cyrène.
Personnellement, à quarante ans, je le vis plutôt bien ce là, mais je dois avouer que j’en ai un peu chié avant d’en arriver là (sans jeu de mots), et que je ne suis d’ailleurs pas encore complètement sûr d’y être arrivé. La vie étant tellement surprenante...
SOLLERS NOUS FAIT DE LA PUB, NOUS JUSTIFIE (EN CITANT NIETZSCHE)
Page 469 :
" « Les écrits cités, soigneusement et longuement interrogés, pourraient être utilisés comme moyens d’ouvrir, peut-être, l’accès à la compréhension d’un type encore plus élevé et plus difficile que ne l’est même le type de l’esprit libre. »
Pas « peut-être », sûrement. "
Ce serait merveilleux !
GRANDE POLITIQUE
Page 500 :
" Car enfin, soyons sérieux : c’est avec M.N., et avec personne d’autre, qu’on entre enfin dans la grande politique.
Il s’en explique dans Pourquoi je suis destin :
« Lorsque la vérité entrera en lutte avec le mensonge millénaire, nous aurons des ébranlements comme il n’y en eut jamais, une convulsion de tremblements de terre, un déplacement de montagnes et de vallées, tels qu’on en a jamais rêvé de pareils. L’idée de politique sera alors complètement intégrée à la lutte des esprits. Toutes les combinaisons de puissance de la vielle société auront sauté en l’air – car elles sont toutes assises sur le mensonge. Il y aura des guerres comme il n’y en eut jamais sur la terre. C’est seulement à partir de moi qu’il y a dans le monde une grande politique. » "
Déplacement de montagnes, catastrophes... Oui, nous aurons tout cela. Mais ce ne sera pas dû au mensonge, plutôt à un déséquilibre de la planète (auquel nous ne sommes pas étrangers d’ailleurs).
De grandes guerres ? Oui encore. A cause du déséquilibre des richesses.
La vieille société saute en l’air ? Joël de Rosnay est justement en train de me le confirmer.
SOLLERS REPREND LA PAROLE
« Un nouveau mensonge remplace l’ancien, et c’est toujours le même. La vérité ne « lutte » pas, elle constate. Mais qui va la dire ? Le prêtre, le philosophe, le savant, l’artiste, l’écrivain ? Tous ces rôles ont brusquement vieilli, on connaît leurs disques. Il faut que la vérité invente quelqu’un. Un professionnel du contre-mensonge. Un musicien inattendu de l’éternel retour. »
Nous allons tous la dire ensemble. (Joël de Rosnay me le dit.)
MERVEILLEUX SOLLERS
Page 522 :
« Un livre pour rien et pour personne. Un livre de l’esprit qui toujours dit oui. »
MOT DE LA FIN
Ecrit à Tunis le 1er février alors que j’en étais à la moitié du livre et que ce cher Philippe - probablement - commençait de me pomper l’air :
« Beaucoup de vide et de répétitions dans ces 500 pages. Néanmoins, toujours aussi agréable à lire. Sollers est un grand bonhomme de toute façon, il n’y a pas à en douter. Intelligent, talentueux, mais surtout : unique. »
Ai décidé de ne pas changer un mot de cette conclusion anticipée.