Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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lundi 31 juillet 2006

Nietzsche

LE LIVRE DU PHILOSOPHE

I - Le dernier philosophe – le philosophe. Considérations sur le conflit de l’art et de la connaissance (automne-hiver 1872)

IMAGINATION ET CONNAISSANCE
61
« L’instinct de la connaissance est donc maîtrisé par l’imagination dans la civilisation d’un peuple. »

« Toute fécondité et toute force motrice se tiennent dans ces regards jetés sur l’avenir. »

TOUS PHILOSOPHES
65
« Résultat : ce n’est qu’une question de degrés et de quantités : tous les hommes sont artistes, philosophes, scientifiques, etc. »

ATTENTION A LA LOGIQUE
72
« D’un côté se produit une métaphysique optimiste de la logique, intoxiquant et falsifiant progressivement tout. La logique comme unique maîtresse conduit au mensonge : car elle n’est pas la seule maîtresse.

ART
73
« Véracité de l’art : il est maintenant le seul à être sincère. »

Pourquoi maintenant ?
Pourquoi serait-il plus sincère que tout le reste ?

STOICIENS
74
« A quel point la puissance éthique des Stoïciens était forte se montre en ce qu’ils faisaient éclater son principe en faveur de la liberté de la volonté. »

L’HUMAIN ET SA VISON DU MONDE
80
« L’homme ne découvre que très lentement combien le monde est infiniment compliqué. D’abord il se l’imagine tout à fait simple, aussi superficiel qu’il est lui-même. »

CONNAIS-TOI TOI-MEME
« L’homme connaît le monde dans la mesure où il se connaît : sa profondeur se dévoile à lui dans la mesure où il s’étonne de lui-même et de sa propre complexité. »

KANT EN PORTE-A-FAUX
84
« A vrai dire, il y a ici un cercle vicieux : si les sciences ont raison, nous ne nous tenons pas aux principes de Kant, si Kant a raison, les sciences ont tord. »

CREATION
« Ce n’est pas dans la connaissance, c’est dans la création que se trouve notre salut ! »

Pourquoi les opposer ?
Le mélange des deux fonctionne assez bien !

CROYANCES
86
« Considérer « l’esprit », le produit du cerveau, comme surnaturel ! le déifier totalement, quelle folie ! »

dimanche 30 juillet 2006

Nietzsche

LE LIVRE DU PHILOSOPHE

I - Le dernier philosophe – le philosophe. Considérations sur le conflit de l’art et de la connaissance (automne-hiver 1872)

PHILOSOPHIE : ART OU SCIENCE ?
53
« Grand embarras de savoir si la philosophie est un art ou une science. C’est un art dans ses fins et dans sa production. Mais le moyen, la représentation en concepts, elle l’a en commun avec la science. C’est une forme de poésie. Il ne faut pas la classer : c’est pourquoi nous devons trouver et caractériser une catégorie. »

Pour ma part, je préfère quand elle est faite par des artistes.

"Il ne faut pas la classer".
A quoi bon alors lui chercher une catégorie ?

LOGIQUE
« L’exposé mathématique n’appartient pas à l’essence de la philosophie. »

Je suis bien d'accord.

PHILOSOPHIE ET RELIGION
« Parenté intime entre les philosophes et les fondateurs de religion. »

Je tiens à préciser – en tant que philosophe - que je ne souhaite pas créer de religion.
Je dis seulement que, si je ne me trompe pas, une nouvelle « religion » verra le jour bientôt (simplement parce que les anciennes ont vieilli trop vite – et ne tiennent plus la route – par rapport à l’évolution de nos connaissances).

L'ART COMME SERIEUX REDOUTABLE
56
« Notre époque a une haine pour l’art comme pour la religion. Elle ne veut capituler ni par la promesse de l’au-delà ni par la promesse d’une transfiguration artistique du monde. Elle tient cela pour de la « poésie » superflue, pour une plaisanterie, etc. Nos poètes sont à l’avenant. Mais l’art comme sérieux redoutable ! La nouvelle métaphysique comme sérieux redoutable ! Nous voulons transposer pour vous le monde en images telles que vous en frémissiez. C’est en notre pouvoir ! Si vous vous bouchez les oreilles, vos yeux verront le mythe. Nos malédictions vous atteindront ! »

Pas de malédiction.
La nouvelle métaphysique, par contre…

LE PHILOSOPHE
58
« Il (le philosophe) est contemplatif comme les artistes plastiques, compatissant comme le religieux, logique comme l’homme de science : il cherche à faire vibrer en lui tous les accents de l’univers et à exprimer hors de lui cette symphonie de concepts. L’enflure jusqu’au macrocosme et avec cela l’observation réfléchie – tout comme l’acteur ou le poète dramatique qui se métamorphose et reste cependant conscient de se projeter à l’extérieur. La pensée dialectique coulant là-dessus comme une douche. »

On n’a peut-être pas de catégorie pour la philosophie, cependant, cette définition du philosophe me paraît impeccable :
« il cherche à faire vibrer en lui tous les accents de l’univers et à exprimer hors de lui cette symphonie de concepts » !

Le macrocosme, l’observation réfléchie…
C’est tout de même mieux que de chercher la vérité dans le trou du cul des mouches !

« La pensée dialectique coulant là-dessus comme une douche. »
Nietzsche est vraiment un poète ; un penseur et un poète.

vendredi 28 juillet 2006

Nietzsche

LE LIVRE DU PHILOSOPHE

I - Le dernier philosophe – le philosophe. Considérations sur le conflit de l’art et de la connaissance (automne-hiver 1872)

MORALITE ET RELIGION
45
« La moralité pratique souffrira beaucoup de la chute d’une religion. »

C’est ce que nous sommes en train de vivre. Fin XXe, début XXIe.

« Si l’on pouvait créer les mœurs, des mœurs puissantes ! Avec elles on aurait aussi la moralité.
Les mœurs, mais formées par la marche en avant de puissantes personnalités individuelles. »

Rêve fou. Et dangereux.

OPTIMISME
« Si seulement l’humanité employait pour l’éducation et pour l’école ce qu’elle emploie jusqu’à présent pour la construction des églises, si elle tournait maintenant vers l’éducation l’intelligence qu’elle tourne vers la théologie ! »

Ca, c’est plutôt réussi. Et c’est le genre de chose qui me rend optimiste.

FORME ET FOND
49
« C’est la beauté et la grandeur d’une construction du monde (alias la philosophie) qui décide maintenant de sa valeur – autrement dit, elle est jugée comme une œuvre d’art. (…) La rigoureuse formulation mathématique (comme chez Spinoza), qui faisait sur Goethe une impression si apaisante, n’a justement plus guère droit de cité que comme moyen d’expression esthétique. »

Frivoles que nous sommes, nous nous intéressons toujours plus à la forme qu’au fond…

NIETZSCHE CONTRE LE SAVOIR
OU : NIETZSCHE POUR L'ART !
51
« Nous voyons même dans la nature des mécanismes contraires au savoir absolu : le philosophe reconnaît le langage de la nature et dit : "Nous avons besoin de l’art" et "il ne nous faut qu’une partie du savoir". »

Le philosophe essaie de reconnaître le langage de la nature. Certains philosophes…
Le « savoir absolu » : cela n’a aucun sens, cela n’est pas raisonnable.

ILLUSIONS STRUCTURANTES
52
« Quand nous prenons pour guides les grandes individualités, nous voilons beaucoup de choses en elles, nous cachons toutes les circonstances et tous les hasards qui rendent leur naissance possible, nous les isolons de nous pour les vénérer. Toute religion comporte un élément semblable : les hommes sous la divine protection, c’est ce qu’il y a d’infiniment important. »

Nous voiler la face nous arrange pour rêver, pour nous structurer...

PUISSANCES DES "FORCES ARTISTES"
« La science de la nature oppose maintenant à cela la vérité naturelle absolu : la physiologie supérieure comprendra assurément déjà dans notre devenir les forces artistes, non seulement dans le devenir de l’homme, mais aussi dans celui de l’animal : elle dira que l’artistique commence aussi avec l’organique. »

Savoir absolu, vérité absolue… Je crois que Nietzsche est épris d’absolu. C’est ce qui lui donne de l’âge. On sait aujourd’hui que tout cela n’existe pas.
Par contre, associer l’homme et l’animal, l’artistique et l’organique, je trouve cela formidable, tout à fait de notre temps : le XXIe siècle.

jeudi 27 juillet 2006

Nietzsche

LE LIVRE DU PHILOSOPHE

I - Le dernier philosophe – le philosophe. Considérations sur le conflit de l’art et de la connaissance (automne-hiver 1872)

SCHOPENHAUER
32
« (…) Nous comprenons maintenant la merveilleuse apparition de Schopenhauer : il assemble tous les éléments qui servent encore à la maîtrise de la science. Il en vient aux problèmes originels les plus profonds de l’éthique et de l’art, il soulève la question de la valeur de l’existence. (…) »

Je n’ai jamais lu Schopenhauer, et ne le lirai probablement jamais. Je sais juste qu’il a une réputation de « pas drôle », de peu optimiste.

NECESSITE DE L'ILLUSION
38
« Le dernier philosophe – ce sont peut-être des générations entières. Il n’a qu’à aider à vivre. « Le dernier », cela est naturellement relatif. Pour notre monde. Il démontre la nécessité de l’illusion, de l’art et de l’art dominant la vie. (…) »

Aider à vivre. Cela me plaît. Philosophe thérapeute.
L’art dominant la vie me plaît aussi.

ENVIE D'UNE AUTRE RELIGION
39
« (…) En tout cas la religion qui en serait capable devrait comporter une force d’amour prodigieuse : force susceptible de briser le savoir comme il se brise au langage de l’art.
Mais peut-être l’art aurait-il même en son pouvoir de créer une religion, d’engendrer le mythe ? (…) »

Pourquoi briser le savoir ?
Art, savoir et amour, c’est mieux !

44
« La création d’une religion pourrait consister en ce qu’un homme suscitât la foi pour une construction mythique posée par lui dans le vide et qu’elle correspondît à un extraordinaire besoin. Il est invraisemblable que cela se reproduise jamais, depuis la Critique de la Raison pure. Au contraire je peux imaginer une toute nouvelle sorte d’artiste-philosophe capable de poser au cœur de cette brèche un chef-d’œuvre de valeur esthétique. (…) »

Pourquoi un homme ? Nous pourrions, tous - citoyens du monde – poussés par un « extraordinaire besoin », construire un mythe pour répondre au vide qui s’installe.
Je me demande même si ce n'est pas ce qui est en train de se produire (tout doucement).

mercredi 26 juillet 2006

Nietzsche

LE LIVRE DU PHILOSOPHE

I - Le dernier philosophe – le philosophe. Considérations sur le conflit de l’art et de la connaissance (automne-hiver 1872)

CONNAISSANCE
20
« L’instinct de la connaissance sans discernement est semblable à l’instinct sexuel aveugle – signe de bassesse ! »

Je dois me situer relativement bas alors…

LE PHILOSOPHE
23
« (…) N’est-il (le philosophe) réellement qu’un voyageur apparaissant fortuitement ? En tout cas, lorsqu’il est authentique, il n’a rien à faire avec la situation politique fortuite d’un peuple, au contraire, par rapporte ce peuple il est intemporel. »

« (…) Le philosophe est un moyen de parvenir au repos dans le courant incessant, de prendre conscience, au mépris de l’infinie pluralité, d’être le type permanent. »

Au repos dans le courant incessant… Nietzsche est zen avant l’heure.

LE PHILOSOPHE ET LA NATURE
24
« Le philosophe est une façon de se manifester qu’a l’atelier de la nature – le philosophe et l’artiste parlent des secrets de métier de la nature. »

Nous sommes sur la même longueur d’ondes.

LA ROUE TOURNE
« C’est aux époques de grand péril qu’apparaissent les philosophes – au moment où la roue tourne de plus en plus vite – eux et l’art prennent la place du mythe disparaissant. Mais ils s’élancent longtemps à l’avance car l’attention des contemporains ne se tourne que lentement vers eux.
Un peuple qui devient conscient de ses dangers produit le génie. »

Nous avons un mythe fragile, « disparaissant », et notre roue tourne de plus en plus vite… Je pense donc que j’ai toutes mes chances (en tant que philosophe).

dimanche 23 juillet 2006

Nietzsche

Le livre du philosophe

Introduction d’Angèle Kremer-Marietti (qui est aussi la traductrice du livre).
Page 10 (GF – Flammarion) :
« Le livre du philosophe s’adresserait effectivement au philosophe soucieux de concilier l’art, la science et la sagesse au sein d’une civilisation réussie. »

J’ai l’impression que c’est de moi qu’elle parle (alors que ce n’est sûrement pas le cas) que ce livre, en conséquence, s’adresse à moi.
Blague à part, je tiens à préciser que je ne crois pas à une civilisation réussie pour la bonne et simple raison que, pour moi, elle l’est déjà, réussie.
D’autres la trouveront inaboutie (sans se rendre compte qu’elle ne le sera jamais : aboutie) ou nulle ou catastrophique, peu importe, car tout le monde et personne aura raison (ou n’aura raison) dans la mesure où chacun a le droit de voir ou d’imaginer les choses comme il le veut.
Cela n’a donc pas vraiment d’importance, pas plus en tout cas que d’être optimiste ou pessimiste selon sa conception du bonheur.
Je signale tout de même que, art, science et sagesse, sont de bons ingrédients pour arriver à quelque chose de pas mal, et que mon optimisme m’autorise à croire que c’est de ce côté-là que nous nous dirigeons.

samedi 22 juillet 2006

Nietzsche

Quand j’ai lu Une vie divine, de Philippe Sollers, cela m'a donné envie de relire Nietzsche (je n’ai lu que son Zarathoustra - il y a bien longtemps). A la Fnac, j’étais allé acheter Ecce homo - parce que je croyais que ça voulait dire : je suis un humain – et Le livre du philosophe parce que je me prends pour un philosophe.

Ecce homo ne m’a pas plu à cause de ses titres de chapitre :
Pourquoi je suis si sage
Pourquoi je suis si avisé
Pourquoi j’écris de si bons livres
Pourquoi je suis un destin.

J’ai donc lu d’abord Le livre du philosophe. Des textes datant de 1872, 1873 et 1875. Et j’en ai retenu quelques phrases, comme c’est mon habitude, des idées qui m’arrangent pour illustrer ma propre pensée.

On sent que ces textes ont cent trente ans, que nous avons changé depuis, que la science a évolué et transformé notre vison du monde. Mais on sent aussi que Nietzsche est un visionnaire, un être à part et en avance, un grand artiste, aussi bien en tant qu’écrivain que penseur (comme mon ami Cioran).
Ce sont d’ailleurs les seuls penseurs - ou philosophes - que je puisse lire (ceux qui sont aussi écrivains, artistes). Je trouve les autres confus, assommants, illisibles et incompréhensibles.

dimanche 12 février 2006

Nietzsche

Ecce homo (GF-Flammarion)

LE TON EST DONNE
Page 53 :
« En ce jour parfait, où tout mûrit et où la grappe n'est pas seule à brunir, un rayon de soleil vient juste de tomber sur ma vie : j'ai regardé en arrière, j'ai regardé en avant, jamais je n'ai vu autant, et de si bonnes choses à la fois. »

(Cela me rappelle mon moment de bière et de soleil à l'aéroport de Tunis.)

« Ce n'est pas en vain qu'aujourd'hui j'ai enterré ma quarante-quatrième année, j'avais le droit de l'enterrer, - ce qui en elle était vie est sauvé, est immortel. »

(J'ai enterré ma quarante et unième il y a un mois.)

« Le premier livre de la Transvaluation de toutes les valeurs, les Chants de Zarathoustra, le Crépuscule des idoles, mon essai de philosopher au marteau – voilà les cadeaux de cette année, et même de son dernier trimestre ! Comment n'en serais-je pas reconnaissant à ma vie tout entière ? - Et voilà pourquoi je me raconte à moi-même ma vie. »

Tiens, lui aussi parle de cadeaux... Lui aussi se raconte...

Nietzsche

Ecrit cet après-midi dans mon blog Le Monde.

Mon blog principal (tooblog - Etre vivant - sanieptia) déconne pour la seconde fois en une semaine. C'est donc ici que je continue mes petites communications.

Nietzsche – Ecce homo (GF-Flammarion)

« Ecce homo »... J'ai toujours cru que cela voulait dire : « je suis un homme », hors j'apprends dans l'introduction d'Eric Blondel, page 9, qu'il s'agit d'une citation de l'Evangile (Jean, 19 : 5) qui signifie : « Voici l'homme ».

Un peu plus loin, page 10, Eric me fournit d'autres détails :

« Voilà un titre, pourrait-on dire, trop polymorphe pour être honnête. Car, en 1888, date de la rédaction de l'ouvrage, tout le monde sait ou est sensé savoir que la parole en question est prononcée par le gouverneur romain Pilate quand, pressé par les Juif furieux et la populace en émeute, il leur présente celui qu'ils réclament afin de le juger et de le mettre à mort : Jésus de Nazareth « roi des Juifs » (INRI). Le mot de Pilate est d'abord simplement dénotatif : je vous montre cet homme. Mais la connotation est de dérision : voici cet homme qui n'est qu'un homme, bien qu'il se prenne – délit politique et religieux – pour le roi des Juifs. Enfin, on peut admettre que le mot « homme », ici, employé absolument, implique une neutralité morale : « voici l'homme » qui n'est ni innocent, ni coupable, que Pilate, puisqu'ils le réclament, remettra aux Juifs qui vont le juger et le crucifier comme un coupable infâme – mais Pilate, qui n'a rien contre lui pour sa part, s'en « lave les mains » (Matthieu, 27 : 24). »

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