Journal de celui qui à force d'essayer d'être heureux est en train d'y parvenir

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mercredi 8 mars 2006

Petit texte écrit mon fils pendant que j'étais à Tunis

J’ai mangé de l’espadon ce soir. J’ai demandé à ce que l’on me donne le rostre de l’animal, histoire de te ramener un souvenir original, les dromadaires prenant trop de place dans l’avion, mais l’on m’a répondu que la tête de ce gros poisson avait déjà été donnée aux chats dehors. Il y en a plein ici, gris de crasse, se nourrissant dans les poubelles... Et c’était vrai ! Car, en sortant, dans une petite rue derrière, j’ai vu un chat, un caïd probablement, qui s’en servait comme d’une épée et qui faisait le malin en le faisant tournoyer dans les airs.
Je n’ai pas regretté de n’avoir pu te ramener cet objet car je sais que tu n’aimes pas les jeux guerriers. Je trouverai autre chose.

Ton papa qui t’aime

dimanche 5 mars 2006

Philippe Sollers

Hier soir, sous la douche :

Peut-être que finalement Philippe Sollers est un penseur qui a joué toute sa vie à être écrivain ?

mardi 7 février 2006

Tunis

Aéroport de Tunis-Carthage – Samedi 4 février 2006 – 13h00

J'ai une heure avant le départ de l'avion. Je bois une Celtia, au soleil, derrière une vitre. Le bar est immense ici, et hexagonal.
Je suis heureux, une fois de plus. J'ai vécu des choses fortes ici, et je me suis aguerri, une fois de plus. Cela m'arrive de plus en plus souvent d'être heureux, au point que je me dise, parfois, que je suis heureux. Je songe aussi (assez fier) à mon passé, et je me dis que je suis peut-être sage finalement, que j'ai réussi mon coup. Mais je sais aussi qu'il est encore bien tôt pour le dire – je n'ai que quarante et un ans et il peut se passer des millions de choses qui me ramèneront dans la misère, la soufrance. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours, dit un dicton plein de bon sens, je ne veux pas vendre la peau de l'ours.
Seulement, je vis des choses fortes, des choses fortes et positives, et j'ai besoin de l'exprimer.
Je n'ai pas besoin de crier sur les toits que je suis sage, que je suis peut-être le philosophe de demain, mais j'ai besoin de dire ce qui se passe en moi, comment tout ce que je touche se transforme en or, comment tout ce que je vis est merveilleux.
Pourtant, ce que je vis n'a rien rien d'extraordinaire – je vis d'une façon assez banale, plus ou moins comme tout le monde. Ce doit être ma façon de les vivre qui rend les choses extraordinaires et magiques, comme des surprises, des cadeaux, ma façon de penser surtout, de ressentir, d'analyser, mon regard sur les choses, sur la vie, sur moi-même.
Voilà pourquoi, quand je ressens tout cela, je me dis que j'ai peut-être réussi mon coup, que je suis un philosophe efficace.

mardi 17 janvier 2006

L'écriture et moi

Je me posais la question aujourd'hui...

Et je pense que j'écrirai de nouveau (si je trouve cela utile - et probablement une espèce de journal) dans un an et demi ou deux ans, quand j'aurai fini de mettre en ligne mes manuscrits et quand je serai sorti de ma sale situation financière.

lundi 14 novembre 2005

J'écrirais bien moi aussi quelque chose

Je cite les autres, j’utilise les mots des autres pour partager ma pensée, mais cette pensée pourrait tout aussi bien s’exprimer par de petits faits, de petits textes que je pourrais écrire moi-même.
Je dois être patient, patient et travailleur, travailleur et courageux ; parce qu’il n’est pas l’heure d’écrire ces petits faits, ces petits textes.
Il n’est pas l’heure parce que je dois faire d’abord le point sur mon passé « littéraire ». J’ai mis en ligne un manuscrit un jour, Le journal du bistrot, et j’ai envie d’y ajouter tout le reste. A savoir un petit truc autobiographique intitulé Après les Jeux, on ne joue plus, ainsi que deux journaux intimes pas vraiment intimes : Vivre me tue (rien à voir avec Paul Smaïl) et Douce Folie. Ensuite, dans un autre style, il restera un roman pornographique : Souvenirs de ma vie. Quatre manuscrits à relire donc, à réécrire peut-être avant de les partager avec vous.
Il n’est pas l’heure parce que je suis boulimique de lectures, parce que j’ai envie de partager ces lectures – au moins ce que j’en retire pour mon propre compte. Mais un jour, le calme reviendra, j’en suis sûr. J’aurai moins besoin de montrer ce que je lis, ou j’aurai dit, de cette façon, ce que j’avais à dire.
En attendant, il me reste Alexandre Jardin et sa famille, Ardisson et sa vie, ses rapports à la littérature, Patrick Sébastien et ses amours avec une propriétaire ou gérante d’un club un peu chaud, Philippe Djian fan des Soprano et des séries américaines en général, qui veut lui-aussi faire sa série, Albert Jacquard, un scientifique qui parle comme un curé et qui nous propose sa philosophie, et pour finir, avant que la liste ne s’allonge, le temps que je lise tout ça, Charles Bukowski, mon idole littéraire et un de mes maîtres à penser, dont on vient de publier la correspondance. Je prendrai mon temps pour lui, le picorerai comme je le fais depuis des années avec Paul Léautaud ou Cioran (Cahiers 1957-1972), les grands hommes ayant droit à certains égards, et moi devant assurer mes arrières en période vaches maigres, quand je n’ai rien à lire, quand j’en ai marre de me documenter.
Voilà, à vu de nez, j’en ai pour quelques mois ou quelques années.
Je serai un homme neuf ensuite.
Déjà que je me sens neuf et jeune comme si j’avais vingt ans depuis mon nouveau boulot et mon divorce, Je vais peut-être devoir faire face à un bonheur insoutenable.
Vous tiendrai au courant, vous dirai si le bonheur, à hautes doses, se transforme en malheur.
Le chercheur, l’aventurier - le sage, ajouterais-je, si j’étais un peu plus fou - vous salue.

jeudi 20 octobre 2005

Page Blanche

J’en profite, aujourd’hui que j’aie un peu de temps, pour me mettre à nouveau devant une page blanche.
J’écoute la fin d’une émission de France Culture : Radio Libre – « Après Avignon, le théâtre à vif », qui a été diffusée le 15 octobre 2005. Ces gens sont graves (au sens premier du mot, et parfois, au sens actuel que l’on trouve dans la rue). Même lorsqu’ils parlent de « ludique », même quand ils font de l’humour, ils sont sérieux. Et ils utilisent des mots, des mots et encore des mots ; parfois pour dire des choses simples, beaucoup trop de mots. En même temps, c’est sûr qu’ils parlent et écrivent beaucoup mieux que moi qui bute sur : « Je profite que j’ai un peu de temps aujourd’hui pour me mettre en face d’une feuille blanche. Cela faisait longtemps... »
C’est ainsi.
L’ennui (pour eux) c’est que, s’ils continuent ainsi, ils seront écoutés – et compris – par de moins en moins de personnes. Ceux qui ont de la Culture, qui parlent bien le français, sont en train de vieillir, et bientôt ils seront morts.
Pourquoi j’écoute ce genre de choses ? Parce qu’en juillet, j’ai parlé avec un chorégraphe qui aime le théâtre et aime le festival d’Avignon. J’étais un peu court, question argumentation. Je ne connaissais tout simplement pas le sujet. J’ai lu le lendemain un article d’Olivier Py dans Le Monde qui faisait de belles phrases, nous offrait de belles images, et qui a dit aussi une ou deux bêtises ; c’était un premier pas. (Je retrouverai l’article, le relirai, et vous dirai s’il a vraiment dit des bêtises, ou alors, si c’est moi qui en dit.) Et il y a quelques jours donc, je tombe sur cette émission de France Culture, que j’ai mis bien longtemps à écouter en entier. Par petit bouts, un peu chaque jours.
L’émission vient de s’arrêter, de façon abrupte, le dernier intervenant (qui parlait comme Ben - avec le même accent) s’est fait couper le sifflet. Le silence règne à nouveau dans mon studio-atelier-d’artiste. Pas pour longtemps, car j’ai repéré sur la grille de France Inter hier, une émission avec Marie Darrieussecq. Vais la mettre en route.
Il s’agit de L’humeur vagabonde - 20h10 du lundi au jeudi. La page d’accueil annonce : « L'écrivain publie Le pays aux éditions POL. C'est le huitième roman de Marie Darrieussecq. On y retrouve, comme dans les précédents, une femme aux prises avec le vide et le trop plein, qui cherche son souffle et sa place dans le monde : celle-ci Marie Rivière, revient dans son pays avec mari et fils pour y accoucher d'une petite fille et d'un livre, et faire la paix avec ses fantômes. »
Je lis et je ne regrette pas de ne jamais l’avoir lue. J’ai fait la paix avec mes fantômes. Que pourrait-elle m’apprendre ? Cependant, si ses mots me plaisent (à l’oral) si son cœur, sa cervelle, ou ses émotions, me plaisent (toujours à l’oral) si elle me touche en un mot, je lirai sûrement un de ses livres un jour.

22.10.2005

Page blanche – suite et fin

Cette Page Blanche m’a entraîné, et, ce faisant, le temps que j’avais devant moi s’est vite amenuisé. " Ce n’est pas grave, me suis-je dit, grâce à internet, j’écouterai cette émission plus tard, et terminerai cette page. " Seulement, aujourd’hui, ce soir, sur le site de France inter, l’émission est bien là, mais on ne peut plus l’écouter ! Viens de découvrir que pour certaines émission - malgré internet - il vaut mieux se dépêcher.
Je me rappelle seulement le début : Marie ne semble pas " prise de tête " ; elle a une jolie voix. Son livre parle d’un écrivain (elle) qui écrit un livre. Sincèrement, le genre qui me plaît : parler du fait même d’écrire. Mais l’émission n’est plus là. Je feuilletterai son livre à la Fnac un de ces jours.
Me reste encore Olivier Py.
Ai retrouvé l’article auquel je pensais dans les archives du Monde. Vais le lire et finir enfin cette fameuse Page Blanche ; pour vous, pour moi.
Je ne sais pas si je vais lire cet article retrouvé dans Le Monde, car je viens d’en lire un autre dans Libération – une page sur laquelle je suis tombé par hasard tout à l’heure au café, et que j’ai subtilisée, alors que je buvais une bière avec un collègue après le travail : La prose du monde par Olivier Py. Eh bien, ce n’est pas franchement ce qui me plaît ; ça m’a rappelé les Chemins de la liberté de Sartre, c’est vous dire. Du jus de cerveau, du vide. Le genre d’art – ou d’artiste – qui, selon moi, aura du mal à dépasser 2050.
Vais lire l’article quand même, parce que je suis consciencieux, mais la prochaine fois, avant de noircir une page blanche, j’y réfléchirai à deux fois.
Il aime le théâtre : " La plaque tectonique d'une ère de l'écrit et celle d'une ère de l'image ouvrent leurs points de fracture, et nous sommes exactement à l'endroit de ce tremblement : évidemment, le théâtre en est l'indicateur sismique le plus juste. "
" Il n'est plus contestable que l'ère de Gutenberg se referme, nous entrons dans le temps d'avant l'imprimerie, le temps où la parole n'avait pas l'écrit pour la soutenir dans son travail sociétal. " Poète intellectuel ou intellectuel poète ? Encore un qui croit qu’avec ses petits mots et ses grandes idées, il va changer la société, encore un qui ne pense qu’à la société au lieu de regarder le monde, l’univers.
Et voici ce qu’écrit le poète – vous me dite si vous y comprenez quelque chose : " Le grand réservoir d'images de la cathédrale athée télévisée a pour messianisme la démocratie et pour évêque la loi du marché. Les droits de l'homme sont donc la seule véritable justification des images journalistiques et publicitaires, imagerie humanitaire à défaut d'être humaniste, qui assure le salut des spectateurs dans notre Moyen Age commercial. " Je vous le dis : si on le laisse faire, il va nous faire une révolution russe ou chinoise à lui tout seul. Si vous avez bon cœur, dite lui que ça ne marche pas.
Première connerie : " Un mot n'est pas une image. On se souvient d'une phrase et elle est inscrite dans notre chair avec une exactitude quelquefois atroce, l'image, elle, est un souvenir d'image, une reconstitution, une mise en scène de notre désir. " Il présente le mot comme quelque chose de juste, de fort, qui s’inscrit la chair, et l’image comme chose quelque de vague. Il faudrait demander leur avis à certaines personnes qui ont vu des images d’une exactitude atroce qui se sont inscrites dans leur chair.
Et deuxième connerie, parce qu’il aime vraiment le théâtre : " L'opéra a interpellé des metteurs en scène de théâtre pour sortir d'une mortifère répétition de traditions vieillies, la danse s'est inventée introspection et engagement en créant cette forme de la danse théâtre qui a donné au geste une légitimité nouvelle, le cirque épuisé a soudainement trouvé de nouvelles frondaisons en théâtralisant sa pratique, aujourd'hui les arts plastiques poussent leurs performances vers les plateaux pour échapper à la réification marchande de l'art.
N'inversons pas la perspective, c'est le théâtre qui vient en aide aux autres arts, qui les refonde et les repense, pas l'inverse ! " Le théâtre... est-ce que les autres arts pourraient survivre sans lui ?
Et le révolutionnaire qui croit à la mouche qui pète reprend la parole : " Qui sait si un jour le cinéma, la littérature, la politique n'auront pas moins d'arrogance et ne se tourneront pas vers lui (le théâtre) pour quémander aux plateaux l'artisanat du sens que leur industrialisation aura corrompu ? "
Et je ne lis pas la fin en détail parce que ce genre de personne et de discours – comme disaient mon ex beau-père – me puent au nez. Bla-bla et violoncelles, lyrisme de mauvais goût et gravité en tout genre, alors que si ça se trouve, le théâtre s’est tout simplement fait assommer par le cinéma puis la télévision, et depuis il cherche à survivre, et il survivra, que les passionnés de théâtre - contemporain surtout - se fassent des nœuds dans la tête ou pas.
Fin de Page Blanche.

jeudi 25 août 2005

Le Journal du Bistrot

Viens de mettre en ligne sur U-blog, un nouveau morceau de ce manuscrit.
S'il y en a que ça intéresse, le lien est à droite.

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