Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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samedi 26 août 2006

Contre-histoire de la philosophie

1 - LES SAGESSES ANTIQUES

LE CORPS
Page 24 :
« Je revendique cette subjectivité – et ne crois pas à l’objectivité revendiquée par les belles âmes qui dissimulent la logique de leurs prélèvements tout aussi idéologiques que les miens.
La différence entre elles et moi ? L’aveu de mes présupposés : je propose l’histoire d’une philosophie qui ne se constitue pas contre le corps, malgré lui ou sans lui, mais avec lui. Comme Spinoza, ou après lui Gilles Deleuze, et Nietzsche entre eux deux, je tiens que la question : que peut le corps ? n’a pas encore été vraiment explorée. Plus encore dans le domaine de la philosophie où la chair, permanence de la malédiction de saint Paul, passe pour l’incongruité même.
Dans cet ouvrage, je ne me suis pas proposé non plus de répondre directement à cette question spinoziste, mais d’apporter ma contribution en biais avec cette galerie de penseurs qui composent avec le corps, n’en font pas un ennemi à mépriser, maltraiter, abattre. »

LUMIERES
Page 25 :
« Je propose ici de raconter les grands épisodes de ces équipées profuses depuis Leucippe jusqu’à Jean-François Lyotard pour le dernier des grands morts, soit plus de vingt-cinq siècles de couleur, de lumières, de bigarrures solaires, de chromatismes vivants, de pensées généreuses, de sagesses prodigues et existentiellement utiles. Inchangée, radieuse et lumineuse, tout porte à croire que cette philosophie de l’incandescence hédoniste paraît disponible pour de nouvelles aventures. »

INTRODUCTION

DEUX POIDS DEUX MESURES
Page 27 :
« Une poignée de fragments d’un penseur qui semble majeur – Leucippe – contre deux mille pages consacrées à célébrer la haine du monde terrestre – Platon - : voilà comment une civilisation s’oriente vers la lumière ou l’obscurité.
Recueillir ces fragments, trouver ces pages froissées, endommagées, ces rouleaux qui tombent en poussière, ces papyrus émiettés relève de la chance et du hasard. »

LES ANCIENS A NOUVEAU PARMI NOUS
Page 29 :
« Ainsi, donc, des philosophes dits présocratiques dont l’exhumation de papier, extrêmement récente, date du début du XXe siècle – 1903 exactement. On la doit à deux archéologues singuliers, Hermann Diels et Walter Kranz, philologues de formation, qui ont sorti de leur contexte tous les propos attribués à Pythagore, Anaxagore, Empédocle, Parménide, Héraclite, et autre Leucippe ou Démocrite, accompagnés de pointures plus modestes, suiveurs, épigones, imitateurs associés à l’aventure de la philosophie présentée comme antérieure à Socrate. De sorte qu’avec eux un pan entier de la philosophie grecque sort des bibliothèques à la manière d’un mur mis au jour par les excavations d’un chantier. »

LA LOGIQUE DES VAINQUEURS
Page 33 :
« Dans le jeu des contextes, l’un n’est pas le moindre : celui des enjeux idéologiques qui traversent l’histoire des idées et opposent une tradition hédoniste à son ennemie familière de l’idéal ascétique. D’un côté Leucippe, Démocrite, Aristippe, Diogène, Epicure, Lucrèce, Horace, etc. – celle dont le présent ouvrage rassemble pour la première fois les grandes figures -, de l’autre, en exacts contemporains, Pythagore, Parménide, Cléanthe, Chrysippe, Platon, Marc Aurèle, Sénèque. Atomistes, monistes, abdéritains, matérialistes, hédonistes contre idéalistes, dualistes, éléates, spiritualistes et tenants de la ligne ascétique. La philosophie, dans sa période grecque, mais également par la suite, n’a cessé de présenter un double visage dont une seule face est montrée, privilégiée. Car, en gagnant, Platon, les stoïciens et le christianisme imposent leurs logiques : haine du monde terrestre, détestation des passions, des pulsions, des désirs, discrédit jeté sur le corps, le plaisir, les sens, sacrifice aux forces nocturnes, aux pulsions de mort. Difficile de demander aux vainqueurs d’écrire objectivement l’histoire des vaincus… »

vendredi 25 août 2006

Contre-histoire de la philosophie

1 - LES SAGESSES ANTIQUES

DES PAYSAGES ALTERNATIFS
Page 20 :
« Cette Contre-histoire de la philosophie se propose d’aller voir l’autre côté du miroir platonicien pour découvrir des paysages alternatifs. »

UNE AUTRE PHILOSOPHIE
Page 22 :
« Cette Contre-histoire ne se veut pas une fin mais un début, une invite à constituer l’historiographie comme une discipline nécessaire dans l’enseignement de la philosophie. Elle donne l’occasion d’un gisement nouveau à destination des enseignants déliés, pour purifier de ses miasmes l’enseignement de la philosophie en classe terminale et à l’université, pour ouvrir la fenêtre bien grand dans les bibliothèques où s’accumulent les gloses inutiles sur les monuments de la philosophie dominante, afin d’ajouter aux rayonnages des travaux alternatifs prenant en compte une autre philosophie qui suppose une autre façon de philosopher. »

PLUS SIMPLE, PLUS CLAIRE
« Qu’est-ce que cette façon nouvelle de philosopher ? Une façon très ancienne… car c’est celle de l’agora et du forum. Elle définit la manière antique de pratiquer une philosophie ouverte à destination du passant ordinaire : Protagoras le docker, Socrate le sculpteur, Diogène l’assistant banquier, Pyrrhon le peintre, Aristippe l’enseignant, s’ils sont de vrais philosophes – créateurs d’une vision du monde, auteurs d’ouvrages théoriques, ils vivent leur pensée au quotidien et mènent une vie philosophique -, ne sont pas des professionnels de la profession sur le mode postmoderne.
De même, ils ne s’adressent pas à des spécialistes qui se destinent à l’enseignement ou à la recherche philosophique. Ils parlent au poissonnier, au charpentier, au tisserand qui passe par là et qui, parfois, s’arrête, écoute, adhère, puis se convertit à un mode d’existence spécifique tendu vers la création de soi comme une subjectivité heureuse dans un monde dominé par la négativité.
La philosophie n’est donc pas une jonglerie visant l’art pour l’art, vouant un culte aux fétiches idéaux et conceptuels ; ni une discipline close destinée au petit nombre qui, pratiquant d’une manière incestueuse, confisque le savoir philosophique en vue de la seule reproduction de sa caste professionnelle ; elle n’a aucune raison, pour ce faire, de créer des néologismes, de cultiver l’obscurité, seules garanties de conserver la secte hermétiquement close, intact d’autrui, indemne du monde ; elle n’a donc rien à voir avec la manie de la corporation qui, bien souvent, recycle la pensée magique en modifiant le seul emballage enveloppé par des rubans clinquants de nouveaux mots à usage clanique et tribal. Cette vieille philosophie toujours active, nébuleuse et élitaire, absconse et autiste, truffée de néologismes et saturées de brumes, laissons-la aux nostalgiques du monastère. »

mercredi 23 août 2006

Contre-histoire de la philosophie

1 - LES SAGESSES ANTIQUES

PLATON AURAIT EVINCE LES PHILOSOPHES NE PENSANT PAS COMME LUI ?
Page 16 :
« Pour quelles raisons Platon ne cite-t-il jamais Démocrite dans son œuvre complète, alors que tout son travail peut se lire comme une machine de guerre lancée contre le matérialisme ? Comment expliquer qu’on n’exploite jamais l’information donnée par Diogène Laërce rapportant le furieux désir de l’auteur du Phédon de détruire dans un autodafé toutes les œuvres de.. Démocrite justement ? Pourquoi donner crédit à la figure d’un Socrate platonisé quand une image plus proche de Diogène de Sinope ou d’Aristippe de Cyrène permet d’envisager l’œuvre philosophique du silène débordant le seul service de l’Idée platonicienne ? Comment comprendre le silence observé sur Aristippe et la pensée cyrénaïque dans tous les dialogues de Platon ? Le penseur de Cyrène y apparaît une seule fois, et avec malveillance : Platon souligne l’indignité de son absence le jour de la mort de Socrate… Même chose sur l’inexistence des philosophes cyniques dans le corpus du philosophe idéaliste. Que conclure en regard de l’information qui présente les sophistes comme des vendeurs de relativité, pendant qu’on réduit leurs noms à ceux qui servent de titre à des dialogues… de Platon ? Quid, dans cette ambiance, de la pensée majeure du sophiste Antiphon – inventeur de la psychanalyse ! – habituellement passé sous silence ? »

MICHEL ONFRAY ENFONCE LE CLOU
Page 17 :
« On pourrait continuer la liste des illustrations, toutes témoignent dans le même sens : l’écriture de l’histoire de la philosophie grecque est platonicienne. Elargissons : l’historiographie dominante dans l’Occident libéral est platonicienne. Comme on écrivait l’histoire (de la philosophie) du seul point de vue marxiste-léniniste dans l’Empire soviétique au siècle dernier, dans notre vieille Europe les annales de la discipline philosophique s’établissent du point de vue idéaliste. Consciemment ou non. »

« Ce genre de mensonge pieux passe pour une certitude définitive. Cette transfiguration de l’intérêt politique des civilisations judéo-chrétiennes – elles célèbrent ce qui les légitime et les justifie – constitue la raison d’Etat de l’institution philosophique. »

MICHEL, DE PLUS EN PLUS ENERVE
« Platon règne donc en maître car l’idéalisme, en faisant prendre des vessies mythologiques pour des lanternes philosophiques, permet de justifier le monde comme il va, d’inviter à se détourner de l’ici-bas, de la vie, de ce monde, de la matière du réel, au profit de fictions avec lesquelles se composent les histoires pour enfants à quoi se réduisent toutes les religions : un ciel des idées pures qui échappe au temps, à l’entropie, aux hommes, à l’histoire, un arrière-monde peuplé de songes crédités de plus de réalité que le réel, une âme immatérielle sauvant les hommes du péché d’incarnation, une possibilité pour l’homo sapiens qui consacre scrupuleusement toute sa vie à mourir de son vivant, de connaître la félicité angélique d’une destinée post mortem -, et autres billevesées constituant une vision du monde mythologique dans laquelle bon nombre croupissent encore. »

MICHEL, TOUJOURS ENERVE
Page 19 :
« Les gens en place n’ont rien à craindre pour la survie de leur monde prospère : après Pythagore, le Phédon de Platon leur enseigne l’immortalité de l’âme, la haine du corps, l’excellence de la mort, la haine des désirs, des plaisirs, des passions, de la libido, de la vie ; la Cité de Dieu tartine ad nauseam une même haine du monde réel au nom, bien sûr, d’un Dieu d’amour et de miséricorde ; ne comptons pas sur la Somme théologique de (saint) Thomas d’Aquin pour enseigner autre chose ; les Pensées de Pascal nagent dans des eaux aussi glaireuses ; même chose pour Descartes ou Malebranche ; la Critique de la raison pratique défend des idées semblables, reformulées dans la scolastique transcendantale des « postulats de la raison pratique », etc. Gens de bonne compagnie, héros et hérauts de l’historiographie dominante, icônes des programmes officiels, casse-tête préférés des aspirants docteurs en philosophie ou des envieux d’agrégation – aux deux sens du terme -, ce cheptel-là, un gibier de liste d’auteurs au programme, ne met guère en péril le monde comme il va ! »

mardi 22 août 2006

Contre-histoire de la philosophie

1 - LES SAGESSES ANTIQUES

PREMIERS MOTS
Page 13 :
« L’historiographie, une polémologie. »

Dans le dictionnaire, la polémologie est une étude scientifique et sociologique de la guerre.

BALAYER DEVANT SA PORTE
Page 14 :
« Etonnant que la philosophie, si prompte à en remontrer aux historiens ou aux géographes sur la façon de pratiquer leur art, aux scientifiques sur celle d’envisager les usages corrects de l’épistémologie, tombe elle-même dans le piège d’éviter d’appliquer à sa paroisse ce qu’elle enseigne aux chapelles avoisinantes ! Car je ne sache pas que la philosophie mette en œuvre les certitudes de sa secte en soumettant l’histoire de la discipline aux tirs croisés d’un travail critique à même de rendre compte de la manière dont on l’écrit. »

UNE HISTORIOGRAPHIE TOTALITAIRE ?
Page 15 :
« L’historiographie semble une aventure sans auteur identifiable. Aucune histoire de la philosophie ne fait autorité seule, sinon dans un pays totalitaire qui donne sa version officielle. Pourtant, de la même manière que les manuels scolaires dirigés par des personnes différentes, voire écrits par des individus dissemblables, publiés chez des éditeurs concurrents, racontent la même épopée, changeant seulement quelques détails, la forme, les histoire de la philosophie délivrent bien souvent une seule et même narration.
Mêmes auteurs, mêmes textes de référence, mêmes oublis, mêmes négligences, même périodisations, mêmes fictions pourtant pointées mais répétées à l’envi – par exemple, l’existence d’un Démocrite présocratique, par définition antérieur à Socrate, qui lui survit pourtant entre trente et quarante ans ! »

Je ne tirerai jamais mon chapeau assez bas devant Michel Onfray pour s’être rendu compte de ça (voir plus haut) et pour avoir eu le courage de s’atteler à ce travail de titan : une contre-histoire de la philosophie !

Cela va être révolutionnaire, cela va contribuer à enterrer pour de bon notre culture judéo-chrétienne (dans ce qu’elle a de négatif, de dépassé, de plus en accord avec le monde et les humains tels qu’ils sont).

vendredi 23 juin 2006

Michel Onfray

Pourquoi je défendrai toujours cet homme (même s'il n'a pas besoin de moi pour exister et faire ce qu'il a à faire).

C'est extrait de sa Contre-histoire de la philosophie 1 - Les sagesses antiques.

Page 22 :

" Cette Contre-histoire ne se veut pas une fin mais un début, une invite à constituer l'historiographie comme une discipline nécessaire dans l'enseignement de la philosophie. Elle donne l'occasion d'un gisement nouveau à destination des enseignants déliés, pour purifier de ses miasmes l'enseignement de la philosophie en classe terminale et à l'université, pour ouvrir la fenêtre bien grand dans les bibliothèques où s'accumulent les gloses inutiles sur les monuments de la philosophie dominante, afin d'ajouter aux rayonnages des travaux alternatifs prenant en compte une autre philosophie qui suppose une autre façon de philosopher. "

Et ce ne sont pas que des mots...
M.O. a beaucoup travaillé, cherché, s'est documenté et ses arguments me semblent très forts. Inébranlables. Révolutionnaires ?
Vous allez dire que j'exagère, que je m'emballe, que j'aime cet homme... mais je trouve que son oeuvre (sa Contre-histoire de la philosophie au moins, le peu que j'en connais) est profonde et importante, car participant à ce que sera demain la philosophie, à ce que seront demain nos nouveaux repères métaphysiques...

jeudi 22 juin 2006

Michel Onfray

Les sagesses antiques
Contre-histoire de la philosophie 1

4e de couverture :
« Depuis longtemps, la tradition universitaire évite de se pencher sur un continent englouti et oublié de la philosophie. Et depuis trop longtemps, elle ne sacralise que les protagonistes les plus austères de la grande guerre des idées.
Pourquoi ?
Parce que l’histoire de la philosophie est écrite par les vainqueurs d’un combat qui, inlassablement, oppose idéalistes et matérialistes.
Avec le christianisme, les premiers ont accédé au pouvoir intellectuel pour vingt siècles. Dès lors, ils ont favorisé les penseurs qui oeuvrent dans leur sens et effacé toute trace de philosophie alternative. D’où une occultation des cyniques, des cyrénaïques, des épicuriens, des chrétiens hédonistes, des gnostiques licencieux, des frères et sœurs du Libre Esprit, des libertins baroques, des Ultras des Lumières, des utilitaristes français et anglo-saxons, des socialistes dionysiens, des nietzschéens de gauche et autres rebelles ou furieux.
Cette « Contre-histoire de la philosophie » - qui comptera six volumes – raconte l’aventure de ces vaincus, de leur sagesse heureuse, de leur pensée lumineuse, de leur art de vivre – de bien vivre. De mieux vivre. »

jeudi 20 avril 2006

Michel Onfray

Liquidation de sanieptia-lemonde.fr...

15 août 2005
Ai découvert hier Michel Onfray. C’était sur France Culture par hasard. Et il m’a épaté.
Je l’avais vu il y a longtemps, à la télé, et je m’étais dit : « Encore un soi-disant philosophe, un « parleur », un enculeur de mouches... »

Je suis bien puni. Cela m’apprendra à juger bêtement et rapidement. Car je n’ai pu, pendant toutes ces années, profiter de son oeuvre (qui semble aller dans le sens de ce que je crois).
Vais me rattraper.

27 août 2005
MICHEL ONFRAY M'A ECRIT

Moi :
« Sujet : Votre photo sur France Culture.
Ils auraient pu choisir celle qui figure sur la page d’accueil de votre site ; la leur, à mon goût, « manque d’hédonisme ».
Amicalement et respectueusement »

Lui :
« Merci ! Il faut le leur dire alors !
Cordialement
MO »

D’accord, nous n’en sommes pas encore aux échanges philosophiques. Mais c’est un début.

vendredi 6 janvier 2006

Michel Onfray

L’Invention du plaisir – Fragments cyrénaïques

Page 170 :
« Un jour, pendant un banquet, Denys ordonna à chacun de mettre un vêtement de pourpre et de danser. Platon déclina l'invitation en disant : « Pas question pour moi de porter une robe de femme. » Aristippe en revanche prit le vêtement et, sur le point de danser, fit cette habile repartie : "Car aux fêtes de Bacchus, celle qui est sage ne saurait être corrompue." »
Diogène Laërce

Variante Page 172 :
« et Aristippe l'accepta en disant :
« Aux Bacchanales, une femme chaste ne se laissera pas corrompre. »
Ainsi à l'un des philosophes la chose ne paraissait pas honteuse, à l'autre elle le paraissait. »
Sextus Empiricus

Autre variante :
« A la cour de Denys, le tyran de Sicile, il buvait beaucoup tout en montrant aux autres comment il fallait danser. Il faisait cela vêtu d'une robe de pourpre. Lorsqu'on offrit à Platon une robe pareille, ce dernier répondit par ces iambes d'Euripide :
« Pas question pour moi de porter une robe de femme,
Moi, qui suis né homme d'une lignée virile. »
Aristippe en revanche prit le vêtement et, tout en riant, répondit par d'autres vers du même poète :
"Car aux fêtes de Bacchus, celle qui est sage ne saurait être corrompue." »
Suidas

Page 173 :
« A qui l'avait accusé d'avoir quitté Socrate pour Denys, il dit : "Mais si je suis allé chez Socrate c'était pour m'instruire, alors que chez Denys, c'était pour me divertir." »
Diogène Laërce

MOQUERIE ?
« Comme Aristippe avait accepté l'argent qui venait de Denys alors que Platon, lui, n'avait fait que prendre un livre, Aristippe dit à qui lui en faisait reproche : « C'est que moi j'ai besoin d'argent alors que Platon a besoin de livres ». »
Diogène Laërce

« A qui lui demandait pour quelle raison Denys lui faisait des reproches, il répondit : "Pour la même raison que les autres en font." »
Diogène Laërce

MALIN !
« Il demandait de l'argent à Denys, lequel lui dit : « Pourtant, le sage, à t'entendre, ne sera pas dans le besoin. » Aristippe dit en l'interrompant : « Donne et nous examinerons la question. » Denys donna ; Aristippe dit alors : "Tu vois que je ne suis pas dans le besoin ?" »
Diogène Laërce

Page 174 :
« Comme le tyran Denys demandait à Aristippe quand il allait enfin cesser de quémander de l'argent, celui-ci répondit : "Lorsque toi tu cesseras de m'en donner. Et cela arrivera lorsque nous ne serons plus contents l'un de l'autre." »
Gnomologie vaticane

« Comme Denys disait à Aristippe : « Je n'ai eu aucun profit de toi », celui-ci répondit : "Oui, c'est vrai, car si tu en avais eu, tu te serais guéri de la tyrannie comme de l'épilepsie." »
Stobée

Page 175 :
« Aristippe dit en se jouant qu'il savait bien aussi une fort étrange chose qui devait bientôt advenir. Et comme les autres lui pressaient de dire ce que c'était : « Je vous pronostique, dit-il, que dans peu de temps Platon et Denys seront ennemis. » La fin fut que Denys vendit publiquement à l'encan les biens de Dion, et en retint l'argent, et mit Platon, qui auparavant était logé dans le verger prochain de son palais, entre les soudards de sa garde, lesquels de longtemps lui voulaient grand mal, et cherchaient à le tuer. »
Plutarque

ENFANTILLAGES
Page 176 :
« Eschine à Phédon. A Syracuse je rencontrai Aristippe sur la place publique. Celui-ci me prit par le bras et sur-le-champ, sans la mopindre hésitation, m'emmena chez Denys à qui il demanda : « Denys, si quelqu'un venait chez toi pour te rendre insensé, celui-là ne te ferait-il pas du mal ? » Et comme le roi confirmait, Aristippe continua : « Et qu'est-ce que tu ferais à un tel homme ? - Les pires choses, répondit Denys. - Et si par contre, reprit Aristippe, quelqu'un venait chez toi pour te rendre sage, celui_là ne te ferait-il pas un grand bien ? - Bien sûr, répondit Denys. - Eh bien, dit Aristippe, voilà Eschine, un des disciples de Socrate, qui est venu jusqu'ici pour te rendre sage, c'est à dire pour te faire du bien. Si donc tu approuves ce que tu viens à peine de me dire, alors traite Eschine comme il se doit. » Alors je pris la parole et je dis : « Ô Denys, Aristippe a fait un geste admirable d'amitié envers moi, en m'emmenant avec lui. Sache que ma sagessse n'est pas si extraordinaire (qu'il te l'a présentée), mais qu'elle suffit pour ne pas commettre des injustices envers les amis. » Convaincu par nos discours, Denys dit qu'il appréciait les mots d'Aristippe et qu'il allait me récompenser, moi, comme il l'avait promis en approuvant le discours d'Aristippe. Ensuite il écouta mon Alcibiade, qui parut lui plaire, étant donné qu'il me demanda de lui envoyer d'autres dialogues que j'avais composés. (...)
Mais, j'allais oublier... Platon aussi assista à ma lecture, mais il trouva plus raisonnable de lui parler de moi (à Denys) à part, à cause d'Aristippe. Une fois celui-ci congédié par Denys, (Platon) me dit : « Eschine, en présence de cet homme - il se référait à Aristippe - je n'ai aucune envie de parler franchement. Mais Denys te confirmera que je lui ai parlé de toi. Et, en effet, le lendemain, dans le jardin, Denys m'a confirmé que Platon lui avait dit beaucoup de choses sur moi. Mais moi j'ai demandé à Platon et à Aristippe qu'ils arrêtent une fois pour toutes avec ces enfantillages – c'est précisément le mot qu'il convient d'utiliser à leur propos - vu le prestige dont ils jouissent dans le peuple. Car nous ne pouvons devenir plus ridicules qu'en agissant d'une telle façon, et en rendant publiques nos (stupides) actions. »
Lettres socratiques

Ainsi, même les plus sages peuvent commettre des enfantillages, et se couvrir de ridicule.
Je pense qu'il ne faut pas avoir peur du ridicule, et qu'il faut vivre en bonne entente avec l'enfant que nous avons été (et que nous sommes encore).

jeudi 5 janvier 2006

Michel Onfray

L’Invention du plaisir – Fragments cyrénaïques

Page 164 :
« Aristippe dit à un père qui faisait jurer son fils qu'il serait juste et honnête : "Fais-lui jurer aussi qu'il deviendra grammairien et musicien et puis regarde s'il le devient sans rien étudier de la grammaire ou de la musique !" »
Gnomologie vaticane

« "Les hommes laissent des choses à leurs enfants, mais ne leur laissent pas l'art de les utiliser." Voilà ce qu'on appelle un « mot » à la Aristippe. »
Démétrius

« Il en est de même qui portent si loin l'amour pour l'argent et l'indifférence pour le bien de leurs enfants que, par le seul motif d'une épargne sordide, ils leur choississent pour gouverneurs des hommes sans nul mérite, dont l'ignorance est toujours à bon marché. Aristippe fit un jour, à un de ces hommes méprisables, une réponse pleine de sel. Comme il lui demandait mille drachmes pour élever son fils : "Comment ! S'écria le père, avec cette somme j'achèterais un esclave. - Faites-le, dit Aristippe, et vous en aurez deux, votre fils et celui que vous aurez acheté." »
Plutarque

Page 165 :
« Quelqu'un lui ayant demandé en quoi l'instruction rendait son fils meilleur, il répondit : "A défaut d'autre chose, en ceci à tout le moins qu'au théâtre ce n'est pas une pierre qui s'assiéra sur une pierre." »
Diogène Laërce

BON SENS
Page 166 :
« Aristippe en tout cas, comme on lui demandait quelles sont les disciplines qu'il faut enseigner aux enfants doués, répondit : "Celles qui leur serviront une fois devenus adultes." »
Diogène Laërce

« Accusé par ses concitoyens de passer trop de temps en compagnie des jeunes en discutant de sagesse, il leur répondit : "Vous aussi vous domptez les poulains et non pas les vieux chevaux." »
Gnomologie vaticane

« Un jour qu'il demandait à Denys une faveur pour un ami et qu'il ne l'obtenait point, il tomba aux pieds du tyran. A qui le raillait pour son attitude, il dit : "Ce n'est pas ma faute, mais celle de Denys qui a les oreilles dans les pieds." »
Diogène Laërce

POSITIVE ATTITUDE ?
SAGESSE ?
Page 168 :
« Il était capable de s'adapter au lieu, au moment et à la personne, et de jouer son rôle convenablement en toute circonstances ; aussi était-il auprès de Denys plus apprécié que les autres, car il envisageait toujours du bon côté les situations qui se présentaient : il jouissait du plaisir que lui procuraient les biens présents et il ne se donnait pas la peine de poursuivre la jouissance de ceux qu'il n'avait pas ; c'est pourquoi Diogène le traitait de « chien royal ». »
Diogène Laërce

Page 169 :
« Denys lui ayant demandé pourquoi les philosophes viennent aux portes des riches, alors que les riches ne viennent pas à celle des philosophes, il dit : "Parce que les uns savent ce dont ils ont besoin, tandis que les autres ne le savent point." »
Diogène Laërce

Page 170 :
« Comme Denys lui demandait un jour pourquoi il venait le voir, il dit que c'était pour lui donner une part de ce qu'il avait et recevoir en échange une part de ce qu'il n'avait pas. Il en est pour dire que sa réponse fut la suivante : "Quand j'avais besoin de sagesse, j'allais chez Socrate ; mais maintenant que j'ai besoin d'argent, c'est chez toi que je viens." »
Diogène Laërce

mardi 3 janvier 2006

Michel Onfray

L’Invention du plaisir – Fragments cyrénaïques

Page 154 :
« Bien que parfumé et habillé de pourpre, Aristippe n'était pas moins sage que Diogène. De même qu'un homme, arrivé à une telle force physique que son corps ne pourrait même pas être brûlé par le feu, oserait se jeter dans l'Etna, de même celui qui s'entraîne bien en vue de supporter les plaisirs n'est par eux ni enflammé, ni brûlé, ni consummé. »
Maxime de Tyr

« Un jour qu'on lui demandait en quoi le sage diffère du non-sage, il dit : « Envoie-les tous deux nus vers des gens qui ne les connaissent pas et tu sauras la différence. »
Diogène Laërce

« D'Aristippe. Ce n'est pas celui qui s'abstient du plaisir qui le maîtrise, mais celui qui s'en réjouit sans excès. De même que maîtrise un navire ou un cheval non pas celui qui ne les utilise pas, mais celui qui les dirige où il veut. »
Stobée

Page 155 :
Aristippe a dit : "De même que nos corps grandissent en se nourrissant et se fortifient en pratiquant la gymnastique, de même notre âme peut devenir grande si on prend soin d'elle, et forte si on l'entraîne constamment." »
Gnomologie vaticane

Page 157 :
« Tantôt je me fais homme d'action, je me plonge dans les flots agités de la politique, gardien et satellite austère de la vertue véritable ; tantôt je me laisse insensiblement retomber dans les principes d'Aristippe et je m'efforce d'établir mon joug sur les choses sans subir le leur. »
Horace

Page 159 :
« Comme le père d'Aristippe l'avait envoyé chercher plusieurs fois et que celui-ci avait refusé d'obéir, le père lui écrivit qu'il allait le vendre conformément aux lois traditionnelles. A quoi Aristippe répondit : "Si je reste encore un peu de temps je deviendrai plus vertueux. Ainsi tu pourras me vendre pour un meilleur prix." »
Gnomologie vaticane

Page 160 :
« Un jour, Aristippe avait eu le dessous dans une dispute contre un homme plein de hardiesse, mais d'ailleurs sans réflexion et sans jugement. Comme il le voyait triomphant et enflé de sa victoire : "Je suis vaincu, lui dit-il ; mais je dormirai plus paisiblement que vous, tout vainqueur que vous être." »
Plutarque

Il est très important de bien dormir...
Autant que de pouvoir se regarder dans un miroir sans rougir, sans se voiler la face, sans se prendre pour le dernier des derniers qui rate tout et sans se prendre non plus pour une merveille.

HUMOUR
« Comme quelqu'un voulait lui confier son fils, Aristippe lui demanda cinq cents drachmes. L'autre réagit en disant : « Mais pour ce prix-là, je peux acheter un esclave. » Aristippe alors de répliquer : "Achète donc et tu en auras deux." »
Diogène Laërce

Page 162 :
"D'Aristippe. En voyant un homme en colère et qui proférait des paroles désagréables, Aristippe, le philosophe de Cyrène, lui dit : « Il ne faut pas amener les paroles par la colère, mais calmer la colère par les paroles. »"
Stobée

"Aristippe a dit : à qui lui disait que les gens le méprisait, il répondit : « Les ânes aussi méprisent les hommes. De même que les hommes ne prêtent aucune attention aux ânes, moi non plus je ne prête aucune attention aux hommes. »"
Gnomon. Monet.

Page 163 :
« Comme il séjournait en Asie et qu'il avait été fait prisonnier par le satrape Artapherne, il dit à qui lui demandait « Tu te sens le corage en pareille circonstances ? » : "Quand donc, pauvre sot, pourrais-je me sentir plus de courage que maintenant, au moment où je vais discuter avec Astapherne ?" »
Diogène Laërce

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