Voyage au bout de la Lumière

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lundi 29 octobre 2018

Je dois méditer

Depuis hier je médite chaque jour ou presque pour savoir ce que je dois faire.

Je crois qu’une fois de plus, je me suis emballé.

Pour croire en mes chances d’artiste, après ma première expo photo, qui est venue naturellement, je me suis dit que je ne me sentais pas photographe mais plasticien. Je me suis mis à faire des figurines en terre. Je suis allé dessiner des nus. La photo, c’était trop facile, ça ne me prenait pas assez de temps et d’énergie, ne m’occupait pas suffisamment l’esprit. Je vivais on ne peut plus normalement et faisais des rencontres, des rencontres parfois extraordinaires, avec des images, des merveilles que je tentais de transformer en images. C’était facile. J’avais toujours mon téléphone avec moi et, grâce à l’appareil photo qui s’y trouvait intégré, je tentais de garder en mémoire un souvenir de ces rencontres. C’était vraiment trop facile, me disais-je, et pensais que pour être un « vrai » artiste, je devais peiner, travailler, parce que j’avais appris à vire de cette façon : peiner, travailler. Je le ressentais bien en apprenant à dessiner. C’était difficile. Le problème, le doute, c’est qu’en dehors des séances de modèle vivant, je ne travaille pas, je ne dessine pas, car a priori ça ne m’intéresse pas. En conséquence, je me dis que peut-être je me trompe, que mon destin n’est peut-être pas de dessiner, de faire des sculptures, mais de me laisser vivre en faisant des photos chaque fois que j’en ai envie, d’apprendre à vivre, grâce à ces photographies, au milieu d’une nature merveilleuse, aussi extraordinaire et merveilleuse que tous les musées du monde, toutes les galeries d’art du monde. C’est pour cela que je dois méditer, pour vérifier si je ne ferais pas mieux de me laisser vivre sans efforts particuliers, entre les photos, le bricolage et le jardin, en attendant de changer d’adresse, de créer ma micro-entreprise, d’artiste d’un côté, d’homme à tout faire de l’autre.

Libre et heureux

Lundi 29 octobre 2018

Un tour à Noisy le Grand Jeudi. Un employé de Véolia devait nous expliquer ce qui n’allait pas dans la séparation des eaux usées et pluviales - mise aux normes obligatoire avant la vente d’une maison.

Le soir, un vernissage, Ekaterina Posetselskaya, au 1 quai Voltaire à Paris - cette dame a du talent et, si j’avais été un peu plus riche, je lui aurais acheté « Un Mars Étrange » pour 2800€ - avant un dîner avec mon fils dans un délicieux et minuscule restaurant, trouvé par Mirabelle, dans la rue Mazarine, qui proposait une succulente cuisine traditionnelle grecque.

Un vendredi occupé par une visite de contrôle pour notre chien abîmé à la clinique de Chenôve. Le vétérinaire nous a mis en garde. Même si elle semble en pleine forme, il faut la ménager. Deux vertèbres étant désormais soudées, les articulations en avant et en arrière de cette fusion peuvent souffrir, se dégrader en cas de sauts ou activités trop intenses.

Retour dans mon petit Vézelay où je me sens bien samedi.

J’ai gracieusement recollé un joint sur la porte de l’atelier d’Anne-Marie Bonhomme, qui peint des icônes à côté de la basilique, avant de partir pour Avallon où Régis Bouvier, le peintre qui anime les ateliers de modèle vivant - qui est un vrai et bon peintre, un vrai artiste, qui produit des choses très intéressantes - nous conviait à une expo très privée, pour Mirabelle et moi.

Un grand dimanche avec P. et A. Tirage d’une dizaine de photos que je vais exposer samedi dans la salle de piano de Mirabelle. Un grand dimanche parce que P. en a trouvé deux très bien, bien au point de les vouloir pour lui, et parce que C. et L., chez qui nous déjeunions, ont également apprécié ces tirages, parce que Mirabelle les trouve très bien et parce que moi-même, j’en trouve sept de valables sur dix.

Et aujourd’hui, je retrouve ma routine de bricoleur non rémunéré mais heureux, parce que libre et étonné d’être habile, heureux d’être à nouveau dans une forme de réussite.

mercredi 24 octobre 2018

Actif !

Mercredi 24 octobre 2018

Une bonne journée d’artiste hier, à ne rien faire, à rêvasser. Il faut dire que j’avais été plutôt actif depuis une semaine. Il était temps de souffler.

J’en ai profité pour découvrir le travail de Neo Rauch, grâce à Arte. Très intéressant.

Et aujourd’hui, je m’y remets : une porte qui frottait par terre ce matin, qui est devenue parfaitement silencieuse, et un travail énorme qui m’attend au jardin - un jardin qui s’apparente plus à un petit parc.

Je vais y aller avec parcimonie pour ne pas que ces tâches nécessaires deviennent des corvées auxquelles je ne voudrais plus me colleter.

mardi 23 octobre 2018

Des progrès, toujours des progrès, encore des progrès

Mardi 23 octobre 2018

Je n’ai pas été particulièrement bon hier lors de la séance de modèle vivant. Pas mauvais non plus. Le grand plaisir fut de ressentir encore des progrès. Toutes mes figures, sauf une, étaient « regardables », à peu près proportionnées, tenant à peu près debout, ou assis ou allongé. Elles peuvent sembler moches mais elles ne le sont pas. J’atteins petit à petit la première étape que je m’étais fixée : dessiner rapidement et correctement un corps, globalement - parce que pour les détails, les finitions, il me faudra encore du temps, de la pratique, une petite année, je pense.

Pour progresser encore plus vite, j’ai deux pistes : continuer de jouer avec ma tablette (copier des images comme un enfant avec du papier calque en faisant glisser le crayon par dessus une photo, réaliser le même dessin sans calque, comparer, comprendre les principales erreurs), acheter un petit carnet à dessins et m’exercer partout, à l’instinct.

La prochaine séance de modèle vivant aura lieu dans trois semaines. Je vais essayer d’ici là de beaucoup travailler pour ressentir encore le plaisir, voire le bonheur, de constater des progrès.

lundi 22 octobre 2018

Ma vie de provincial s’organise

Lundi 22 octobre 2018

Ma vie de provincial s’organise. Cela doit faire la cinquantième fois que je le dis mais, c’est très net, je suis plus heureux ici, à la campagne, qu’en région parisienne. J’ai l’impression que je vais devenir, petit à petit, un heureux artisan, gagnant sa vie comme il l’entend, en ne faisant que des choses ou presque qui ont du sens, qui sont nécessaires, au moins pour ma survie.

J’ai écrit à Pôle emploi et pense que je ferai mon stage d’information, dans l’optique de créer une micro-entreprise, à Bobigny. Ce sera du temps de gagné avant ma domiciliation ici, à Vézelay - et ce sera plus pratique que d’aller à Auxerre tous les jours pendant une semaine.

Je n’ai pas encore trouvé mes marques, mon rythme, entre les choses nécessaires (qui ne m’apparaissent pas ici comme des corvées) et le travail artistique. Mais j’ai bon espoir que tout cela s’imbrique et s’harmonise afin que je m’organise mieux, trouve du temps et de l’énergie pour tout. Sensation d’être encore dans un entre-deux, entre deux vies.

Dans deux semaines, le 3, Mirabelle fera ici un concert de rodage. J’en profiterai pour exposer de nouvelles photos, une dizaine, sur l’un des murs de sa salle de piano. J’ai hâte de les voir, hâte d’aller chez P. les faire naître.

Côté dessin, je suis assez peu actif, même si je me rends ce soir à une séance de modèle vivant. J’ai cru sentir, avant hier, qu’il me fallait dans ce domaine une direction de travail autre qu’ « apprendre à dessiner correctement ». L’idée que me trotte dans la tête est de faire un portrait, une icône sans dorure, sans Christ, sans Sainte Vierge, au crayon, très simple, un mélange des visages de Matisse, de Modigliani, et de ce que l’on ressent face à une icône.

vendredi 19 octobre 2018

Mon frère va devoir choisir de Vivre ou de Mourir

Vendredi 19 octobre 2018

Vézelay depuis une semaine. Mon sang circule de plus en plus facilement, mon esprit s’apaise au contact de la campagne, des ciels immenses, que je photographie de temps en temps.

Trois jours avec mon frère aîné. Il est venu m’aider à réduire un cerisier qui nous bouchait l’horizon. J’en ai profité pour prendre un cours sur l’entretien d’une élagueuse.

Si vous êtes, comme moi, néophyte, sachez qu’il s’agit tout simplement d’une petite tronçonneuse.

Pour mon autre frère, E., frère cadet, c’est moins bien. Il est hospitalisé depuis dix jours. Il a abusé des bonnes choses - ou des mauvaises, c’est selon.

Récemment, mercredi, il est passé du service Chirurgie digestive et hépato-biliaire au service Chirurgie cardio vasculaire.

D’après C., qui l’aime, l’accompagne, le soutient, il va devoir suivre un régime strict pendant cinq ans, ne plus boire d’alcool. Ensuite, son foie ira mieux, ou bien il sera temps de faire une greffe.

Elle m’a dit ça avant son transfert en Chirurgie cardio vasculaire.

Il ne serait donc pas impossible qu’il doive ajouter à son sevrage alcoolique, bientôt, un sevrage tabagique.

Un signe du destin ? Je découvre aujourd’hui, sur Twitter, un post de Martine Roffinella, pour promouvoir son livre : « Se Trouver - en quittant tabac, alcool et autres peurs de vivre ».

Je ne pense pas que c’est cette lecture qui sauvera mon frère. Cependant, je vais le lui offrir. Car, c’est tout ce qu’il a à faire désormais : décider de vivre (et pour cela accepter de changer), ou bien décider mourir, plus ou moins consciemment.

Si nous-même (je pense aux privilégiés dont je fais partie) nous étions plus régulièrement confronté à ce genre de choix : vivre ou mourir, je pense que nous penserions mieux, agirions mieux.

PS : Je ne vais pas dire à mon frère qu’il a de la chance de se trouver dans cette telle situation.

vendredi 12 octobre 2018

Sainte Croix Les Vaches

Je retrouve aujourd’hui, avec délice, l’humour de Vincent Ravalec :

« Quand ils repartent, absorbés par la nuit en direction des Causses, Thomas se sent en paix. Il songe à sa collection de tracteurs. Un joyau. Unique au monde, il en était certain. Le seigneur des Causses et des tracteurs. Ça lui convenait parfaitement. »

Sainte Croix Les Vaches, page 12.

Je progresse à grands pas

Vendredi 12 octobre 2018

J’ai bien travaillé hier. Des gens que j’avais observés, pris en photo discrètement, dessinés. Je comparais les deux dessins : celui que j’avais fait par dessus la photo, sur ma tablette, et celui que j’avais fait en regardant la photo. Il y avait des erreurs - la tête trop petite souvent, des épaules trop étroites, à cause d’un repère oublié - mais pas trop. Et j’étais content. Je me sentais sur la bonne voie.

Le jour où il n’y aura plus d’erreurs, aussi bien dans ce travail personnel que lors des séances de modèle vivant, je considérerai que je sais dessiner. Il sera alors temps de me demander ce que je peux faire de ce nouveau savoir faire, temps de faire des œuvres d’art, d’essayer.

jeudi 11 octobre 2018

Je n’écris plus, je dessine

Jeudi 11 octobre 2018

Je n’écris plus, je dessine. J’apprends à dessiner.

Depuis quelques temps, je n’attends plus ma séance de modèle vivant pour m’exercer. Aujourd’hui, dans le RER, j’ai même décidé de m’acheter un petit carnet pour dessiner des mains, des silhouettes, des visages.

Pas d’humains sur mes photos, que de l’humain dans mes dessins. Est-ce paradoxal ? J’évite d’y penser. Je me dis qu’il doit y avoir une raison, une raison que je n’ai pas besoin de connaître pour l’instant.

Première séance de modèle vivant à Avallon lundi. C’est bien différent de Paris. J’ai été mauvais mais c’est pas grave. J’ai rencontré un mannequin que je ferais bien poser pour un portrait - une sorte d’icône, de Joconde ou de Modigliani. J’ai surtout rencontré R.B., l’animateur, dont j’ai remarqué quelques dessins colorés, abstraits en apparence, parfaitement composés et dynamiques.

mardi 2 octobre 2018

En bonne voie !

Mardi 2 octobre 2018

Une très belle surprise hier, pendant la séance de modèle vivant. Je me suis aperçu que je commençais d’obtenir ce que je désirais, c’est-à-dire assembler les différentes parties du corps sans trop faire d’erreurs de proportion, c’est-à-dire savoir dessiner. Je pouvais m’occuper de telle ou telle partie du corps sans oublier le reste. Mieux, je le « voyais », le « sentais »!

Une véritable bouffée de joie. De joie et de confiance. Et de plaisir ! Car dessiner de cette façon est agréable, alors que jusqu’à présent, même s’il m’arrivait d’être positivement étonné par certains dessins, j’étais plutôt à la mine, et je souffrais.

Bref, comme on ne peut être heureux de tout, j’ai décidé sur le champ que la prochaines séance serait consacrée aux mains - autant mes pieds étaient acceptables, autant mes mains étaient systématiquement ratées.

Je me vois déjà esquisser rapidement le corps - et s’il y a des erreurs ce ne sera pas grave, je suis conscient qu’il faudra encore du temps et du travail pour améliorer ma « vision », sentir comment les différentes parties « jouent » ensemble, accepter les formes étranges qu’elles peuvent prendre selon le point de vue -, pour conserver un maximum de temps pour les mains.

Je sens que cela va m’amuser !

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